Frigg

Posted By Freya Ixchel on July 1, 2010

Frigg (Frigga, Frija, Frea, Frig)
Traduit de Asynjur, Sheena McGrath

Frigg est la reine des déesses et l’épouse d’Odin. Ceci est logique, puisque son nom signifie « la très aimée » et qu’Odin est surnommé « celui qui habite dans les seins de Frigg ». Il arrive souvent que les gens croient que Frigg est la terre au ciel d’Odin, c’est une erreur, elle est toute aussi céleste que son époux. Elle est une des déités célestes, les Ases, et rien de ses caractéristiques ne suggère qu’elle possède un certain pouvoir sur la fertilité de la terre. Son père était Fjorgyn, un dieu plutôt mystérieux. Les Eddas ne mentionnent pas sa mère. Aux côtés d’Odin sur le haut trône, ils observent tout ce qui se passe dans les mondes.

Elle habite dans son propre palais, Fensalir (« Palais de la mer »), en compagnie de ses suivantes Eir, Saga, Gna et Fulla. Dans son palais, elle tisse, ce qui référence aux activités économiques des femmes. Les femmes à l’époque pré-moderne possédaient souvent leur propre petite entreprise et gardaient pour elles les profits. Le tissage fait également partie de ses fonctions en tant que déesse céleste, puisqu’elle tisse les nuages. Les Suédois ont nommé une constellation d’après son fuseau, « Fuseau de Frigg », autour duquel croient-ils que les étoiles tournent et que l’univers est tissé. Comme Freyja, elle possède une cape faite de plumes de faucon, même si on ne connaît aucun mythe dans lequel elle l’utilise.

Nous avons de nombreuses preuves attestant que Frigg est une déesse ancienne et que son culte est aussi ancien que ceux d’Odin et Thor. Malgré cela, peu de lieux de culte ont été retrouvés. Nous en avons retrouvés quelques uns en Suède, comme Frigg-jarakr (« Champs de maïs de Frigg »). Branston prétend en avoir trouvés en Angleterre : Freefolk, Froyle, Frobury et Fryup. Son importance est surtout attestée par le nombre de ses suivantes, qui sont parfois vues comme d’autres formes d’elle-même. Les Allemands devaient la tenir en très haute estime, puisqu’ils ont nommé le jour de vendredi en son honneur.

Frigg et l’accouchement

Frigg était la protectrice des femmes mariées, ce n’est donc pas étonnant qu’elle était aussi invoquée pour bénir les femmes durant l’accouchement. Dans la « Plainte d’Oddrun », Borgny qui vient d’accoucher de peine et misère, remercie Oddrun qui l’a assistée :

Que les bons esprits te protègent,
Que Frigg et Freyja et les bons dieux aussi veillent sur toi,
Toi qui m’as délivrée du mal.

Hollander prétend que l’invocation de Freyja est ici une erreur, puisque selon lui, seule Frigg devrait être appelée en de telles circonstances. Toutefois, comme les deux déesses étaient protectrices des femmes, il ne fait aucun doute qu’elles étaient les deux invoquées pour aider les femmes dans n’importe quelle situation.

Frigg et le don de prophétie

Dans la Lokasenna, lorsque Loki s’en prend à Frigg, Freyja la défend :

Tu es fou Loki, de nous rappeler tous les torts que tu as causés,
Frigg connaît le destin de tous, bien que jamais elle n’en souffle mot!

Dans le prologue de son Edda en prose, Snorri Sturluson nous apprend que Frigg possède le don de prophétie, en plus du don de voyance que lui profère le haut trône, lorsqu’elle prend place dessus. Pour les Allemands, le don de prophétie que possède Frigg était du domaine des femmes. Dans le Vafthrudismáal, Odin demande à son épouse son avis sur un voyage qu’il doit entreprendre bientôt au pays des Géants, ce qui laisse croire que son don était respecté des Ases.

Pourtant, ce don apporte également son lot de malheur, quand Frigg prophétise la mort de son propre fils Baldr. Elle tente tout de même de le sauver, en soutirant à toute chose vivante la promesse de ne jamais faire de mal à son fils adoré. Encore une fois, Loki lui met des bâtons dans les roues en prenant l’apparence d’une vieille, à qui Frigg révèle en toute confiance qu’elle ne s’est pas donné la peine de quérir la promesse du houx, le trouvant si inoffensif. Loki fabrique un pic de bois d’houx sur le champ et l’offre à Hod, le frère aveugle de Baldr. L’invulnérabilité de Baldr a donné aux dieux le goût de s’amuser à tenter de le tuer, émerveillés de voir les armes rebondir lorsqu’ils le frappent. Évidemment, le houx tue Baldr et il doit se rendre au royaume de Hel, attendant le Ragnarok. C’est cette mort est la première des lamentations de Frigg, la seconde étant la mort d’Odin lors du destin fatal des dieux.

Épouse et mère

Le pouvoir de Frigg réside dans le lien créé par le mariage et la famille. À notre époque, une femme demeurant à la maison n’est pas considérée comme exaltée, mais fût une époque où ces femmes étaient les gardiennes de la paix d’une famille ainsi que celle qui s’occupait des finances. Les plus prospères devaient superviser les activités des servantes en plus de contribuer au bien-être de la famille. En guise de preuve de son statut, Frigg transporte sur sa ceinture une multitude de clés. Les femmes les portaient comme symbole  d’autorité, puisque les femmes de foyer s’occupaient surtout de l’entreprise familiale.

En Suède, jeudi était sa journée et on préparait la maison pour sa venue et celle de Thor. En ce jour, il était interdit de tisser ou d’utiliser un fuseau, puisque c’était Frigg qui tissait. Parfois, on apercevait, assis à sa quenouille, une vieille femme et un vieil homme, c’était Thor, sous une forme plus vieille, et Frigg.

Frigg possède plusieurs points en commun avec de nombreuses déesses indo-européennes, elles aussi épouses et mères. La grecque Héra et la romaine Junon occupaient des places similaires, puisqu’elles étaient toutes deux la Première Dame. Les trois étaient invoquées pour accorder la fertilité aux femmes et étaient vénérées par les femmes. Junon, tout comme Frigg, était également une déesse indépendante, avec ses propres pouvoirs et son culte. Héra était un peu moins puissante. Tandis que Frigg possédait le don de prophétie, Héra avait le pouvoir de l’octroyer à qui désirait-elle, comme elle le fit avec le cheval Xanthe. Toutes deux conseillaient leur époux. Il est intéressant de noter que la différence majeure entre Héra et Frigg, est que cette dernière acceptait avec plus de calme les infidélités de son époux. Il est possible que l’Asyne était plus confiante en sa position que la jalouse Olympienne, ou peut-être que cela symbolisait les unions plus égales des gens du nord.

Un autre aspect de Frigg

Malgré son image de bonne petite femme de maisonnée, des mythes plutôt étranges existent à son propos. Saxo Grammaticus raconte qu’elle exigea qu’on fasse fondre une statuette d’or afin de lui en confectionner un collier. Malheureusement pour elle, cette statuette était à l’effigie d’Odin et il l’avait enchantée afin de s’assurer que nul ne puisse la vandaliser. Frigg coucha avec un de ses serviteurs et lui demanda en échange de fondre ladite statuette, s’assurant ainsi qu’elle ne serait pas dénoncée. Lorsqu’il découvrit le stratège, Odin fût si dégoûté qu’il la quitta. Il demanda à Odin de prendre sa place sur le trône et ne revint que lorsque Frigg fût décédée.

C’était peut-être à cette histoire que faisait référence Loki quand il dit :

Tais-toi Frigg, fille de Fjorgyn,
Tu as toujours été insatisfaite en amour,
Puisque malgré le fait que tu sois l’épouse de Vithrir [Odin],
Tu t’es donnée à Vili et Vé.

Vili et Vé sont les frères d’Odin, ou ses hypostases; Loki accuse donc injustement Frigg d’adultère.

Frigg et ses suivantes

Les suivantes de Frigg (Eir, Saga, Fulla, Lofn et Gna) sont souvent considérées comme ses hypostases. Si c’est bien le cas, Frigg devait être une déesse de grande importance, pour mériter autant de suivantes. Ces dernières accomplissent des tâches à la demande de Frigg. Malgré tout, les suivantes de Frigg devraient être considérées comme des déesses à part entière.

Idunn

Posted By Flidais_Airmeith on June 14, 2010

Idunn : Idun, Idunnor, Iduna, Ithun, Ydun.

Le terme “Idunn” proviendrait du vieil islandais et signifie “celle qui rajeunit, qui renouvelle”. Une autre piste liée à son nom fait le lien étymologique avec une probable racine indo-européenne qui ferait d’Idunn un nom lié à Eden. On peut en déduire plusieurs autres pistes intéressantes.

bragBragi et Idunn

Elle est originaire de la caste de Vanir, mais quand elle prit pour époux le dieu Bragi, elle quitta les champs et forêts de Vanaheim pour le suivre à Asgard.

Essentiellement connue dans la mythologie nordique/germanique, comme la gardienne des pommes de la jeunesse, Elle est aussi l’épouse de Bagi, skald divin, dieu de la poésie. C’est une déesse dont le mythe est riche est lui-même et riche en échos dont l’on retrouve la trace dans les mythologies celtes et chrétiennes notamment, mais dans de nombreuses autres aussi. Sans doute car elle garde un symbole puissant et répandu; la pomme. Pomme sacrée, pomme de la connaissance, pomme maudite, pomme du péché, pomme des mystères, et dans son cas, pomme de jouvence. Ne serait-ce que pour cela, elle ne peut-être ordinaire et passer inaperçu. Elle ne peut pas être reléguée parmi les déesses de second plant, les déesses oubliées ou négligées. Au-delà des pommes de la jeunesse dont elle est la gardienne, Idunn mérite d’être connue. Car, elle est plus que la gardienne nordique de la mystique de la pomme ou de la pomme mystique et mythique.

Outre son lien à la pomme sacré et mythique, dont elle garde les pommes garantes de la jeunesse dans un coffre, elle est aussi reconnue comme déesse de la jeunesse éternelle, de l’amour et de la beauté. C’est une déesse qui possède aussi une aura très « printanière » et qui est aussi liée à l’immortalité. Elle est fille d’Ivaldi et de la déesse Sol (déesse solaire) et a trois sœurs, les Valkyries Allvit, Swanvit et Obrun.

Idunn est une déesse à l’aspect très doux et rayonnant, presque candide parfois, mais pourtant pas départie de sensualité inhérente à beaucoup de déesses nordiques. Cependant, sa férocité et sa sensualité sont latentes, plus discrètes, comme un parfum suave, mais très présentes. C’est une déesse qui illustre parfaitement l’adage « main de fer dans un gant de velours ». Une déesse tout à faite charmante, mais aussi étonnante et fascinante.

Gardienne des pommes de la jeunesse

Aussi radieuse et solaire que l’Ève de la mythologie de la bible, aussi liée à la pomme que Morgane la Fée, prêtresse et reine d’Avalon la brumeuse, Idunn la rayonnante nordique garde les pommes d’un pommier merveilleux. Aucun péché n’entache les pommes dont elle est gardienne, bien au contraire, hommes et dieux louent leurs vertus rajeunissantes avec gratitude et avouons-le, dépendance. C’est par Idunn, et elle seulement, que les dieux nordiques peuvent consommer les pommes enchantées qui leur permettent de conserver leur jeunesse éternelle et leur plein potentiel de pouvoir et de santé, liée à la jeunesse. C’est Idunn qui distribue les pommes, qu’elle garde avec beaucoup de grâce féline et un œil aiguisé.

Selon moi, elle est dame de cycle et de passage, gardienne de l’enfance et de la capacité d’émerveillement. Gardienne de notre enfant intérieur, de notre regard candide, neuf, sur la vie et les choses, gardienne de cette part de chacun que l’on garde intacte, que l’on parvient à conserver malgré la noirceur et les épreuves qui pourraient la corrompre. Quand je dis dame de cycle, c’est qu’elle préside à la jeunesse comme elle gouverne subtilement la sagesse. La pomme en elle-même, est souvent liée à la connaissance et la sagesse. En offrant des pommes de jeunesse éternelle, au fond, pour moi, son mythe est la clé qui réunit en une métaphore magnifique l’alchimie suivante : celle de lier l’enfant intérieure avec la sage intérieure. Elle est la gardienne de notre capacité à grandir, croître et marcher vers la sagesse, sans s’oxyder par le cynisme et se figer dans la complaisance du savoir. Nous permettant d’avancer sur le chemin de la sagesse, sans jamais oublier ou négliger l’enfant en soi. C’est de ce bel et fragile équilibre dont elle est selon moi, la gardienne. Elle nous guide sur le chemin de l’enfance à la femme, elle tient la main de l’enfant en soi au besoin, sur la route de menant à la sage. Il vient un temps où elle lâche notre main, pour nous mettre main dans la main, la sage et l’enfant en soi. Ensuite, elle veille, éveille, protège et garde.

En elle s’allient l’alchimie du mélange parfait de l’enfance candide et de la sagesse porteuse d’expériences et de connaissances. Deux ingrédients qui, harmonieux, équilibrés et préservés, offrent une belle base solide et fertile aux personnes entières que sont les femmes. Ne jamais oublier d’où l’on vient, de l’enfant que nous avons été et de la trace profonde qu’il laisse en nous, à la place que prend en nous l’enfant intérieur. Accepté de marcher vers la sagesse, avec le passage du temps, sachant que tant que l’enfant intérieur est intact et non négligé ou oublié, sa présence en nous libère les mêmes effets que les pommes d’Idunn. Nous gardant le cœur jeune, avec les avantages qui y sont rattachés. Croquer dans la vie pleinement, c’est croquer et embrasser conjointement la candeur de notre enfant intérieur et la sagesse vers laquelle nous tendons, en marchant vers elle un peu plus chaque jour. Idunn donne vie à une très belle allégorie qui est riche de symboles et de pouvoir pour les femmes. Elle est porteuse de belles clés et de beaux outils et elle est une guide radieuse et rayonnante.

Mythe


Idun et l’arbre dont elle est la gardienne

Idunn est déesse de l’éternelle jeunesse, de la mythologie nordique. Elle détient un coffre de pommes enchantées, qui procure à quiconque en mange, le retour de sa jeunesse. Les dieux du panthéon nordique, quand ils se sentent faiblir et vieillir, en consomme une, et cela leur permet de garder intacte leur jeunesse jusqu’au jour du Ragnarök. Et c’est Idunn déesse et gardienne de l’arbre, qui leur donne le fruit convoité. La divine épouse du dieu poète Bragi est donc, indispensable. Elle fait partie des Ases, et donc, est une déesse Asyne. Sous ses aspects doux, candide, radieux et parfois naïf, cette déesse au cœur bon et à la séduction rayonnante, remplit un rôle capital. Déesse à la puissance subtile, elle est a entre ses mains une charge vitale.


Idunn sollicitée par Loki.

Le mythe de la belle et radieuse Idunn est lié à celui de Loki, dieu aussi chaotique que charismatique. Car c’est celui-ci qui capturera Idunn pour lui voler ses pommes. En effet, ce dernier un jour, promis au géant Thiassi de lui livrer Idunn et ses pommes merveilleuses. Il s’organisa un jour pour attirer Idunn hors d’Asgard, pour la mener dans un bois, sous le prétexte fallacieux de sa découverte d’autres pommes remarquables. Il lui demanda d’apporter ses propres pommes afin qu’elle puisse comparer le pouvoir des unes et des autres. Au lieu dit, Thiassi (ou Thjazi) sous sa forme d’aigle, put s’emparer d’Idunn et l’emporter en son domaine de Thrymheim. Les Ases privés des pouvoires rajeunissants qui préservaient leur jeunesse, se rendirent rapidement compte de la disparition d’Idunn. Sans les pommes, ils vieillissaient rapidement, les ravages du temps soutenus par la consommation des pommes les rattrapant. Ils orchestrèrent donc un conseil et ils s’enquirent d’avec qui et en quelle occasion elle avait été vue pour la dernière fois. Ils firent enquête et ils découvrirent qu’elle était sortie d’Asgard en compagnie de Loki. Ils interrogèrent donc prestement ce dernier, et parvinrent à le faire parler. Il leur avoua tout, et alors que les autres dieux le menaçaient du pire des sorts s’il ne ramenait pas Idunn saine et sauve, Loki fit une promesse. En effet, inquiet de son propre sort, il fit la promesse de ramener Idunn. Pour ce faire, il fit la demande de l’emprunt à la déesse Freya, de son plumage de faucon. Loki put ensuite s’envoler vers le nord où se trouvait le domaine de Thiassi. Quand il y parvint, Idunn se trouvait seule, son geôlier étant sorti. Loki ne perdit pas de temps et la changea en noix afin de la prendre entre ses serres et de la ramener saine et sauve avec lui.

Thiassi rentra et constata la disparition d’Idunn de son repaire. Il revêtit alors son plumage d’aigle et se lança sans tarder à la poursuite de Loki tenant la noix précieuse entre ses serres. Les Ases distinguèrent Loki qui arrivaient dans leur direction avec la noix entre ses serres, poursuivit par un aigle géant battant vigoureusement des ailes. Ils comprirent bien entendu ce qui se passait sous leurs yeux, et dès que Loki eut franchit les porte de la citadelle d’Asgard, ils lancèrent sur l’aigle des traits enflammés qui incendièrent les plumes de Thiassi, l’obligeant à se poser. Les dieux purent alors aisément le tuer et cet assassinat demeure célèbre. Idunn réintégra donc Asgard et les dieux, soulagés et heureux, purent à nouveau manger des pommes aux effets magiques rajeunissants.

Voici une version du mythe pris ici : http://mythologica.fr/nordique/idunn.htm
Qui me plaisait particulièrement.

« Alors qu’ils traversaient des régions peu hospitalières dont les ressources en nourriture étaient bien maigres. Les trois voyageurs Odin, Hoenir et Loki finirent par tomber sur un petit troupeau de bœufs, les laissant augurer un copieux repas. Une fois l’un des animaux abattu, les dieux confectionnèrent avec de grosses pierres un vaste four pour y faire cuire le bœuf. Malgré la faim qui tenaillait leur estomac, les dieux attendirent patiemment que le temps de cuisson se fût écoulé avant de se saisir du bœuf. Mais quelle ne fut pas leur cruelle déception quand ils constatèrent que la viande était encore crue, ils prolongèrent alors la cuisson mais à chaque fois, ils ôtaient les pierres du four ils ne pouvaient que constater que la viande n’était toujours pas cuite. Alors qu’ils discutaient entre eux des raisons de ce mystère un grand aigle qui se trouvait percher sur un arbre à proximité s’adressa à eux pour leur demander un peu de nourriture et en leur affirmant qu’il était le seul responsable de cet état de fait. Il suggéra aux dieux un marché : il lèverait le charme qui empêchait la cuisson à la condition toutefois de recevoir une part de nourriture. Sans tergiverser plus longtemps les dieux donnèrent leur accord en se disant que l’aigle était bien gros mais que quelques bas morceaux lui suffiraient amplement et la cuisson se termina normalement.

Mais l’aigle avait manifestement une conception bien personnelle du partage car il s’arrogea les meilleurs morceaux en laissant aux dieux ahuris, la carcasse. Alors Loki prit une longue branche pour le punir. Mais quand le bâton toucha le plumage de l’oiseau, il resta coller. C’est ainsi que Loki se retrouva prisonnier de aigle qui s’envola traînant au bout de la perche un Loki interloqué et impuissant. Le géant Thiazi (ou Tjatse) car c’était lui qui s’était transformé en aigle fit une nouvelle proposition à Loki : il désirait simplement voir Idunn et ses pommes d’or dans un endroit calme, connu de lui.
Loki ne vit pas le piège qui était tendu et accepta les conditions pour recouvrer sa liberté. Revenu à Asgard et il raconta à Idunn qu’il avait vu des pommes encore plus belles que les siennes dans un endroit peu éloigné. Elle ne le crut pas car elle connaissait son tempérament menteur, mais le suivit pourtant pour constater. Il l’amena alors à un endroit qui avait été convenu avec le géant qui l’enleva dans ses serres et l’entraina vers Thrymheim, le pays des Géants.

Alors les dieux perdirent leur virilité, leur jeunesse, leur chevelure blanchit et leur force déclina. Il ne fallut pas bien longtemps aux dieux pour comprendre que Loki devait être mêlé à la disparition d’Idunn car Odin qui voit tout les avait aperçut ensemble pour la dernière fois. Les dieux furent furieux contre Loki, ils le menacèrent de mort et il fut mis en demeure d’une nouvelle fois réparer les conséquences dramatiques de ses actes inconsidérés. Loki réfléchit pour savoir comment récupérer Idunn avant qu’il ne soit trop tard et il arriva à la conclusion qu’il devait la transformer en quelque chose d’assez petit pour pouvoir la transporter tout en parvenant à échapper à la poursuite de l’aigle. Transformé en faucon par Freyja , Loki alla au pays des géants. Parvenu au pays des géants et il bénéficia d’un concours de circonstance inespéré car Thiazi était parti, laissant Idunn seule. Loki la changea rapidement en noix pour l’enserrer et la ramener à Asgard.

Mais le Géant revint plus vite que prévu et ayant découvert la fuite de la déesse et poursuivit les deux fugitifs qui arrivaient en vue d’Asgard. Mais les dieux avaient réunis leurs dernières forces pour construire un immense bûcher auquel ils mirent le feu quand l’aigle le survola et ce dernier eut les ailes brûlées et fut tué par les dieux. Ses yeux furent jetés dans le ciel où ils se transformèrent en étoiles soit par Odin soit par Thor selon la source. Sa fille vint réclamer réparation à Asgard. Pour le venger, elle attaqua toute armée, les Ases. En guise de compromis, les dieux lui proposèrent d’épouser l’un des leurs, Elle accepta à la condition qu’on la fît rire ce qui ne fut pas trop difficile pour Loki, toujours prompt à faire des pitreries, qui s’attacha les testicules à une chèvre. »

Pouvoirs, attributs et outils


Idunn

Idunn est une déesse magnifique et rayonnante, un rayonnement de douceur qui cache et mystifie une belle force et une grande puissance. C’est une déesse qui permet de conserver le cœur jeune, de faire face aux cycles également. Il est des aspects et des attributs d’elle qui sont bien mis en évidence et d’autres, plus discrets, qui sont sous-entendus. Son lien avec la jeunesse, la beauté, l’immortalité, l’amour et la fertilité sont évidents. Elle est évidente déesse du printemps et de l’enfance. Elle est aussi pourtant, déesse de la mort, du passage du temps et dame de cycle. C’est une guide hors-pair également, sur le chemin de vie qui relie l’enfant et la sage en chacune.

Si on éprouve des difficultés avec notre enfant intérieur, Idunn est tout indiquée pour nous aider dans une démarche l’impliquant. C’est l’une de ses forces. Elle nous met assez facilement en contact avec cette part de soi, si on aborde un travail en ce sens avec elle. Elle est merveilleuse de douceur, de patience et de compréhension pour celles qui éprouvent le besoin de refaire le chemin/parcours de leur vie. Revisitant leur enfance pour revenir jusqu’au moment présent. Une démarche pas toujours facile, dans laquelle elle apporte beaucoup d’apaisement, d’amour et de soutient. Elle n’est pas une déesse brusque et elle œuvre cependant très agilement dans un tel cadre et une telle démarche.

Elle guide aussi sur la route, comme dit précédemment, qui mène à la sage. En reliant l’enfant en soi et le poids et les joies qu’apporte le temps qui passe. Avec l’expérience et les connaissances. Quand on sait relier et vivre en équilibre et en paix avec ces deux parts en soi, chose pas évidente, on touche l’immortalité. Il s’agit d’une alchimie de l’âme, qui fait que nous sommes bien et que nous savons. Nous comprenons que nous sommes physiquement mortels, nourrissant la terre plus d’une fois et renaissant plus d’une fois. Le cycle vie-mort-vie (renaissance) est d’une certaine manière, l’immortalité. L’éternel recommencement, toute forme de vie en fait partie et, l’une des gardiennes de cette immense et abstraite réalité, de ce savoir vaste, est Idunn, C’est une divine âme et dame dorée, qui se trouve dans une classe à part des dames noires et des dames blanches. C’est une enseignante puissante et profonde sous des aspects candides et anodins.

Les offrandes principales sont bien sûr les pommes, et les noix. Elle est célébrée à l’équinoxe du printemps.

Idunna, la jouvence

Posted By Freya Ixchel on June 14, 2010

Idunna, la jouvence

Idunna (Jouvence) est l’épouse de Bragi, dieu poète et fils (hypostase) d’Odin. On ne connaît grand chose sur elle, sauf qu’elle est la gardienne des pommes, qui permettent aux dieux et déesses de jouir de la jeunesse éternelle. Elle garde ses pommes dans un panier et offre quotidiennement une bouchée aux dieux et déesses. Elle donc déesse de la jeunesse, de la santé et de la vitalité.

Le géant Tjassi (Thiazi) est épris d’Idunna et surtout de ses pommes tant désirées. Parce que le fourbe Loki l’a trompé, le géant lui fait promettre de lui amener la déesse et ses pommes. Loki élabore donc un plan qui lui permettra de divertir Idunna hors de sa demeure. Il attend que Bragi quitte Asgard pour « affaires » et rend visite à Idunna, en lui disant qu’il a aperçu non loin des pommes qui ressemblent en tout point à celles qu’elle distribue. Curieuse, Idunna rassemble quelques pommes dans son panier et suit Loki vers le pommier inconnu. Dissimulé dans la forêt sous la forme d’un aigle, Tjassi les attend. Dès qu’il aperçoit Idunna, il la saisit entre ses crocs et l’emmène à Thrymheim, son domaine loin au nord.

Prisonnière du géant, Idunna est triste, morose et seule. Malgré tout, elle refuse de lui offrir ses pommes. Elle patiente et espère qu’on viendra la libérer.

Les dieux ne s’inquiètent pas immédiatement de l’absence d’Idunna, convaincus qu’elle a suivi son époux. Ils profitent pendant un moment des bienfaits de leur ration quotidienne de pomme. Lorsque les effets se dissipent peu à peu, ils sont confrontés à la vieillesse et à la décrépitude.

Parce que Loki est toujours impliqué lorsque quelque chose ne tourne pas rond, les dieux le questionnent enfin et ce dernier finit par avouer qu’il a livré la déesse et ses pommes aux géants. Les dieux le somment d’aller la quérir et de la ramener à Asgard. Il emprunte la cape de faucon de Freyja, vole jusqu’à Thrymheim. Coup de chance, Tjassi est parti pêcher. Loki s’empresse de transformer Idunna et ses pommes en petites graines (parfois en petites noix ou en une hirondelle) afin de pouvoir les prendre dans le creux de ses griffes et s’enfuit.

Tjassi revient de la pêche peu après le départ précipité de Loki et Idunna et lorsqu’il s’aperçoit de l’absence de cette dernière, il se transforme en aigle et part à leur poursuite. À Asgard, les dieux attendent le retour de Loki et Idunna avec impatience et lorsqu’ils aperçoivent les deux oiseaux dans le ciel, ils allument un énorme feu qui brûle les ailes de Tjassi, sauvant ainsi Idunna, ses pommes et leur immortalité.

Un autre mythe raconte qu’Idunna était assise tranquillement sur l’une des branches d’Yggdrasil, l’Arbre Monde. Elle se sentie faible et perdit l’équilibre, tombant ainsi dans les profondeurs de Nifelheim (un des neuf mondes au sein de l’Arbre, situé dans les profondeurs de la terre – un monde glacial). Lorsqu’il s’aperçoit de sa disparation, Bragi demande l’aide d’Odin et de Heimdall pour retrouver son épouse. Odin offre à son fils une peau de loup blanc, afin qu’il puisse recouvrir Idunna et éviter qu’elle n’ait froid. Ils la retrouvent à Nifelheim et si elle les laisse la recouvrir de la peau, elle refuse de bouger et parler. Bragi annonce qu’il restera avec elle jusqu’à ce qu’elle soit prêtre à rentrer à Asgard.

Honorer la déesse

Parce qu’elle guérit la vieillesse et la mort et assure la jeunesse et la vitalité, on honore Idunna à l’équinoxe du printemps pour fêter son retour. On l’honore également lors de l’équinoxe d’automne, lorsque la vitalité laisse sa place à l’inertie. On peut lui offrir graines, semences et noix au printemps (pour « planter » quelque chose) et des pommes bien juteuses à l’automne, dans l’espoir qu’elle reviendra et que nos projets prospéreront.

Mythologie comparée

On peut comparer Idunna à la grecque Perséphone et la romaine Proserpine : comme Idunna, le symbole de Perséphone est la (pomme) grenade, elle symbolise la jeunesse, elle fut kidnappée et elle est associée au printemps et à l’automne.

Valkyries, beautés sanguinaires

Posted By Freya Ixchel on May 25, 2010

VALKYRIES, BEAUTÉS SANGUINAIRES
par Freya

Dans les croyances les plus anciennes, les Valkyries étaient considérées comme déesses des cadavres, représentées par les «corbeaux-charognards». Leur nom signifie littéralement «celles qui choisissent les morts ». Anges sombres de la mort, esprits funestes de la tuerie, tels des oiseaux de proie, elles volaient au-dessus des champs de bataille et des mers, funestes représentantes de la mort et de la vengeance. Elles sont horribles et téméraires, elle se goinfrent des corps écartelés et ensanglantés. Leur sinistre mission se reflétait dans les noms qu’elles portaient : Hurlante, Criante ou Furieuse, Enragée.

On les associe à plusieurs figures mythiques provenant de différentes cultures : on peut penser aux Furies et aux Amazones grecques ou encore à la celte Morrigan (qui d’ailleurs, possède la capacité de se métamorphoser en corbeau). Au sein des mythes nordiques, la voluptueuse déesse Freyja est souvent dépeinte comme étant la chef des Valkyries, elle qui déjà se voit donner la moitié des valeureux guerriers morts sur le champ de bataille.

Toujours à cette époque ancienne, on a considéré les Valkyries comme étant également des prophétesses; non seulement elle ne se contentaient pas de choisir des vainqueurs d’une bataille, elles savaient à l’avance sur qui leur choix allait s’arrêter. Qui dit prophétesses dit Nornes, ce fameux trio composé de trois femmes à l’image du temps : une vieille, une adulte et une jeune. Skuld, la plus jeune des Nornes, représente le futur et outre son rôle de Norne, elle tient également celui de Valkyrie. C’est d’ailleurs logique : si elle décide de l’avenir des hommes avec ses sœurs, pourquoi ne serait-elle pas présente lorsque le destin frappe?

On honorait parfois aussi les Valkyries comme des Disir, esprits féminins protecteurs. Les Nordiques croyaient que lorsqu’une aînée décédait, son esprit protégerait dorénavant la famille qu’elle laissait derrière. Ce culte fut fort populaire notamment en Suède et dans le nord de l’Allemagne.

De Valkyrie à Nornes à Disir, ces femmes mythiques couvrent plusieurs facettes féminines, plusieurs tranches d’âge ainsi que plusieurs aspects divins. On pourrait être en mesure d’affirmer que celle qui est maintenant une Norne, fut à une époque une Valkyrie et sera un jour une Dis.

Entre le 3ième et 11ième siècle, les Valkyries ont quelque peu changé d’aspect, et ce, pour tenir un rôle plus bienveillant. De petites amulettes et des représentations sur pierre commencent à dépeindre la Valkyrie comme une très belle femme accueillant les héros décédés avec une corne pleine d’hydromel.

Aussi, à partir de cette époque, la légende des valkyries se modifia encore un peu, elles furent considérées comme des demi-déesses et le folklore les fusionna avec les Vierges-Cygnes. Avec cet attribut, on comment à décrire les Valkyries comme de blondes et vierges jeunes femmes qui par des moyens magiques se transforment en cygnes pour traverser le ciel et l’eau. Dans la culture populaire, le cygne était vu comme un augure.

Si une courageuse personne arrivait à capturer et à maintenir une vierge-cygne, elle pouvait lui soutirer un souhait. Ceci expliquerait pourquoi les valkyries sont parfois surnommés les «vierges qui offrent un souhait » et on pourrait penser que ce don particulier et fort recherché par les hommes leur vient directement de celui qui est désormais considéré comme leur père, Odin, fort reconnu pour être un dieu qui exauce les souhait.

On retrouve des traces des vierges-cygnes qui datent de la même époque que la première version beaucoup plus féroce et sombre des valkyries.

Guidées par Freyja, sorcière et guerrière, et par Odin, magicien et chef des Berserkers (hommes qui par des procédés magiques se transformaient en loup ou en ours et entrainent dans une furie meurtrière qui décuplait leurs forces), on peut se douter que la véritable force des valkyries ne relevaient pas principalement de leur forces physiques mêmes si on les décrit parfois comme équipées de casques et armes et vêtues d’armures si étincelantes qu’elles faisaient naître des lueurs hors du commun dans le ciel, en fait, des aurores boréales. Certaines légendes disaient que les aurores boréales annonçaient une guerre imminente. La véritable force des valkyries résidait fort probablement en leurs pouvoirs magiques.

Une Prêtresse est née!

Posted By Isis Tyära on May 15, 2010

FÉLICITATIONS À STELLA, MAINTENANT CYBÈLE-APHRODITE, QUI A ÉTÉ INITIÉE PRÊTRESSE DU LOTUS, PRÊTRESSE D’APHRODITE!!!

Le rite a eu lieu ce samedi le 15 mai 2010 et a été initiée par Isis Tyära. Cybèle-Aphrodite a complété le programme d’étude et de pratique de l’École de l’Ordre du Lotus.

Elle est désormais membre officielle de l’Ordre du Lotus!!

Tu es bénie par Dea ma belle Prêtresse!

ELA DEA OREA!

La notion d’archétype et le féminin sacré contemporain

Posted By Besa on May 8, 2010

Il est fréquent dans la littérature qui sert de base au renouveau du féminin sacré et même dans nos pratiques de se référer au concept de l’archétype. Archétype vient du grec arkhetupon, «modèle primitif», par l’intermédiaire du latin archetypum. Ce terme nous vient entre autre de  Carl Gustav Jung, mais nous trouvons aussi les idées-archétypes chez Platon. Ce mot est employé dans d’autres domaines que la psychanalyse et la philosophie. Ainsi, il a plusieurs définitions, mais qui évoque toute plus où moins l’idée d’un modèle général, premier, primitif, de base ou universel. Nous trouvons par exemple :

Extrait de psychologies.com (site du magazine Psychologies)
“l’archétype est une image originelle qui existe dans l’ inconscient, mais qui n’est pas issue de l’expérience personnelle. L’archétype en lui-même est une énergie probablement indépendante de l’esprit humain, de nature transcendante, et qui possède la particularité d’être un élément de transformation.”
Page source : http://www.psychologies.com/Dico-Psycho/Archetype

Dictionnaire Petit Larousse 2006
“Modèle sur lequel sont construits un ouvrage, une œuvre.”
“Idée, forme du monde intelligible sur laquelle sont construits des objets du monde sensible, chez Platon.”
“Chez Jung et ses disciples, structure de l’inconscient collectif qui apparaît dans les productions culturelles d’un peuple, dans l’imaginaire d’un sujet. »

En biologie selon le site de Futura Sciences
“Forme idéale primitive d’après laquelle tous les êtres d’un groupe semblent être organisés.”
Page source : http://www.futura-sciences.com/fr/definition/t/zoologie-2/d/archetype_2189/

Psychothérapie et spiritualité font-ils bon ménage chez les païens ?

Si certains païens font appel à ce concept pour appréhender le divin dans leur vie. De même des psychothérapeutes font appel à certaines techniques chamaniques, aux contes païens anciens, aux figures de divinités et au mythes dans leur thérapie, en s’inspirant de pratiques anciennes. Je citerai l’ouvrage « Avec Sekhmet – Médecine, psychothérapie » de la psychothérapeute Denise Morel (publié sous le pseudo de Diane Marnand), « Le cercle de vie, initiation chamanique d’une psychothérapeute » de Maud Séjournant, « Contes à guérir, Contes à grandir » de Jacques Salomé, « Femmes qui courent avec les loups » de Clarissa Pinkola Estès ou « Femme et déesse, rencontre avec le féminin sacré » de Christine Champougny-Oddoux. Certains diront, sans avoir tort, que ce rapprochement est typique de notre époque et correspond à la vogue des techniques de développement personnel. Ce n’est pas faux. Cependant ce serait faire un raccourci hâtif que de qualifier les études et recherches tissant des ponts entre cultes à mystères anciens, mythes et archétypes, uniquement de simples effets de « mode ». Il faut dépasser les apparences pour aller chercher plus loin la démarche intellectuelle, qui a abouti à établir ou redécouvrir des ponts entre nos héritages culturels, religieux, la psychothérapie et la spiritualité. Je dis bien « ponts ». De mon point de vue, les trois domaines ne se confondent pas pour autant. Mais il y a des liens entre eux ou des points communs.

Ponts interdisciplinaires

Les ponts entre psychothérapie et spiritualité se trouvent non dans les formes de religions exotériques, mais plutôt à mon avis dans celles dites ésotériques. C’est à dire les cultes possédant un enseignement caché, souvent accessible par l’intermédiaire d’une « initiation » et réservé à un cercle restreint. Citons par exemple les cultes à mystères grecs comme ceux d’Eleusis, la Kabbale juive ou certaines formes d’ésotérismes chrétiens. Car ces formes de religion visent à transformer l’être, travailler sur sa nature profonde. Nous trouvons aussi un pont dans le fait que durant l’antiquité, sciences et religion n’étaient pas forcément des domaines distinctes. Ainsi, les temples étaient également des lieux ou s’exerçaient la médecine, que ce soit celle du corps ou celle de l’âme. Citons par exemple en Égypte les prêtres ouabou de Sekhmet et de Serket, réputés pour leurs compétences médicales, leurs aptitudes d’exorcistes ou de conjurateurs de divers maux. A Dendera, près du temple d’Hathor existait un sanatorium où les malades venaient consulter la déesse afin d’être soigner de leurs maux (bains, incubation de rêve en dormant sur ce site sacré..). Le temple d’Epidaure en Grèce fut longtemps un lieu de pèlerinage pour les malades. La psychothérapie trouve aussi son origine ancienne dans les pratiques animistes, notamment le chamanisme ou l’interprétation des rêves. Bien entendu, la discipline moderne a réadapté certaines de ses pratiques, héritées du passé, les a complétées par des réflexions plus récentes et les a expurgé de ses éléments religieux.

Soigner ou étudier l’âme, l’esprit, la psyché

Nous retrouvons dans les cultes à mystères et certaines pratiques de soins exercés dans les temples, un objectif commun avec celui de la psychothérapie c’est à dire soigner la psyché (âme/esprit) ou travailler sur cet élément de l’être. La psychothérapie est d’ailleurs la thérapie par la psyché. Hors, qu’est-ce que la psyché ? Le mot psyché (en grec ancien Ψυχή / Psyché) signifie l’âme, l’esprit. Mais, il est aussi le nom un personnage mythologique qui apparaît dans le roman d’Apulée, les Métamorphoses, épisode probablement inspiré d’un mythe d’origine grec. Les liens entre mythes, exploration de l’âme, psychothérapie et spiritualité ne datent donc pas  d’hier. D’ailleurs, d’où vient le mot spiritualité ? Le mot «esprit» est étymologiquement formée sur la racine latine « spiritus » (dérivé de spirare = souffler), qui signifie «souffle, vent». Sans le souffle ou la respiration, l’être humain ne peut pas vivre. La privation d’oxygène entraine la mort plus vite que celle d’eau ou de nourriture. L’esprit est donc le souffle qui fait vivre, qui anime. Hors âme est bâtie sur le latin « anima » qui a donné animer, animation ou animal. Ce qui a une âme est ce qui est « animé » par la vie, manifesté entre autre par le phénomène respiratoire (souffle). Il existe des nuances dans les définitions de ces termes (âme, psyché, esprit) selon les auteurs, les sources et les écoles philosophiques que je n’aborderais pas ici. Nous retiendrons que globalement psychothérapie et spiritualité ont en commun de s’intéresser au principe de vie, de l’existence et de l’être conscient de soi. Cependant malgré ce but commun, nous ne devons pas les confondre. La spiritualité est une aspiration ou une quête de l’esprit. La psychothérapie une méthode de soin par l’esprit. La nuance peut paraître subtile, pourtant elle est bien réelle et importante. Certains articles des païens contemporains parlent d’ailleurs de « travail sur soi » pour parler de l’initiation, hors ce terme est effectivement propice aux confusions. Un prêtre/une prêtresse païenne ou un(e) chaman(e) n’est pas une psychothérapeute. Cependant certains psychothérapeutes utilisent des techniques parfois dites chamaniques, d’art-thérapie inspirées de techniques et traditions anciennes. Cela n’en fait pas pour autant des officiants de ces cultes et des traditions anciennes.

L’archétype n’est ni une convention, ni un dogme

Dans un désir d’étudier le divin dans son expression polythéiste et ancienne, certains pratiquants contemporains font donc référence à des écrits rédigés par des psychothérapeutes, en plus des travaux des historiens. Car, ils apportent un éclairage différent sur le rapport de l’être humain au divin, qui n’est pas traité par la discipline de l’histoire. C’est ainsi que la notion d’archétype est entrée dans les dialogues, les écrits et les pratiques des païennes du culte de la déesse ou du féminin sacré.

L’archétype est utilisé dans le féminin sacré et le culte de la déesse (divin féminin) comme un outil pour appréhender la manifestation de la divinité en soi et dans ses actes. En ce sens, un païen ou une païenne ne croit pas en un archétype, ce n’est pas un objet de vénération. Il s’agit seulement d’un schéma ou d’un concept élaboré a posteriori par l’étude des mythes anciens, le contenu des rêves des êtres humains et la culture. Par exemple, Déméter est une figure que l’on associe à l’archétype de la mère ou « déesse mère ». Mais, il faut rester conscient que cette conclusion est moderne et contemporaine. Il n’est écrit nulle part dans les écrits grecs de façon littérale : « Déméter est l’archétype de la mère ». C’est notre façon à nous, aujourd’hui au 3éme millénaire, avec le recul, avec l’avancée des sciences de comprendre et d’appréhender cette divinité en l’associant à un concept plus globale. Ce concept est issue de l’observation des divinités et figures mythiques féminines de mère/créatrice (d’un dieu fils, du monde, de la création, de l’humanité ou autres), et qui sont fréquemment associées à la sollicitude, la compassion, la sagesse, la sympathie, l’élévation spirituelle, la croissance et la fertilité. Cet archétype possède aussi aussi une face dite terrifiante, celle de la mère liée à l’obscurité, au monde des morts, aux secrets, à la séduction et au poison. La mère est la pourvoyeuse de vie et de la mort.

Les archétypes sont selon Jung, des éléments de l’inconscient collectif. Et effectivement, leurs traits se retrouvent un peu partout dans le monde, dans différentes cultures et traditions, les rêves, même si ils subsistent aussi des différences. C’est une sorte de fond commun de représentations et de symboles de l’humanité. L’archétype n’est donc pas un dieu, mais un outil, une forme de représentation comparable au symbole. Il est conceptualisé par les êtres humains et il peut aider à comprendre, étudier et soigner le psychisme (esprit, âme…).

Ne pas confondre initiation et thérapie

Ainsi, l’archétype peut aussi être cité et employé (ce n’est pas une obligation) dans le domaine spirituel païen et initiatique pour sa capacité à établir des liens entre les figures divines des cultes anciens, notre quotidien, nous-même et le divin en soi. Il pallie peut-être au manque de sources et de transmissions dans certaines traditions, qui ont été interrompues dans le temps, en fournissant une méthode contemporaine d’approche du divin en soi, transposable dans les démarches initiatiques.  De la même manière, nous voyons des néo-chamanes occidentaux se faire initier chez des chamans amérindiens ou mongoles, pour renouer avec cette pratique et tenter de restaurer les pratiques de leurs traditions ancestrales en s’appuyant sur cette expérience, comme formation de base concrète. Ce qui explique aussi que la notion d’archétype est peu,voir pas utilisée dans les grandes religions (notamment monothéistes) non interrompues dans le temps, qui possèdent encore leur système de transmission, leur clergé, leurs institutions et qui sont plutôt de forme exotériques.  Cet outil ne leur est  d’aucune utilité, même si leurs figures divines et de saints peuvent aussi être reliés à des notions archétypales. Dans le cadre des paganismes renaissants et surtout du culte de la déesse, le/la pratiquant(e) ne soigne pas sa psyché comme dans la psychothérapie avec cet outil. Mais, il l’étudie et l’explore en se reliant aux divinités et mythes de sa tradition.  Le danger demeure dans la confusion possible entre démarche thérapeutique et démarche initiatique. L’archétype d’outil de soin devient support pédagogique. Prenons toujours l’exemple de la mère, ce n’est pas la génitrice au sens seulement biologique du terme, c’est à dire celle qui fait des enfants. Ce serait très réducteur de s’arrêter là et une lecture incomplète de ce qu’englobe comme notions le terme création et l’archétype de la mère. La mère est aussi une femme créatrice. Donc, une femme qui créé son entreprise ou une association, incarne le modèle de la mère, dans le sens de celle qui geste un projet et le met au monde, donc qui créé. Je citerai d’ailleurs un extrait de l’ouvrage « Avec Sekhmet – Médecine, psychothérapie » de Denise Morel (Diane Marnand), page 22 :

« Il n’est nul besoin d’être artiste, écrivain ou inventeur, pour se sentir créateur. Toute réalisation, en effet, devient acte de création, si elle permet de transformer la réalité en quelque chose de nouveau. »

Une vision fermée ?

Certains accusent aussi ceux qui se réfèrent aux archétypes dans le cadre du féminin sacré, de figer la féminité dans des «conventions ». Il est possible que certaines pratiquantes aient une lecture trop au pied de le lettre des archétypes et malheureusement en font effectivement des « conventions », voir même des dogmes incontestables. C’est dommage, mais après tout il y a des extrémistes dans tous les courants, sont-ce à partir d’eux qu’on doit pour autant se faire une idée de ceux-ci ? Je ne crois pas. Les archétypes ne sont pas des conventions et n’ont jamais été conceptualisés dans ce but, ni par Jung, ni par les psychothérapeutes contemporains auteur d’ouvrage sur ce thème. Ils sont beaucoup trop nombreux, et composés de notions généralistes, aux implications larges pour être qualifiés de conventions. Nous venons de le voir avec la mère qui est la créatrice, hors créer peut prendre se manifester de milliers de façons différentes. Cela n’est pas contraignant et ne signifie nullement « faire des enfants ». De même l’archétype de la guerrière n’est pas la femme soldat ou engagée dans l’armée, mais tout simplement une femme capable de dire non et de défendre ses intérêts, s’engager pour une cause, ses proches ou conquérir ce qu’elle désire. Nous pouvons la voir dans une déesse, Artémis ou Sekhmet, ou dans une femme célèbre ayant réellement existé comme Rosa Parks,  Hypathie d’Alexandrie, Jeanne d’Arc ou Dian Fossey.

Un retour aux valeurs des sociétés traditionnelles patriarcales ?

Un autre reproche est d’y voir une façon déguisée de ramener les femmes vers une société plus traditionaliste et paternaliste, en invoquant des modèles de sociétés anciens et patriarcaux. C’est effectivement un danger, venant de certaines idéologies naturalistes et mouvements écologiques, de retour à la nature, que Elisabet Badinter a notamment dénoncé dans son ouvrage polémique « Le conflit : la femme et la mère ». Et les païennes contemporaines devront être vigilantes à ce sujet, afin que leurs croyances ne soient pas instrumentalisées pour les priver des libertés qu’elles ont récemment acquises. Par exemple, toujours avec l’archétype de la mère, être femme signifierai devenir mère et donc obligatoirement être la bonne épouse au foyer, qui fait et élève les enfants (comme beaucoup de femmes de l’antiquité), sans autre perspective d’existence ou de réalisation de soi hors de ce cadre. Là encore, c’est une lecture simpliste et superficiel. Comme nous le venons de le voir précédemment être mère, cela n’a pas qu’un sens biologique et il y a beaucoup de femmes sans enfants qui incarnent à merveille l’archétype de la mère. Elles sont par exemple créatives, attentives aux autres, protectrices avec leurs proches…etc. Une femme n’est pas moins femme qu’une autre, parce qu’elle n’a pas fait d’enfant, et elle peut incarner dans ses activités l’archétype de la mère de bien d’autres manières.

Dans la langue française en parlant d’être l’auteur d’une œuvre ou l’initiateur d’un projet, on parle de « paternité». Par exemple, la paternité de ce projet de construction revient à untel. Personne n’utiliserait maternité pour dire la même chose réalisée par une femme et c’est un défaut de la langue. Ceci signifie bien à quel point la notion de maternité n’est associé qu’à la création biologique parce que trop longtemps l’apanage de la création dans la société a été l’œuvre des hommes. L’archétype de la mère tel qu’étudié dans le féminin sacré par l’école de l’ordre du Lotus ou dans le culte de la déesse, au contraire affirme une maternité créatrice de la femme dans la société, qui se manifeste hors du foyer et autrement que par la procréation.

L’archétype n’est pas une notion mauvaise en soi. Il est un outil qui ne s’avèrera trompeur qu’en fonction de la façon dont il est employé et compris par ceux qui l’utilisent. Il tient donc à celui ou celle, qui le cite où l’emploi de ne pas lui attribuer plus de pouvoir qu’il n’en a. Les archétypes ne sont pas des œillères à se mettre de chaque côté des yeux pour délimiter le monde à une vision de ce qui est correct d’être pour s’épanouir. Dans le cadre du féminin sacré, les archétypes sont nombreux. Et il est fréquent de citer les trois plus connus, souvent liés à la wicca, la jeune fille, la femme mère et la vieille. Cependant, ils en existent bien d’autres déclinaisons. Ce ne sont pas des visions fermées, car certains archétypes partagent parfois des traits communs avec d’autres. Ils comprennent tant de caractéristiques, qu’il y a des milliers de façon d’y être associée dans sa façon d’être.

Article par Besa (Sopdetmuti) ©
Photos illustrant l’article, images libres de droit morguefile.com

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Lexique
Concept : (philosophie) représentation générale et abstraite d’une réalité, une idée générale .
Psychanalyse : exploration et analyse de la vie psychique consciente et inconsciente.

Auteurs cités
- Christine Champougny-Oddoux :
formatrice et psychothérapeute.
- Clarissa Pinkola Estès : américaine d’origine hongroise, diplômée en ethnologie et en psychologie clinique (Ph.D.). Elle est conteuse et psychanalyste.
- Denise Morel : écrivain (master en littérature comparée à l’Université Paris X-Nanterre) et psychothérapeute français (École de Psychologues Praticiens de Paris, et Doctorat à l’Université Paris Descartes). Passionnée d’égyptologie, elle s’est initiée à l’épigraphie égyptienne (institut Khéops de Paris), a fait plusieurs voyages en Egypte, avec comme guide Madeleine Peters-Desteract.
- Elisabeth Badinter : femme de lettres et philosophe féministe française
- Jacques Salomé : psychosociologue et écrivain français, originaire de Toulouse.
- Maud Séjournant : psychothérapeute (Bachelor in Transformational Psychology, Maîtrise en Art Therapy du Southwest College, diplôme avancé d’hypnose ericksonienne du Milton Erickson Institute), coach et écrivain.

Aditi ou Lajja Gauri

Posted By Freya Ixchel on May 3, 2010

Traduction et adaptation par Freya Ixchel de Aditi * Lajja Gauri de Shakti Sadhana

Au premier âge des divinités, l’existence naquit de la non-existence,
Les quartiers du firmament naquirent de Celle qui s’accroupit, les jambes écartées.
La terre est née de Celle qui s’accroupit, les jambes écartées.
Et de la terre, les quartiers du firmament sont nés.

Rig Veda, 10.72.3-4

Devi, en tant qu’Aditi, est aussi connue sous les noms de Lajja Gauria, Adya Shakti, Matangi, Renuka et plusieurs autres. Elle est l’aspect de la Déesse le plus ancien au sein du système religieux complexe que l’on nomme aujourd’hui « Hindouisme ». C’est une déesse ancienne, ancrée dans la préhistoire de l’Inde, originant probablement d’une civilisation néolithique.

Cette mystérieuse déesse, à la tête de lotus, est toujours dépeinte avec les jambes grandes ouvertes et levées de manière à suggérer l’accouchement (la posture adoptée traditionnellement dans les villages indiens) ou une réceptivité sexuelle.

Toujours honorée comme une déesse de la fertilité dans certaines régions rurales d’Inde, c’est entre le 6e et le 12e siècle de notre ère que son culte a grandit prodigieusement; ses images proliféraient en Inde centrale, des figurines de terre cuite sur les autels familiaux aux larges (parfois même grandeur nature) sculptures de pierre décorant richement les temples. À partir du 13e siècle, son culte plonge dans l’obscurité. Les érudits attribuent ce déclin à la montée de l’islamisme et du christianisme et à leur attitude intolérante face aux représentations de nudité et sexualité humaine (en particulier féminine). Une autre plausible est la monté des cultes aux déesses tantriques, qui présentaient les forces créatives et primales du divin féminin de façon plus subtile et abstraite.

Son histoire

Les premières références littéraires à Aditi apparaissent dans le Rig Veda, où on la nomme « Uttanapad », un terme décrivant sa posture. L’éminente érudite en sanskrit Wendy Doniger O’Flaherty identifie cette déesse védique comme le principe féminin de la création ou de l’infinité, en disant :

« Ce mythe de création se concentre sur l’image de la déesse accroupit, les jambes écartées (Uttanapad). Ce terme, souvent utilisé comme un nom propre, désigne une position associée au yoga et à la femme qui accouche. La Déesse Mère est souvent ainsi représentée en sculpture : les pieds étirés vers l’avant, les genous relevés et les jambes bien écartées. »

Sa collère, Carol Radcliffe Bolon, acquiesce, en disant que « la déesse la plus connue sous le nom de Lajja Gauri correspond à la description védique d’Aditi, la Mère des Dieux », mais soulève que les artisans illetrés qui ont façonné ses sculptures et les dévots qui lui vouaient un culte ignoraient probablement son formidable pedigree.

Toutefois, dans ce cas, l’ignorance des interprétations sacerdotales n’était pas un grave handicap : le message visuel de Lajja est abondamment clair. Ses fréquentes juxtapositions avec le Shiva Linga (un symbole phallique du principe divin masculin) et son association avec le lion et le dieu Ganesh suggèrent sans aucun doute qu’elle était considérée comme une manifestation de Devi, plus particulièrement de Parvati, aussi appelée Gauri. Sa grandeur, égale à celle de Shiva, et l’exhibition proéminente de ses seins, suggérant l’aspect nourricier, et de son yoni (vulve, utérus; suggérant le pouvoir créatif et générateur), indiquent qu’elle était probablement le consort du Linga masculin.

Plusieurs mythes existent au sujet de Lajja Gauri, mais les érudits croient qu’ils ne sont pas authentiques et qu’ils sont des tentatives tardives de remplacer les mythes originels et oubliés de la déesse. Plusieurs de ces mythes inclut un Shiva dominant mettant à l’épreuve la modestie de son épouse en la dénudant publiquement, suite à quoi la tête de la déesse tombait ou s’enfonçait dans son corps honteusement, prouvant ainsi sa pureté – et prouvant ainsi que Shiva était à l’origine du nom de la déesse, qui ne correspond pas vraiment à son apparence provocatrice; Lajja Gauri se traduit par Parvati la modeste ou Parvati la honteuse.

Ce sont dans les légendes transmises oralement qui circulent toujours en Inde rurale que l’on peut trouver la véritables signification de son nom. Nous avons vu plus haut qu’elle se nomme parfois Matangi, la Déesse exclue, une forme de Parvati, connue pour ignorée et défier les règles, hiérarchies et conventions de la société. Ailleurs, elle était connue sous le nom de Renuka, une femme exclue de la société et dont la tête fut tranchée par un homme de caste supérieure. Au lieu de mourir, un lotus aurait poussé au lieu de sa tête et elle serait ainsi devenue divine. Ces légendes, qui racontent toutes deux la déification d’une femme exclue, semblent suggérer la vitalité du principe féminin, sa transcendance et sa supériorité ultime sur tout système créé par l’homme qui tenterait de ceontenir ou contrôler le pouvoir créateur féminin.

Son iconographie

Peu importe les origines ultimes de Lajja Gauri, elle est, de toute évidence, une déesse de très bon auspice. Tout à propos d’elle suggère la vie, la créativité et l’abondance. Ses représentations sont presque toujours associées avec des pousses, des chutes d’eau et autres formes d’eau courante, des images symbolisant la vitalité. Son ventre bien rond suggère la grossesse ou la plénitude; son torse était souvent anciennement représenté par un pot, un autre symbole de prospérité et abondance. Sa tête est généralement une fleur de lotus, un puissant symbole réunissant le bient-être matériel et spirituell Il est intéressant de noter que ce sont là des symboles aujourd’hui associés à Lakshmi, la patronne de la plénitude et l’abondance. Les membres de Lajja Gauri se terminent le plus souvent en vignes, l’association ainsi à la créativité et à l’abondance – la sève nourrissante du monde des plantes – tant végétale qu’humaine.

Elle est toujours représentée comme allongée, au niveau des pieds, dans sa posture uttanapad distincte, comme si elle s’élevait de la terre, une manifestation du yoni primordial duquel toute forme de vie naît. En effet, sa posture d’accouchement/sexualité dénote sans ambiguïté un pouvoir fertile et reproducteur. C’est Devi la Créatrice, la Mère de l’Univers, la Force de la nature qui nourrit.

Le défunt érudit David Kinsley, auteur de plusieurs études portant sur la Déesse en Inde, écrivait que l’absence de la tête de Lajja Gauri était voulu, afin que ses dévots se concentrent sur sa fonction cosmogonique de Source dont Tout naît : « des exemples très anciens découverts en Inde de déesses nues accroupies ou avec leurs jambes déployées, dont les caractéristiques iconographiques saisissantes de ces représentations sont leurs organes sexuels, ouvertement exhibés. Ces déesses ont souvent les bras levés au-dessus de leur corps et sont sans visage ou sans tête. Il est fort probable qu’elles sont sans tête dans le but d’attirer l’attention sur leur physiologie, l’emphase étant sur leur vitalité et vigueur sexuelle. »

Une Prêtresse est née!

Posted By Isis Tyära on April 25, 2010

FÉLICITATIONS À MELITTA LYKAEA QUI A ÉTÉ INITIÉE PRÊTRESSE DU LOTUS, PRÊTRESSE D’ARTÉMIS!!!

Le rite a eu lieu ce dimanche le 25 avril 2010 à 11h00 à Montréal et a été initiée en personne par Isis Tyära, accompagnée des trois prêtresses Freya Ixchel, Ishara Labyris et Flidais-Airmeith. Melitta Lykaea a complété le programme d’étude et de pratique de l’École de l’Ordre du Lotus.

Elle est désormais membre officielle de l’Ordre du Lotus!!

Malgré une grande fébrilité et une grande nervosité, le rite fut absolument délicieux, touché par la Déesse.

ELA DEA OREA!

Nornes, tisseuses de vie

Posted By Freya Ixchel on April 1, 2010

LES NORNES, TISSEUSES DE VIE

Au sein d’une mythologie bien ancrée dans la culture dite masculine qu’elle reflète, la vie de tous est tissée par trois femmes que l’on nomme les Nornes. La littérature scandinave se fait souvent avare de détails sur la vie des anciens Germains mais un nombre considérable d’informations au sujet des Nornes peut en être soutiré.

Au tout début, il y a de ça très longtemps, existaient deux déesses suprêmes nommées Orlog et Wyrd. Ces déesses étaient deux aspects de la même chose et possédaient plusieurs points en commun même si elles n’occupaient pas les mêmes fonctions. On pourrait dire que toutes deux étaient les filles du Cosmos.

Orlog était dans un certain sens la grande sœur et avait comme mission d’exécuter le Grand Plan tel que prévu par le cosmos. Son nom se traduit par « loi première », c’est-à-dire la seule loi à laquelle tous les organismes vivants obéissent en harmonie avec le Cosmos. Dans sa fonction, Orlog est la destinée de tous et chacun, elle est le chemin de vie tracé pour nous et s’assure que nous marcherons dans la direction qui est nôtre.

Wyrd, qui pourrait être considérée comme sa petite sœur, nous rappelle que si notre destinée est pré-établie par Orlog et le Cosmos, cela ne veut pas dire que nous ne pouvons pas prendre nos décisions et suivre le chemin qui nous plaît. Wyrd, qui se traduit par « destin » représente les forces et faiblesses qui nous habitent et qui nous permettent de vivre les événements tels que dressés sur notre chemin de vie par Orlog. Wyrd, dans sa sagesse, symbolise donc bien au contraire de la pensée populaire, que nous avons le choix d’agir au meilleur de nous-même dans toutes les situations de notre vie.

Ces deux déesses suprêmes et primitives ont depuis longtemps disparues des cultes païens nordiques et ont été réduites à des concepts qui portent toutefois leurs noms : chacun de nous possédons notre propre Orlog et notre Wyrd, concepts qui ont désormais les mêmes fonctions que ces déesses primitives.

Dans la littérature germanique, seule Wyrd y apparaît et l’on fait mention qu’elle est la mère des Nornes (nous verrons plus bas pourquoi) qui furent engendrées par on ne sait quel miracle ni par quel dieu ou autre entité. Par conséquent, on peut dire que les Nornes sont devenues l’extension des déesses Orlog et Wyrd et que leurs rôles reviennent à effectuer les tâches de leurs ancêtres. D’ailleurs, un des surnoms des Nornes est « Les Sœurs Wyrd ».

Ces trois femmes sont elles-mêmes témoins des générations passées, présentes et futures puisqu’elles appartiennent toutes trois à une période temporelle différente.

Urd, la plus vieille, est décrite comme une vieille femme et symbolise le passé et « Ce Qui A Été ». Le nom d’Urd est à l’origine de la croyance que Wyrd est la mère des Nornes puisque que les mots Wyrd et Urd sont issus de la même racine, Urd étant une forme plus récente de Wyrd. Il s’agit donc là de la même divinité qui s’est probablement dédoublée et à laquelle on a donnée deux sœurs pour représenté le concept du Temps.

Urd symbolise bien évidemment les actions et non-actions (les actions que nous n’avons pas faites) passées qui provoqueront un résultat à un moment donné dans nos vies. Elle nous indique que notre vie est tracée entre autre par les choix que nous faisons.

Verdandi, la seconde, est décrite comme une femme d’âge moyen et symbolise le présent et « Ce Qui Est ». Verdandi représente directement les résultats de nos actions passées (engendrées par Urd). Elle est la force qui symbolise nos choix, actions et non-actions du passé, c’est-à-dire le passé qui devient le présent.

Elle symbolise tout ce que nous avons accomplit et les matérialise physiquement, émotionnellement, mentalement et spirituellement dans notre présent. Le présent dure un bref instant, glissant rapidement de nos doigts vers l’inconnu et imprédictible futur.

Enfin, Skuld, la dernière est décrite comme une jeune fille et symbolise le futur et « Ce Qui Sera ». Skuld représente aussi un large éventail de concept : la nécessité (le besoin), le futur, la culpabilité et la dette. Elle est assurément la Norne la plus énigmatique et celle à s’attirer le plus d’attention, témoin de la curiosité de l’homme envers son avenir.

Puisque nous sommes contrôlés par l’élément physique du temps et que ce dernier est linéaire, notre présent se doit d’évoluer dans les mains de Skuld vers le futur. Elle représente ce qui PEUT arriver en résultat de nos choix passés et présents. Le futur par contre reste changeable pour le mieux et même les meilleurs et pires choix du passé ne résultent pas obligatoirement en un mauvais futur; les choix du présent peuvent surpassés ceux du passé et favoriser le résultat. Symbole de cette possibilité toujours présente, Skuld est toujours représentée le visage voilé et tenant un parchemin dans ses mains.

Attardons-nous maintenant sur le concept de culpabilité et de dette. Notre vie dépend de la mort de d’autres créatures et plantes, par lesquels nous nous nourrissons. C’est là qu’entre en ligne de compte la culpabilité puisque nous devons détruire pour vivre. La seule manière de payer notre dette est par notre propre mort. À ce moment venu, nous nourrirons à notre tour une autre espèce et le cycle de la vie continuera sa grande spirale.

Ce trio féminin de tous les âges est représenté au sein de plusieurs croyances païennes et néo-païennes sous les attributs de Vierge (Jeune Fille), Mère et Sage (Vieille-Femme-la-mort). Les traits de la Vierge-Jeune-Fille sont pris par Skuld, Verdandi est la mère et Urd est la Sage-Vieille-Femme.

Dans la mythologie gréco-romaine, les Parques et les Moires, consoeurs des Nornes, sont souvent représentées avec une bobine de fil à la main : la plus vieille tient ladite bobine, la seconde déroule le fil et la dernière le coupe. Les Nornes et leurs sœurs sont littéralement des « tisseuses de vie ».

Puisque intimement liées au cycle de vie et de mort, il n’est guère surprenant d’apprendre que Urd, Verdandi et Skuld résident au pied de l’Arbre-du-Monde, Yggdrasil. Une de leur tâche consiste à entretenir l’Arbre afin de s’assurer de sa bonne santé, en enduisant ses racines de boue faite d’eau sacrée et de terre. Cette pâte guérisseuse lutte contre la pourriture et les blessures infligées par les quelques animaux qui broutent l’herbe verdoyante et les racines de l’Arbre.

Yggdrasil possède trois sources auxquelles viennent s’abreuver ses racines, une de ces sources se nomment Urd, d’après la Norne du même nom. C’est là que les dieux se réunissent à tous les jours pour tenir leur conseil.

D’un point de vue général, les Nornes sont parfois considérées comme des fées ou des êtres surnaturels qui ont comme mission de protéger les membres d’une famille.

Sous ces traits, ces femmes apparaissent comme des « Disir », femmes âgées décédées qui deviennent des entités protectrices. Ces femmes-esprits avaient entre autre la mission d’assister les femmes en couche.

Nous avons vu que les Nornes sont des êtres beaucoup plus vieux que les dieux eux-mêmes et qu’elles résidaient près d’un puits où les dieux viennent quérir conseil et aide. On peut en déduire que les Nornes exercent leur rôle de Disir face aux dieux.

La boîte de Frank, 7ème siècle, faite d’os de baleines. On ne sait pas encore avec exactitude à quoi a pu servir cette boîte. Les trois personnages de droite sont dit être les Nornes.

On associe aussi les Nornes aux Valkyries, ces féroces guerrières qui accompagnent Freyja et Odin sur les champs de bataille. D’ailleurs, Skuld, la plus jeune des Nornes est listée dans les textes anciens comme une Valkyrie qui prend part aux guerres, accomplissant sa fonction de « tisseuse de vie ».

Le mythe des Valkyries est intimement lié aux divinités Odin et Freyja dans leur fonction de divinité de la mort où elles choisissent les héros qui tomberont morts; les Valkyries ont comme rôle d’accomplir la volonté d’Odin et de Freyja et d’accompagner les héros morts à un des deux palais (soit le palais de Valhalla pour ceux qui iront avec Odin ou le palais de Sessrumnir pour ceux qui accompagnent Freyja).

On peut donc qualifier les Valkyries de psychopompes, rôle qui se rapproche grandement des fonctions accomplies par les Nornes et même par certaines Disir.

Toutes ces associations nous laissent croire qu’il existe bien plus des trois Nornes Urd, Verdandi et Skuld.Certaines légendes rapportent qu’il existait trois familles de Nornes : les unes étaient divines (probablement la famille de Urd, Verdandi et Skuld), les secondes étaient de descendance elfique et enfin les troisièmes étaient les filles Dvalin le nain.

Leur surnom « tisseuses de vie » est influencé par la mythologie gréco-romaine puisqu’il n’existe dans la mythologie nordique aucune référence à « femmes qui tissent », on les surnomme plutôt « femmes qui écrivent ». Il était donc coutume jadis de les représenter armées de tablettes de bois où ils inscrivaient le destin des hommes.

On raconte aussi que les Nornes sont des Prophétesses, que pour déchiffrer le destin des hommes, elles gravent des runes et ont recours à la divination. Elles sont donc ces « femmes qui prophétisent ». Ceci est un fait très intéressant puisque les runes sont généralement associées à Odin et à l’épisode où ce dernier se suspend à Yggdrasil. Si les Nornes sont également liées aux runes, il est fort possible qu’elles en aillent percer les secrets bien avant Odin et peut-être sont-elles liées intimement au mystères des glyphes sacrés.

Ilmatar

Posted By Freya Ixchel on March 14, 2010

ILMATAR
par Freya Ixchel

Autre nom : Luonnotar
Attributs : fertilité, déesse des vents

Au commencement, il n’existait qu’Ilmatar, le néant, et beaucoup de vent. Ilmatar était lasse et seule, elle désirait un fils. Elle en désirait un si fort que le Vent de l’Est la prit en pitié et ensemble, ils conçurent un fils, nommé Vainamoinen.

Vainamoinen met beaucoup de temps à sortir du ventre de sa mère. Certaines légendes parlent de 30 ans, d’autres parlent de plusieurs siècles! Ilmatar se faisait de plus en plus impatiente!

Un jour, elle aperçut un oiseau qui volait dans le ciel. Celui-ci était une femelle enceinte et prête à pondre. Ilmatar leva son genou et l’oiseau vint s’y poser en laissant tomber quelques oeufs, dont un fait de fer. L’oiseau ramassa les oeufs sous elle et les couva.

Bientôt, la jambe d’Ilmatar la fit souffrir, aussi voulu-t-elle bouger, sans toutefois réveiller l’oiseau ni faire tomber les oeufs. Elle bougea avec précaution, mais les oeufs tombèrent malheureusement dans la mer.

Dès qu’ils touchèrent l’eau, les oeufs craquèrent et déversèrent leur précieux liquide. Le tout se solidifia et forma la Terre et le Ciel. Un jaune d’oeuf se retrouva dans le ciel et devint Paivatar, le Soleil, tandis que le blanc d’oeuf devint Kuu, la lune. Les étoiles furent formées par les éclats de coquille. L’oeuf de fer devint un énorme nuage plein d’éclairs.

Ilmatar fut ravie de cet événement et prit plaisir à façonner les mondes. À ce moment, elle sentit Vainamoinen bouger en elle. Il finit par ramper à l’extérieur du ventre de sa mère et en sortir sous les traits d’un vieillard!

Ilmatar est aussi la déesse des vents et de l’sair. On la célèbre le 26 août.