Idunn

Posted By Flidais_Airmeith on June 14, 2010

Idunn : Idun, Idunnor, Iduna, Ithun, Ydun.

Le terme “Idunn” proviendrait du vieil islandais et signifie “celle qui rajeunit, qui renouvelle”. Une autre piste liée à son nom fait le lien étymologique avec une probable racine indo-européenne qui ferait d’Idunn un nom lié à Eden. On peut en déduire plusieurs autres pistes intéressantes.

bragBragi et Idunn

Elle est originaire de la caste de Vanir, mais quand elle prit pour époux le dieu Bragi, elle quitta les champs et forêts de Vanaheim pour le suivre à Asgard.

Essentiellement connue dans la mythologie nordique/germanique, comme la gardienne des pommes de la jeunesse, Elle est aussi l’épouse de Bagi, skald divin, dieu de la poésie. C’est une déesse dont le mythe est riche est lui-même et riche en échos dont l’on retrouve la trace dans les mythologies celtes et chrétiennes notamment, mais dans de nombreuses autres aussi. Sans doute car elle garde un symbole puissant et répandu; la pomme. Pomme sacrée, pomme de la connaissance, pomme maudite, pomme du péché, pomme des mystères, et dans son cas, pomme de jouvence. Ne serait-ce que pour cela, elle ne peut-être ordinaire et passer inaperçu. Elle ne peut pas être reléguée parmi les déesses de second plant, les déesses oubliées ou négligées. Au-delà des pommes de la jeunesse dont elle est la gardienne, Idunn mérite d’être connue. Car, elle est plus que la gardienne nordique de la mystique de la pomme ou de la pomme mystique et mythique.

Outre son lien à la pomme sacré et mythique, dont elle garde les pommes garantes de la jeunesse dans un coffre, elle est aussi reconnue comme déesse de la jeunesse éternelle, de l’amour et de la beauté. C’est une déesse qui possède aussi une aura très « printanière » et qui est aussi liée à l’immortalité. Elle est fille d’Ivaldi et de la déesse Sol (déesse solaire) et a trois sœurs, les Valkyries Allvit, Swanvit et Obrun.

Idunn est une déesse à l’aspect très doux et rayonnant, presque candide parfois, mais pourtant pas départie de sensualité inhérente à beaucoup de déesses nordiques. Cependant, sa férocité et sa sensualité sont latentes, plus discrètes, comme un parfum suave, mais très présentes. C’est une déesse qui illustre parfaitement l’adage « main de fer dans un gant de velours ». Une déesse tout à faite charmante, mais aussi étonnante et fascinante.

Gardienne des pommes de la jeunesse

Aussi radieuse et solaire que l’Ève de la mythologie de la bible, aussi liée à la pomme que Morgane la Fée, prêtresse et reine d’Avalon la brumeuse, Idunn la rayonnante nordique garde les pommes d’un pommier merveilleux. Aucun péché n’entache les pommes dont elle est gardienne, bien au contraire, hommes et dieux louent leurs vertus rajeunissantes avec gratitude et avouons-le, dépendance. C’est par Idunn, et elle seulement, que les dieux nordiques peuvent consommer les pommes enchantées qui leur permettent de conserver leur jeunesse éternelle et leur plein potentiel de pouvoir et de santé, liée à la jeunesse. C’est Idunn qui distribue les pommes, qu’elle garde avec beaucoup de grâce féline et un œil aiguisé.

Selon moi, elle est dame de cycle et de passage, gardienne de l’enfance et de la capacité d’émerveillement. Gardienne de notre enfant intérieur, de notre regard candide, neuf, sur la vie et les choses, gardienne de cette part de chacun que l’on garde intacte, que l’on parvient à conserver malgré la noirceur et les épreuves qui pourraient la corrompre. Quand je dis dame de cycle, c’est qu’elle préside à la jeunesse comme elle gouverne subtilement la sagesse. La pomme en elle-même, est souvent liée à la connaissance et la sagesse. En offrant des pommes de jeunesse éternelle, au fond, pour moi, son mythe est la clé qui réunit en une métaphore magnifique l’alchimie suivante : celle de lier l’enfant intérieure avec la sage intérieure. Elle est la gardienne de notre capacité à grandir, croître et marcher vers la sagesse, sans s’oxyder par le cynisme et se figer dans la complaisance du savoir. Nous permettant d’avancer sur le chemin de la sagesse, sans jamais oublier ou négliger l’enfant en soi. C’est de ce bel et fragile équilibre dont elle est selon moi, la gardienne. Elle nous guide sur le chemin de l’enfance à la femme, elle tient la main de l’enfant en soi au besoin, sur la route de menant à la sage. Il vient un temps où elle lâche notre main, pour nous mettre main dans la main, la sage et l’enfant en soi. Ensuite, elle veille, éveille, protège et garde.

En elle s’allient l’alchimie du mélange parfait de l’enfance candide et de la sagesse porteuse d’expériences et de connaissances. Deux ingrédients qui, harmonieux, équilibrés et préservés, offrent une belle base solide et fertile aux personnes entières que sont les femmes. Ne jamais oublier d’où l’on vient, de l’enfant que nous avons été et de la trace profonde qu’il laisse en nous, à la place que prend en nous l’enfant intérieur. Accepté de marcher vers la sagesse, avec le passage du temps, sachant que tant que l’enfant intérieur est intact et non négligé ou oublié, sa présence en nous libère les mêmes effets que les pommes d’Idunn. Nous gardant le cœur jeune, avec les avantages qui y sont rattachés. Croquer dans la vie pleinement, c’est croquer et embrasser conjointement la candeur de notre enfant intérieur et la sagesse vers laquelle nous tendons, en marchant vers elle un peu plus chaque jour. Idunn donne vie à une très belle allégorie qui est riche de symboles et de pouvoir pour les femmes. Elle est porteuse de belles clés et de beaux outils et elle est une guide radieuse et rayonnante.

Mythe


Idun et l’arbre dont elle est la gardienne

Idunn est déesse de l’éternelle jeunesse, de la mythologie nordique. Elle détient un coffre de pommes enchantées, qui procure à quiconque en mange, le retour de sa jeunesse. Les dieux du panthéon nordique, quand ils se sentent faiblir et vieillir, en consomme une, et cela leur permet de garder intacte leur jeunesse jusqu’au jour du Ragnarök. Et c’est Idunn déesse et gardienne de l’arbre, qui leur donne le fruit convoité. La divine épouse du dieu poète Bragi est donc, indispensable. Elle fait partie des Ases, et donc, est une déesse Asyne. Sous ses aspects doux, candide, radieux et parfois naïf, cette déesse au cœur bon et à la séduction rayonnante, remplit un rôle capital. Déesse à la puissance subtile, elle est a entre ses mains une charge vitale.


Idunn sollicitée par Loki.

Le mythe de la belle et radieuse Idunn est lié à celui de Loki, dieu aussi chaotique que charismatique. Car c’est celui-ci qui capturera Idunn pour lui voler ses pommes. En effet, ce dernier un jour, promis au géant Thiassi de lui livrer Idunn et ses pommes merveilleuses. Il s’organisa un jour pour attirer Idunn hors d’Asgard, pour la mener dans un bois, sous le prétexte fallacieux de sa découverte d’autres pommes remarquables. Il lui demanda d’apporter ses propres pommes afin qu’elle puisse comparer le pouvoir des unes et des autres. Au lieu dit, Thiassi (ou Thjazi) sous sa forme d’aigle, put s’emparer d’Idunn et l’emporter en son domaine de Thrymheim. Les Ases privés des pouvoires rajeunissants qui préservaient leur jeunesse, se rendirent rapidement compte de la disparition d’Idunn. Sans les pommes, ils vieillissaient rapidement, les ravages du temps soutenus par la consommation des pommes les rattrapant. Ils orchestrèrent donc un conseil et ils s’enquirent d’avec qui et en quelle occasion elle avait été vue pour la dernière fois. Ils firent enquête et ils découvrirent qu’elle était sortie d’Asgard en compagnie de Loki. Ils interrogèrent donc prestement ce dernier, et parvinrent à le faire parler. Il leur avoua tout, et alors que les autres dieux le menaçaient du pire des sorts s’il ne ramenait pas Idunn saine et sauve, Loki fit une promesse. En effet, inquiet de son propre sort, il fit la promesse de ramener Idunn. Pour ce faire, il fit la demande de l’emprunt à la déesse Freya, de son plumage de faucon. Loki put ensuite s’envoler vers le nord où se trouvait le domaine de Thiassi. Quand il y parvint, Idunn se trouvait seule, son geôlier étant sorti. Loki ne perdit pas de temps et la changea en noix afin de la prendre entre ses serres et de la ramener saine et sauve avec lui.

Thiassi rentra et constata la disparition d’Idunn de son repaire. Il revêtit alors son plumage d’aigle et se lança sans tarder à la poursuite de Loki tenant la noix précieuse entre ses serres. Les Ases distinguèrent Loki qui arrivaient dans leur direction avec la noix entre ses serres, poursuivit par un aigle géant battant vigoureusement des ailes. Ils comprirent bien entendu ce qui se passait sous leurs yeux, et dès que Loki eut franchit les porte de la citadelle d’Asgard, ils lancèrent sur l’aigle des traits enflammés qui incendièrent les plumes de Thiassi, l’obligeant à se poser. Les dieux purent alors aisément le tuer et cet assassinat demeure célèbre. Idunn réintégra donc Asgard et les dieux, soulagés et heureux, purent à nouveau manger des pommes aux effets magiques rajeunissants.

Voici une version du mythe pris ici : http://mythologica.fr/nordique/idunn.htm
Qui me plaisait particulièrement.

« Alors qu’ils traversaient des régions peu hospitalières dont les ressources en nourriture étaient bien maigres. Les trois voyageurs Odin, Hoenir et Loki finirent par tomber sur un petit troupeau de bœufs, les laissant augurer un copieux repas. Une fois l’un des animaux abattu, les dieux confectionnèrent avec de grosses pierres un vaste four pour y faire cuire le bœuf. Malgré la faim qui tenaillait leur estomac, les dieux attendirent patiemment que le temps de cuisson se fût écoulé avant de se saisir du bœuf. Mais quelle ne fut pas leur cruelle déception quand ils constatèrent que la viande était encore crue, ils prolongèrent alors la cuisson mais à chaque fois, ils ôtaient les pierres du four ils ne pouvaient que constater que la viande n’était toujours pas cuite. Alors qu’ils discutaient entre eux des raisons de ce mystère un grand aigle qui se trouvait percher sur un arbre à proximité s’adressa à eux pour leur demander un peu de nourriture et en leur affirmant qu’il était le seul responsable de cet état de fait. Il suggéra aux dieux un marché : il lèverait le charme qui empêchait la cuisson à la condition toutefois de recevoir une part de nourriture. Sans tergiverser plus longtemps les dieux donnèrent leur accord en se disant que l’aigle était bien gros mais que quelques bas morceaux lui suffiraient amplement et la cuisson se termina normalement.

Mais l’aigle avait manifestement une conception bien personnelle du partage car il s’arrogea les meilleurs morceaux en laissant aux dieux ahuris, la carcasse. Alors Loki prit une longue branche pour le punir. Mais quand le bâton toucha le plumage de l’oiseau, il resta coller. C’est ainsi que Loki se retrouva prisonnier de aigle qui s’envola traînant au bout de la perche un Loki interloqué et impuissant. Le géant Thiazi (ou Tjatse) car c’était lui qui s’était transformé en aigle fit une nouvelle proposition à Loki : il désirait simplement voir Idunn et ses pommes d’or dans un endroit calme, connu de lui.
Loki ne vit pas le piège qui était tendu et accepta les conditions pour recouvrer sa liberté. Revenu à Asgard et il raconta à Idunn qu’il avait vu des pommes encore plus belles que les siennes dans un endroit peu éloigné. Elle ne le crut pas car elle connaissait son tempérament menteur, mais le suivit pourtant pour constater. Il l’amena alors à un endroit qui avait été convenu avec le géant qui l’enleva dans ses serres et l’entraina vers Thrymheim, le pays des Géants.

Alors les dieux perdirent leur virilité, leur jeunesse, leur chevelure blanchit et leur force déclina. Il ne fallut pas bien longtemps aux dieux pour comprendre que Loki devait être mêlé à la disparition d’Idunn car Odin qui voit tout les avait aperçut ensemble pour la dernière fois. Les dieux furent furieux contre Loki, ils le menacèrent de mort et il fut mis en demeure d’une nouvelle fois réparer les conséquences dramatiques de ses actes inconsidérés. Loki réfléchit pour savoir comment récupérer Idunn avant qu’il ne soit trop tard et il arriva à la conclusion qu’il devait la transformer en quelque chose d’assez petit pour pouvoir la transporter tout en parvenant à échapper à la poursuite de l’aigle. Transformé en faucon par Freyja , Loki alla au pays des géants. Parvenu au pays des géants et il bénéficia d’un concours de circonstance inespéré car Thiazi était parti, laissant Idunn seule. Loki la changea rapidement en noix pour l’enserrer et la ramener à Asgard.

Mais le Géant revint plus vite que prévu et ayant découvert la fuite de la déesse et poursuivit les deux fugitifs qui arrivaient en vue d’Asgard. Mais les dieux avaient réunis leurs dernières forces pour construire un immense bûcher auquel ils mirent le feu quand l’aigle le survola et ce dernier eut les ailes brûlées et fut tué par les dieux. Ses yeux furent jetés dans le ciel où ils se transformèrent en étoiles soit par Odin soit par Thor selon la source. Sa fille vint réclamer réparation à Asgard. Pour le venger, elle attaqua toute armée, les Ases. En guise de compromis, les dieux lui proposèrent d’épouser l’un des leurs, Elle accepta à la condition qu’on la fît rire ce qui ne fut pas trop difficile pour Loki, toujours prompt à faire des pitreries, qui s’attacha les testicules à une chèvre. »

Pouvoirs, attributs et outils


Idunn

Idunn est une déesse magnifique et rayonnante, un rayonnement de douceur qui cache et mystifie une belle force et une grande puissance. C’est une déesse qui permet de conserver le cœur jeune, de faire face aux cycles également. Il est des aspects et des attributs d’elle qui sont bien mis en évidence et d’autres, plus discrets, qui sont sous-entendus. Son lien avec la jeunesse, la beauté, l’immortalité, l’amour et la fertilité sont évidents. Elle est évidente déesse du printemps et de l’enfance. Elle est aussi pourtant, déesse de la mort, du passage du temps et dame de cycle. C’est une guide hors-pair également, sur le chemin de vie qui relie l’enfant et la sage en chacune.

Si on éprouve des difficultés avec notre enfant intérieur, Idunn est tout indiquée pour nous aider dans une démarche l’impliquant. C’est l’une de ses forces. Elle nous met assez facilement en contact avec cette part de soi, si on aborde un travail en ce sens avec elle. Elle est merveilleuse de douceur, de patience et de compréhension pour celles qui éprouvent le besoin de refaire le chemin/parcours de leur vie. Revisitant leur enfance pour revenir jusqu’au moment présent. Une démarche pas toujours facile, dans laquelle elle apporte beaucoup d’apaisement, d’amour et de soutient. Elle n’est pas une déesse brusque et elle œuvre cependant très agilement dans un tel cadre et une telle démarche.

Elle guide aussi sur la route, comme dit précédemment, qui mène à la sage. En reliant l’enfant en soi et le poids et les joies qu’apporte le temps qui passe. Avec l’expérience et les connaissances. Quand on sait relier et vivre en équilibre et en paix avec ces deux parts en soi, chose pas évidente, on touche l’immortalité. Il s’agit d’une alchimie de l’âme, qui fait que nous sommes bien et que nous savons. Nous comprenons que nous sommes physiquement mortels, nourrissant la terre plus d’une fois et renaissant plus d’une fois. Le cycle vie-mort-vie (renaissance) est d’une certaine manière, l’immortalité. L’éternel recommencement, toute forme de vie en fait partie et, l’une des gardiennes de cette immense et abstraite réalité, de ce savoir vaste, est Idunn, C’est une divine âme et dame dorée, qui se trouve dans une classe à part des dames noires et des dames blanches. C’est une enseignante puissante et profonde sous des aspects candides et anodins.

Les offrandes principales sont bien sûr les pommes, et les noix. Elle est célébrée à l’équinoxe du printemps.


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