La dimension initiatique et mystique de la Déesse

Posted By Isis Tyära on March 9, 2010

La dimension initiatique et mystique de la Déesse

Il n’y a jamais eu de religion concrète créée à partir des enseignements de la Déesse. Ce qu’il y a eu, et l’histoire nous le confirme, sont des cultes à mystères organisés autour d’une déesse (ou deux) comme les Mystères d’Éleusis guidés par les déesses Déméter et sa fille Perséphone, comme le culte gréco-romain de la déesse Isis ou comme le culte de Kali dans certaines régions de l’Inde qui existe encore de nos jours. Il y a eu, bien entendu, le culte de la Terre-Mère préhistorique dont les traces existent encore en Crète, en Inde, en Europe, autour de la Méditerranée et en Amérique. Même les groupes et sociétés occultes comme la Rose-Croix et la Franc-Maçonnerie ont participé à la continuité de la présence du Féminin Sacré en perpétuant les enseignements de la Déesse. De nos jours, c’est surtout grâce à la Wicca et au Néo-Paganisme que ses enseignements reviennent et regagnent en popularité, cette fois-ci sous la forme d’un culte à la Grande Déesse honorée sous tous ses visages, la Déesse aux 10 000 noms. Le Néo-Paganisme a d’ailleurs merveilleusement bien contribué à l’émergence de la croyance que toutes les déesses sont les visages de la Grande Déesse, un peu comme dans le tantrisme où toutes les Shaktis sont en fait LA Shakti.

Tout ceci laisse croire une chose importante : la création d’une religion, d’un système dogmatique, autour de la croyance en l’existence de la Déesse est difficile voir impossible. Des traditions, des écoles de pensée, des cercles se créent et se forment, mais seule l’idée d’un système dogmatique greffé autour de la Déesse est un non-sens et la raison est simple : l’initiation aux mystères de la Déesse se fait solitairement. Ceci ne remet pas en question le rôle des enseignantes ou des initiatrices aux mystères de la Déesse car leur rôle est utile : elles aident les adeptes à reconnaître le voile de la déesse. Toutefois, et c’est là que réside l’essence même de la quête mystique de la Déesse, les adeptes devront soulever elles-mêmes le voile des mystères de la Déesse.

La « religion », ou disons, ce qu’est devenu la religion, colle difficilement à la philosophie du Féminin Sacré. Les femmes en quête de leur spiritualité et de leur Sacré ne recherchent pas un système rigoureux dans lequel une vérité construite est offerte; ces femmes sont justement en QUÊTE. Le Féminin Sacré ou la Voie de la Déesse offre aux femmes (et aux hommes) la connaissance de soi, la sagesse, la mystique et l’union avec le Divin dans son essence féminine. Rechercher la Déesse est une quête mystique qui mène vers une initiation sacrée qui se vit à travers une relation très intime avec Elle.

Reproduction par W. A. Bouguereau

La Terre-Mère des landes du nord

Posted By Freya Ixchel on February 9, 2010

LA TERRE-MÈRE DES LANDES DU NORD
par Freya Ixchel

La Terre-Mère des Nordiques revêt plusieurs capes, que ce soit une cape de neige ou une cape de verdure printanière. Selon les régions et les époques, elle voyage, change de nom, d’aspect et d’âge. Même sa provenance varie, de même que sa descendance et ses relations avec les autres divinités.

La multitude de Terre-Mères que l’on retrouve dans les landes du Nord s’explique entre autre par les différents groupes de divinités qui se sont fréquentés et dont j’ai parlé dans mon précédent article, à savoir, les Vanir et les Aesir.

À l’image des deux familles divines, on peut classer les Terres Mères en deux catégories : les déesses de la fertilité et les entités qui incarnent la Terre. Dans cette deuxième catégorie, on pensera à Jord ou à Fjorgynn dont il a été question dans le numéro précédent et dont le corps physique représente la Terre. On peut comparer ces deux catégories aux divinités « terres-mères » grecques : alors que Gaïa est la terre élémentale et physique, Déméter est une déesse de la fertilité qui nous fournit nourriture par la Terre.

Une bonne partie du temps, ces entités élémentales sont des géantes (Jord, Gerd) et cela nous mène sur une piste intéressante puisque l’on peut faire un lien avec Ymir, qui donna naissance à la race des géants. En effet, bien que d’essence masculine, c’est par la transpiration de ses aisselles que le géant Ymir donne naissance à ses enfants. C’est d’ailleurs avec son corps qu’Odin et ses frères ont façonné la Terre : son sang devint l’eau, ses os devinrent les montagnes, ses cheveux devinrent les arbres et l’herbe. Aussi, certaines théories laissent supposer qu’à l’origine Ymir aurait été une entité féminine.

On retrouve chez les couples divins, une recherche d’équilibre et un besoin de se compléter. Ainsi, le dieu de la fertilité Freyr épouse la géante Gerd, représentation de la fertilité du sol. On peut également songer au couple Frigg-Odin, où Odin représente le Père-Ciel et Frigg la Terre-Mère.

La déesse Nerthus

Comme Tacite est le seul à avoir rapporté des vestiges de la déesse Nerthus dans son recueil intitulé Germanie, en l’an 98 de notre ère, les informations à son sujet sont bien minces.

Dans son recueil, Tacite nous apprend que les Vanir nommaient Nerthus “Terre Mère”. Elle habitait une île où seuls ses prêtres avaient accès. Trônait sur l’île un chariot dans lequel on plaçait en permanence une statue de la déesse. Chaque année, la déesse venait habiter la statue et le chariot, tiré par des boeufs – animal associé à la fertilité -, et faisait le tour des tribus qui lui offraient cadeaux et sacrifices. Une fois la procession terminée, le chariot et la statue retournaient sur l’île, où les prêtres procédaient à la purification de la statue, avant d’être sacrifiés en l’honneur de la déesse.

Voilà tout ce que l’on sait d’elle. L’archéologie nous fournit toutefois des preuves de son culte. On a retrouvé des momies entourées de tourbe, sacrifiées en l’honneur de la déesse pour quérir la fertilité du sol. On pense que ces gens étaient sacrifiés lors de grandes famines.

Frigg et Holda : deux déesses, un mythe

Le mythe de la déesse Frigg est principalement connu dans les îles scandinaves, alors que celui d’Holda (ou Holle) est plutôt continental. Ces deux déesses possèdent une multitude de chose et d’aspect en commun. On dit qu’elles sont toutes deux La Reine des Cieux, qu’elles veillent sur les enfants, sur le mariage et qu’elles maîtrisent le filage du lin et par conséquent le filage du Wyrd. Certaines autres sources affirment qu’elles sont également toutes deux épouses d’Odin, mais cette présomption ne fait pas l’unanimité au sujet de Holda, qui serait une des rares déesses avec qui Odin n’a pas eu d’aventures.

Alors que Frigg est considérée comme la Bonne Déesse, Holda pourrait être considérée comme la Déesse Sauvage. En effet, cette dernière ne tolère pas la paresse et la cruauté et punit presque avec un plaisir évident tous ceux qui ne terminent pas leurs travaux de filage et qui ne participent pas à l’entretien de leur maisonnée.

Holda est associée à l’hiver et l’on peut croire que ceci est dû au fait que pendant l’hiver, le filage était l’activité la plus commune. Elle porte sur ses épaules une cape faite de plumes qui s’échappent au vent et tombent en neige sur le sol. Dans certaines régions d’Europe du Nord, comme en Allemagne et en Hollande (qui doit d’ailleurs son nom à la déesse!), lorsqu’il neige, on dit qu’Holda est en train de faire son lit, une tâche domestique quotidienne qui rappelle la déesse.

Bien que cette théorie ne soit pas communément acceptée, on associe également Holda à celle qui accompagne Odin lors de la Chasse Sauvage dont il a également été question dans le numéro précédent. Alors que certains croient qu’il s’agit de Frigg, d’autres croient plutôt qu’il s’agit de Freyja et enfin, d’autres y voit là Holda, puisque la nature de la Chasse Sauvage sied comme un gant à la nature plus intransigeante de Holda.

Alors que la Chasse Sauvage d’Odin concerne les animaux, celle de Holda concerne les enfants en très bas âge. Elle s’entoure d’âmes d’enfants pas encore nés ou de ceux qui sont morts. Au Moyen-Âge, le mythe de la Chasse Sauvage fut transformé par les croyances en une Nuit des Sorcières (Walpurgis) et l’on croyait que la déesse Holda venait quérir les poupons qui n’avaient pas encore été baptisés pour les offrir aux anciens dieux païens en guise de sacrifice. Cette fête, qui tombe le 30 avril, marque le passage de l’hiver au printemps. Intéressant d’y voir un lien avec Holda, qui, comme on l’a vu plus haut, est associée à l’hiver.

On dit également que Holda est la déesse des sorcières. Les chrétiens décrivaient Holda comme une femme très laide et démoniaque. Des présomptions laissent croire que le mythe de Holda aurait pu se rendre jusqu’en Italie où elle aurait porté le nom d’Herodias, soit un des noms d’Aradia, fille mythique de la déesse Diane, elle-même considérée comme la déesse des sorcières. Diane, équivalent romain de la déesse grecque Artémis, qui est la déesse des animaux et de tout ce qui est sauvage et libre, ce qui n’est pas sans rappeler la nature sauvage de Holda.

Lorsque l’on parle de Holda, on met souvent l’emphase sur ses cheveux qui sont de nature folle. Lorsqu’elle prend part à la Chasse Sauvage, elle est décrite comme laissant ses cheveux libres pour s’en servir comme fouet. L’expression allemande “être emporté par Holda” décrit une chevelure non coiffée et en désordre. Cette importance attardée aux cheveux peut nous rappeler la chevelure du géant Ymir qui fut transformée en herbe et en arbres lorsque le géant fut assassiné.

Parmi les trouvailles archéologiques associées à Frigg, on a retrouvé de nombreux items utiles à la coiffure et la déesse est souvent dépeinte comme filant à partir de sa propre chevelure. On pourrait donc en déduire que la déesse file le Wyrd à partir la Terre – ses cheveux.

De plus, Holda est aussi associée à plusieurs phénomènes naturels, tels que la neige qui est le résultat des plumes de sa cape tombant sur le sol. On croit également que le brouillard est causé par la fumée qui s’échappe de sa cheminée, que la pluie tombait parce que c’était “la journée de lavage de Holda” et qu’on entendait le tonnerre lorsqu’elle filait. D’ailleurs, ici on peut faire un autre lien assez intéressant, puisque Thor, dieu du tonnerre et de l’éclair est dit être le fils de Jord, une Terre-Mère.

Comme pour Nerthus, les informations à propos de Frigg se font également rares et minces. En étudiant les différents mythes reliés à Holda et en la comparant à Frigg, on arrive à connaître cette dernière un peu mieux. Le culte de Holda est peut-être le culte nordique le plus propagé et ce, d’une manière bien subtile. Des traces d’elle peuvent être retrouvées dans une multitude de légendes et d’histoires folkloriques. Je terminerai d’ailleurs cet article en vous invitant à lire un conte qui, bien que nordique d’origine, est assez bien connu sous diverses variantes.

Mère Holle et les deux jeunes filles

Une veuve avait à sa charge deux jeunes filles. L’une d’elles, sa fille, était laide et paresseuse, tandis que la deuxième, sa belle-fille, était très belle et responsable. La femme prodiguait beaucoup de temps, d’amour et de cadeaux à sa fille, mais elle détestait sa belle-fille. Elle la forçait à s’occuper des tâches ménagères et quand elle avait terminé, elle lui faisait filer du lin.

Lorsque la jeune fille filait le lin, elle était assise près d’un puits dans la cours. Elle filait pendant si longtemps que ses doigts saignaient. Comme elle avait de l’eau près d’elle, elle pouvait laver le sang de ses doigts et son fuseau et rapidement retourner au travail. Un jour, quand son fuseau fut couvert de sang, la jeune fille le trempa dans le puits mais il s’échappa de ses doigts par mégarde et tomba dans l’eau. Sous le choc, la jeune fille le regarda couler dans les profondeurs du puits. La pauvre jeune fille était mortifiée devant ce qu’elle venait de faire et couru immédiatement à la maison pour prévenir sa belle-mère.

Furieuse, sa belle-mère lui ordonna d’aller sur le champ récupérer le fuseau dans le puits, peu importe les conséquences. La jeune fille retourna tranquillement jusqu’au puits, pensant à toutes sortes de façons de retrouver le fuseau. Elle avait beau songer, elle ne pouvait penser à aucune façon où elle n’avait pas à sauter dans le puits après le fuseau.

C’était une proposition qui la terrifiait, mais la belle jeune fille était brave, elle se tint donc sur le rebord du puits, ferma les yeux et sauta dans l’eau. Le puits était très profond et la jeune fille ne pu retenir son air assez longtemps pour toucher le fond. Elle tenta du mieux qu’elle pu mais bientôt elle n’eut plus d’air et se noya.

Soudainement, elle se réveilla de son sommeil de mort et regarda autour d’elle, émerveillée de se retrouver dans une prairie magnifique où le soleil brillait et des milliers de fleurs poussaient. Elle se promena dans la prairie pour arriver à un four dans lequel elle trouva un pain. Le pain, qui avait terminé de cuir, criait à tue-tête : “Oh! Sortez-moi! Ou alors je brûlerai! Cela fait si longtemps que je cuis!” Alors la jeune fille prit le pain dans le four et le sortit et continua son chemin.

Elle trouva un grand pommier plein de pommes qui l’interpella : “Oh! Secouez-moi, secouez-moi! Mes pommes sont mûres!” Alors la jeune fille secoua l’arbre jusqu’à ce que les pommes tombent comme la pluie sur le sol. Elle les empila et puis s’en alla.

Enfin, son chemin la mena à une petite maison où une vieille femme l’épiait à travers sa fenêtre. Comme la vieille avait les dents très grosses, la jeune fille fut terrorisée et s’apprêtait à courir très loin lorsque la vieille l’appela : “De quoi as-tu peur mon enfant? Reste avec moi et occupe-toi de l’entretien de ma maison, tu seras la meilleure. Seule toi peux faire mon lit comme il le faut et secouer la couette pour faire voler les plumes et ainsi faire tomber la neige sur la terre. Je suis Mère Holle.”

La vieille femme lui parla tout doucement et la jeune fille trouva le courage d’accéder à sa requête. Elle accepta d’être à son service et de s’occuper de la maisonnette. Elle remplit avec satisfaction tous les besoins de sa maîtresse. Elle secouait sa couette si vigoureusement que les plumes s’envolaient comme des flocons de neige. La jeune fille était heureuse avec la vieille femme.

Elle demeura longtemps avec Mère Holle et un jour, elle devint triste, sa maison lui manquait, même si elle était cent fois plus heureuse avec Mère Holle. Un jour enfin, elle se risqua à parler à Mère Holle de son chagrin : «Je m’ennuie de ma maison et même si j’aime être ici, je ne peux plus rester plus longtemps. Je dois retourner auprès des miens.” Mère Holle lui répondit : “Je suis très contente que tu t’ennuies de ta maison et comme tu m’as bien servi, je te renverrai chez toi.”

La vieille femme prit la jeune fille par la main et la mena à une large porte ouverte. Comme la jeune fille se tint dans l’embrasure de la porte, une forte pluie d’or tomba sur elle, la recouvrant complètement.

“Garde cet or en récompense de tes efforts”, lui dit Mère Holle en lui remettant le fuseau qu’elle avait précédemment échappé dans le puits. La porte se referma et la jeune fille se retrouva sur la terre, pas très loin de la maison de sa belle-mère.

Quand elle entra dans la cour, un coq qui se tenait près du puits l’aperçut et chanta :

“Coq-o-ricoo!
La jeune fille revient couverte d’or!”

Puis la jeune fille alla retrouver sa belle-mère et sa fille et comme elle était couverte d’or, elle fut bien reçue. Elle leur raconta tout ce qui lui était arrivé et quand sa belle-mère sut comment la jeune fille avait obtenu autant de richesses, elle voulut en obtenir autant pour sa fille laide et paresseuse.

Pour satisfaire l’avidité de sa mère, la laide et paresseuse jeune fille dû filer à son tour le lin près du puits. Pour couvrir le fuseau de sang, elle fourra la main dans un rosier épineux et le sang perla de ses doigts. Elle jeta ensuite le fuseau dans le puits et sauta derrière pour le rattraper.

Elle atterrit comme l’autre, dans la magnifique prairie et suivit le même chemin. Quand elle fut arrivée au four, le pain cria : ” Oh! Sortez-moi! Ou alors je brûlerai! Cela fait si longtemps que je cuis!” Mais la paresseuse jeune fille répondit : “Comme si j’avais envie de me salir?” et continua son chemin. Bientôt, elle passa par l’arbre aux pommes qui cria : “Oh! Secouez-moi, secouez-moi! Mes pommes sont mûres!” Mais elle répondit : “Non! Une de vos pommes pourraient me tomber sur la tête!” et continua son chemin.

Quand elle arriva à la maison de Mère Holle, elle n’était pas effrayée, puisqu’elle avait entendu parler de ses très grosses dents. Elle proposa ses services immédiatement et Mère Holle la prit.

Le premier jour, la laide et paresseuse jeune fille se força à travailler avec diligence et obéit aux moindres demandes de Mère Holle, songeant à tout l’or qu’elle se ferait offrir. Mais le deuxième jour, son ardeur à la tâche ralentit et le troisième jour encore plus et puis un jour, elle ne voulut plus se lever le matin.

Elle ne faisait plus le lit de Mère Holle et elle ne secouait plus la couette pour faire voler les plumes. Mère Holle en eut bientôt assez et lui demanda de partir. La laide et paresseuse jeune fille était plus que contente de partir et pensa qu’elle allait maintenant recevoir son or. Mère Holle la conduisit devant la même large porte ouverte mais alors que la laide jeune fille se tenait dans l’embrasure de la porte, un grand seau de poix se déversa sur elle. “Garde ceci pour tes services”, lui dit Mère Holle avant de refermer la porte.

Alors la laide et paresseuse jeune fille s’en retourna chez elle et le coq, près du puits, lorsqu’il la vit recouverte de poix, chanta :

“Coq-o-ricoo!
La jeune fille revient couverte de poix!

Mais la poix l’emprisonna sur place et elle ne bougea jamais plus de son vivant.

Par Jacob Grimm

Dana: Mère Terre Culte

Posted By Flidais_Airmeith on February 9, 2010

DANA : MÈRE TERRE CULTE
par Flidais-Airmeith

Elle est l’équivalent celtique de la très populaire Gaïa. À elle seule, elle représente plusieurs aspects des deux déesses terrestres Gaïa et Déméter. Elle est la mère des dieux et des humains, le « peuple de la déesse Dana » ou « Tribu de la déesse Dana », les Thuatha de Danann portent encore et toujours son nom. Elle peut être Dana, Danu, Ana, Anna, Anu, Dôn. Pourtant, personnellement, je trouve qu’on ne lui fait pas autant de place qu’à certains autres dieux et déesses. Moins connue, il me semble, que son célèbre père Dagda. Moins en avant scène que plusieurs de ses consoeurs et filles. On a qu’à penser à quel point Brighid, La Morrighane ou Rhiannon sont populaires et connues. Peut-être est-ce bien ainsi, peut-être que la Grande Mère Divine des Celtes n’a pas besoin en effet de tous ces hommages et cette reconnaissance. Pourtant, il me vient l’envie de parler un peu de cette déesse que j’affectionne particulièrement.

Et qui parle de Déesse Mère, ne peut pas en parler sans effleurer le concept du mythe de la Création, ainsi que l’égal et complice masculin d’une telle Déesse. Ce sera aussi traité un peu en fin d’article.

Ses différents noms et visages
(autres noms et liens avec d’autres déités)

Qu’elle soit le visage maternel d’une triple entité féminine, je ne doute pas. On fait souvent l’association Brighid-Dana-Morrighane. Cela fait du sens. Pourtant, elle est à elle seule, la Déesse Mère. Déesse Mère de la terre d’Irlande, mais elle EST la Terre. Elle est la mère de toute vie, autant chez les dieux que chez les humains. Son nom est si ancien, qu’on en a oublié d’où il vient; quoiqu’il existe quelques pistes, quelques liens. De ceux qui la relie à la Diane des romains, à cette Sainte-Anne, mère de la Vierge Marie, mère de Jésus. Les déesses celtes sont nombreuses à avoir été avilies ou réduites au statut de sainte, selon ce qui arrangeait les « romanciers » qui ont réécrit l’histoire biblique de Jésus.

Ces changements d’attitude et de comportement ont largement influencé le démantèlement du culte de la Déesse. Désillusionnées et meurtries, les femmes se réconfortèrent en trouvant dans la Déesse un aspect qui leur donnait courage. Les jeunes filles s’associaient à Freyja; les femmes adultes et les mères étaient attirées vers Frigg; les femmes plus âgées ou les femmes téméraires et colériques se tournaient vers la féroce Skadi ou vers les Valkyries, celles qui ne peuvent être conquises.

Dana, cette grande divinité irlandaise, mère mythique de la dernière génération des dieux (dans les mythes, légendes et contes qui nous sont parvenus) qui régnèrent sur l’Irlande; les Tuatha de Danann, a laissé son nom à des rivières et aux collines jumelles nommées « Dé Chich Anann » (les seins d’Anu). Aujourd’hui, elles s’y rapportent encore en étant connues comme « The Paps » et elles dominent une vallée à une vingtaine de kilomètres à l’est de Killarney. Pour les Gallois, elle avait comme équivalent de Dôn (fille de Mathonwy, soeur de Math et épouse de Béli. Mère de nombreux dieux, dont entre autres : Arianrhod, Amaethon, Govannon, Gwydyon, Gilvaethwy et Nudd.) et chez les Gaulois, elle avait comme équivalent la pourvoyeuse et maternelle Nantosuelta. On peut cependant croire sans mal, que Dana, Ana, Dôn ou Anu fut pour les peuples et tribus celtiques, la plus ancienne représentation de la Déesse Mère et que tous la vénéraient comme telle. La Dana des Irlandais aurait eu pour époux, selon certaines sources, le dieu Fomore Bress.

Portait de la Grande Mère

Elle incarne la fertilité et la richesse de la Nature; étant souvent associée à des animaux ou des nourrissons (déesse d’abondance, on la compare parfois à Déméter ou Gaïa). Elle était grande protectrice des enfants et de la famille. S’il existe en Irlande et comme dans les autres pays celtes, de nombreuses déesses mères, (par exemple; Eria – l’Irlande-, Bamba et Fotla, trois autres déesses de la Terre), Dana est à part. Elle incarne la Terre – l’Irlande – mais aussi, la Terre Mère entière et vivante et elle est la mère de toute vie. Elle demeure le reflet perdu et oublié de cette femme celte des sociétés celtiques. Elle qui a laissé son nom à une tribu de dieux, démontre encore que chez les Celtes, certains dieux et certains hommes étaient nommés par ascendance maternelle. Elle n’est pas simplement une déesse mère fertile et reproductrice; c’est une femme et une mère forte de se connaître et d’être douée du pouvoir de donner la Vie. Et ce, aux dieux comme aux hommes. Elle est à l’image des femmes celtes qui étaient loin d’être de simples reproductrices comme ce fut le cas chez les chrétiens. Dana est une trace subtile, silencieuse et pourtant encore présente, d’un matriarcat qui a sans aucun doute teinté la société irlandaise au temps des Celtes. On peut facilement supposer, bien qu’on ne doive pas prêter aux anciens des sentiments qui nous sont contemporains (tel le féminisme), que la place des Celtes au féminin était liée à celle des déesses de la mythologie celtique. Dans un esprit d’égalité et d’équilibre, que nous avons malheureusement perdu, et que nous avons encore bien du mal à retrouver. Tout comme nous avons perdu la trace de cette Dana, grande mère terre, qui a tant à dire encore aux femmes et mères d’aujourd’hui, mais que l’on a effacée et rendue muette. La confinant tout au plus dans le rôle de la mère effacée et aux origines pleines d’ombres de la glorieuse Vierge Marie. Il reste si peu de Dana! Pourtant, on peut encore l’entendre et la rencontrer… On a voulu la faire taire et la faire disparaître, la travestir et la déguiser… Mais elle a laissé plusieurs traces pour celui/celle qui désire vraiment la retrouver. De son nom laissé à une tribu de dieux ou aux rivières et collines. Du fond des âges, elle chante et nous berce encore.

Symbolisme, facettes et liens

Ses animaux sont : la grue, l’aigle, le corbeau (rappel d’un lien avec La Morrighane avec laquelle elle est parfois liée dans le concept de triple déesse). Qu’elle soit la Mère que devient la Brighid, fille/femme-fleur d’Imbolc, et/ou le côté maternel de la sombre Morrighane, cette déesse mère est symbole d’abondance. Elle a été jeune et lumineuse comme Brighid, elle donne la vie et Morrighane la reprend. C’est le cycle de la vie-mort-vie, entre les mains de déesses distinctes mais complémentaires/complices, à la fois trois et une. Ses prêtresses étaient à la fois celles qui accueillaient la vie (des sages-femmes) que celles qui accompagnaient la mort (s’occupant de rites funèbres). Les feux sont allumés pour elle au milieu de l’été. Elle est liée à la célébration du solstice d’été. Elle est la gardienne des ventres ronds, des jeunes vies. Elle est prospérité, chaleur et réconfort. C’est une mère; c’est la Mère de toutes les mères, point.

Elle est l’une des plus antiques déesses celtes. Dana est la mère des Tuatha de Danann, qui plus tard, ont été réduit aux Daoine Sidhe : les « Gens du Sidhe » ou « Habitants du Sidhe », de l’Irlande. Elle a été priée, vénérée et célébrée en tant que mère des dieux, qui est au-delà de tous autres dieux de ce monde.

Le nom de Dana signifie sagesse ou enseignante, ou bien, selon le mot anglais don (relié à la déesse Dôn qui est aussi Dana) ou donation, qui tirent leurs racines du mot donner. Elle est la Mère des enfants de la tribu de Dana. De nos jours, les irlandais de par leur vénération de la bonne Ste-Brigitte, rendent hommage à la mère divine (Dana) du peuple dont ils ont fait désormais, la mère du petit peuple – ou peuple des fées- invisible, de l’Irlande moderne. La mythologie et la littérature de l’ancienne Irlande, portée jusqu’à nos jours, ont fidèlement préservé une image claire de la Tuatha de Danann et de leur Déesse et Mère. Son nom est souvent associé au Danube. Il y a également des spéculations quant au fait que, dans la période Proto-Celtique, le nom Danu fut relié au nom de la rivière Don en Russie. Dôn, la déesse galloise, est l’équivalente de Dana l’irlandaise et il semble très probable qu’elle ait immigré d’Irlande de par la connexion qui peut être faite entre les points communs des enfants de Dôn et ceux de Dana. En effet, ils correspondent de manière assez précise dans leurs personnalités et fonctions. Don est également reliée à la rivière Don en Écosse. Dans la mythologie indoue, il y a également une déesse Danu dont le nom signifie « les eaux du ciel » ou « jet d’eau ».

Diversité et confusion

La déesse Danu était la déesse et mère des Tuatha Dé Danann. Sur ce point, tous s’entendent. Les mythes celtes sont complexes et ce qu’on en retient ou ce qu’on en comprend ne simplifie rien. Il existe beaucoup de questions sans réponses, ou ayant trop de possibles réponses et interprétations. C’est le cas des mythes entourant Dana.

Elle est en particulier associée à la province de Munster avec son sol fertile, et a été connue comme Anu dans cette contrée. Les Tuatha Dé Danann sont tous ses descendants. Certains érudits croient qu’Anu était la déesse primordiale de la Terre et que Danu est seulement le nom que lui ont donné des auteurs du 19ème siècle. Cependant, les auteurs du 19ème siècle étaient si populaires que maintenant, la plupart des gens n’ont retenu que le nom de la Tuatha de Danann et celui de la déesse Danu.

Il y a également une école de pensée qui croit que son nom est Danand et qu’elle a partagé la couche de Delbaeth (Tuiraenn) fils d’Oghma, son propre père pour donner naissance à Brian, Iuchar et Iucharba. D’autre fois, bien que ce soit Lugh, le Dagda et Oghma, ou Luchta, Goibniu et Credne qui sont connus en tant que les trois dieux de Danann, la plupart des traditions maintiennent que la déesse Brighid est la mère des fils de Tuireann. Il est commun donc, que Danu soit mentionnée comme étant la mère des « Trois Dieux des habiletés » (Lugh, Dagda, Oghma) ou des talents (Lachta, Goibniu et Credne) afin d’en faire la source ultime de tous les arts et savoirs. Un autre exemple des confusions existant dans les mythes; qu’ils soient celtes, grecs, romains ou même bibliques. Cependant, cet angle de vue fait un lien avec le cas où l’on fait de Dana l’épouse et l’égale du Dagda, qui est son père et le père des dieux et des hommes. Alors qu’elle est la Mère des dieux et des hommes… Comme quoi les idées et spéculations se recoupent… Une chose est sûre; Dana est une Déesse d’eau et de terre.

Danu et Bile L’Arbre Sacré

Il n’y a pas à proprement parlé d’histoire de la Création dans la mythologie irlandaise qui a survécu ou aurait été traduite. Pourtant, si Dana est la Mère des dieux et des hommes, si elle est la Terre… Comment peut-elle être à la source de tout, si elle-même est parfois vue comme la fille du dieu des dieux, le Dagda? Qui est-elle, d’où vient-elle et comment peut-elle être à l’origine de tout? Nous tirons quelques informations du Lebor Gabala Erenn (Book of Conquests of Ireland), un texte du Moyen Âge Chrétien, au sujet des Tuatha de Danann, venus en Irlande du ciel ou des îles du nord du bout du monde. Ils sont présentés comme des mages habiles qui ont appris leur art dans quatre villes, et apportant avec eux quatre trésors magiques: la Pierre de fal-de Falias; la Lance de Lugh-De Gorias; l’épée de Nuada-de Findjas; et le Chaudron du Dagda-du Murias.

C’est désormais un fait reconnu et accepté, les Tuatha de Danann sont en fait les déités de l’ancienne religion et des anciens cultes, des Gaëls. Les moines chrétiens qui ont transcrit les contes et les mythes, ainsi parvenus jusqu’à nous, ont pris certaines libertés et ont changé certains aspects de ces mythes et légendes. C’est à nous de savoir trouver sous des couches épaisses de falsifications et rectifications chrétiennes, les traces et bribes de l’ancienne religion. Par coup de coeur, intuition ou appel plus fort que soi, par intérêt ou par amour de nos racines. Au coeur de toutes ces données demeure un mystère et Dana en est le coeur, car qui peut dire qui elle était? Qui peut dire qui elle est? Est-elle celle à partir de laquelle on a modelé Lilith? On encore Ève, mère des chrétien? Ou Marie la Vierge Mère de Jésus, ou Anne la Mère de celle-ci, comme on peut découvrir des liens entre elles?

Qui a déjà entendu parler de Bile? Il est au moins aussi mystérieux que la déesse Dana. Il est apparenté au dieu Bel et Bélénos le Père, celui que l’on célèbre le premier mai, à Beltaine. C’est un dieu lumineux qui est aussi celui des morts et que l’on nomme parfois Père des Dieux et des Hommes, comme on le fait pour le Dagda. Il se trouve encore plusieurs endroits nommés d’après le nom de Bile à travers l’Europe. À Londres, Belenus’ Gate est devenu Billingsgate, « Bile’s Gate ». On présume que les têtes des morts des rites celtiques au départ, étaient prises et emportées par cette «porte» jusqu’à la Tamise. Des centaines de squelettes de la période celtique ont été découverts dans la Tamise, dans les environs de Londres, ainsi que d’autres offrandes votives. Il est à noter que les anciens Celtes croyaient que l’âme reposait dans la tête, et non dans la région du coeur, tels que les chrétiens occidentaux le croient maintenant. De là le pourquoi de l’importance et des rites et pratiques qui entouraient la tête chez les anciennes sociétés celtes (de nos jours, dans leur conception triple de la chose, les druides modernes croient que c’est l’esprit qui a ses « quartiers » dans la tête).

Donc, dans un tel mythe de Création chez les Celtes, Dagda devient le fils de Dana et, Bile, son amant et égal. Le Dagda serait donc le fils de Dana et Bile. C’est ainsi que Dana reprend sa place à la source de toute vie (il n’est pas rare que l’on doive regarder les choses à l’envers pour pouvoir les remettre à l’endroit et trouver le sens des mythes transcrits par des moines qui étaient à la fois des chrétiens et des hommes). Dana, l’eau et la Terre, qui a arrosé et abreuvé le Chêne, qui est Bile, en tant que symbole de fertilité masculine. Ainsi est né Le Dagda, qui a donné naissance à une pléiade d’autres dieux.

Bile est le vieux terme irlandais pour désigner un arbre sacré tout en étant à la fois une manière de décrire un noble guerrier. Dans un certain angle, on peut voir autrement aussi la fonction qui est sienne d’emmener les âmes des morts dans l’autre monde, alors qu’il le fait via l’eau. Quand on sait que l’eau, depuis fort longtemps, est celle d’où naît la vie et qu’elle figure de « mer-mère » de toute vie, qu’elle fut et est encore au coeur de tant de cultes qui la vénèrent d’une manière ou d’une autre, alors, on peut voir en Bile cet égal de la Déesse Mère Danu, celui qui lui emmène les morts pour faire naître la vie. Il lui emmène les morts, et sème pourtant aussi la vie en son sein.

Bile est l’arbre/axe du (des) monde(s) (comme Yggdrasil dans la tradition nordique). Certains comparent Bile à une sorte de Hadès, var il est un dieu portant les morts vers son équivalent divin et féminin. Il est l’arbre du monde, qui s’élève vers le ciel et danse dans le vent, tout en plongeant ses racines dans les chairs de la terre et s’y abreuvant. Ce sont certes des images fortes et évocatrices.

Bibiographie

1. The Pagan Celts-Anne Ross

2. A Circle of Stones: Journeys and Meditations for Modern Celts-Erynn Rowan Laurie

3. L’Encyclopédie de Mythologie-Arthur Cotterell

4. The Druids Peter-Berresford Ellis

La Déesse-Terre en Méditerrannée

Posted By Isis Tyära on February 9, 2010

LES DÉESSES TERRE EN MÉDITERRANÉE
par Isis Tyära

Il y a quelques semaines, je suis tombée sur un article anglophone provenant d’un site web sur la mythologie, à propos de la déesse mère dans la tradition méditerranéenne/égéenne. Il est rare que je sois en accord sur la vision des autres auteurs à propos de la déesse mère méditerranéenne : soit c’est vide d’information et que je reste sur ma faim, soit c’est une vision carrément à l’opposé de la mienne.

J’ai pensé qu’il serait intéressant, pour cette parution portant le thème de la Terre Mère, de traduire cet article. Notez qu’il a été adapté tenant compte de mes propres connaissances mais j’ai tenté d’en conserver l’intégralité car il en vaut la peine. J’espère que vous aimerez autant que moi car il représente, à quelques petites choses près, la base de mes croyances.

Introduction

Qu’est-ce que cela signifie lorsque nous identifions une déité féminine comme étant une déesse mère? Est-ce que le terme Mère signifie une personne maternelle qui protège les enfants? Est-ce qu’une Déesse Mère signifie aussi une déesse des naissances? Est-elle une déesse créatrice de l’univers ou une déesse terre (nommé aussi Terre Mère)? Est-ce qu’elle est alors une déesse de la fertilité ou une déesse de la nature?

Et que représente le terme fertilité?

Déesse mère pourrait signifier déesse de la fertilité mais le terme fertilité est en soi plutôt vague et a plusieurs connotations. Le mot fertilité pourrait aussi représenter la Terre en soi (fertilité de la terre) ou encore représenter la vie végétale et agricole. Il pourrait aussi signifier la fertilité de la vie animale, comme celle des humains, et, conséquemment, la reproduction et les relations amoureuses. Comme vous le constatez, le terme fertilité est trop ambigu.

La déesse mère a d’ailleurs autant de rôles que de définitions. Elle peut aussi jouer le rôle de terre mère (déesse tère) et, parfois, les deux rôles sont confus et s’intermêlent comme dans le cas de la déesse grecque Gaïa qui était connue pour son rôle de terre mère et de déesse mère. La terre mère est souvent perçue comme la force primale et la source de toute vie. Elle ne possède pas nécessairement un côté maternel. La déesse mère, elle, protège ses enfants et donne naissance aux divinités comme dans le cas de Rhéa, mère des divinités olympiennes. La déesse mère peut aussi être accompagnée par un consort de nature humaine ou divine, avec lequel elle doit s’unir périodiquement comme dans le cas de Cybèle et de son consort Attis. La déesse mère peut aussi avoir plusieurs attributs comme dans le cas de Déméter, déesse du blé, déesse mère et déesse de la fertilité.

Jusqu’ici, nous avons mentionné des déesses connues de plusieurs grâce à la littérature et la mythologie. Nous n’avons pas mentionné les déesses des civilisations égéennes de l’âge de bronze. Toutefois, les seuls écrits existant à propos de l’existence des divinités de l’âge de bronze sont les tablettes du Linéaire B trouvées à Knossos et Pylos. Il n’existe aucune littérature ni aucune mythologie. Nous ne possédons aucune information à propos de leur culture, leurs croyances et leur histoire. Nous ne possédons que les noms qui apparaissent sur ces tablettes.

À Pylos, des tablettes dévoilent le nom de ME-TE-RE TE-I-JA, ou Mater Theia signifiant déesse mère. Qui était-elle? Nous ne pouvons que deviner et supposer…

Étant donné que les tablettes Linéaire B fournissent très peu d’nformations pour déceler les divinités durant l’âge de bronze, les artefacts ont été d’une aide précieuse. Toutefois, les figures représentées sur les artefacts ne sont nullement identifiées et nous devons faire confiance aux experts qui tentent d’interpréter. Il est donc difficile de déterminer si les figures féminines représentent une déesse, une prêtresse ou une chef de clan.

Ce que nous savons avec de plus en plus de certitude, c’est que les divinités féminines étaient plus adorées que les divinités masculines. Aussi, il est de plus en plus certain que ces déesses étaient généralement des déesses mères.

Certains experts croient que les civilisations minoennes et mycenéennes ne vouaient pas un culte à plusieurs déesses, mais à une seule déesse puissante, comme les Israelites qui adoraient un seul dieu. Jusqu’au moment où nous décrypterons les textes du Linéaire A, faits par les Crétois, nous ne saurons jamais avec certitude si les minoens adoraient seulement des déesses ou si des divinités masculines existaient.

L’arrivée des tribus hélléniques apporta aussi le panthéon olympien dans lequel les divinités masculines dominaient, dont Zeus le dieu suprême. Nous ne pouvons que spéculer sur le nombre de déesses pré-hélleniques qui ont survécu à la transition de l’âge de bronze à l’âge de fer. Nous avons ensuite assisté à la suppression du culte des déesses ou à la réduction de leur importance et de leur rôle.

La Maîtresse (Potnia)

PO-TI-NI-JA ou Potnia ressemble plus à un titre ou un rang qu’à un nom. Potnia signifie maîtresse ou dame. Potnia était une déesse mère ou déesse de la nature. Il y a plusieurs épithètes au nom Potnia qui veut soit dire qu’une même déesse avait plusieurs attributs ou visages, ou encore qu’il existait plusieurs déesses. Étant donné le manque de sources fiables, le peu que nous savons sur les différentes Potnias sont pures spéculations.

Maîtresse des animaux (Potnia Theron)

Potnia Theron ou Maîtresse des animaux est la Potnia la plus communément représentée dans l’art minoen et mycéen.. Elle était aussi connue sous le nom de Dame des créatures sauvages, Maîtresse des bêtes sauvages et plusieurs autres appellations.

Toutefois, il est important de noter que le nom Potnia Theron n’a pas été retrouvé sur les tablettes Linéaire B. Ce nom est en fait une appellation moderne pour désigner les déesses égéennes de l’âge de bronze représentées avec des animaux. Ce serait donc une erreur d’affirmer qu’une déesse en particulier portait ce nom. Potnia Theron est une déesse de la nature, particulièrement une déesse sauvage des animaux. Elle dirige tout ce qui est de l’ordre de la nature et des animaux.

Influences du Proche-Orient

Potnia Theron est associée à la Crète ou à la Grèce mais aussi à la Syrie et à Babylone. Durant l’âge de bronze, les liens commercaux entre la civilisation minoenne et celle du Proche-Orient était si forts que l’on considère l’influence religieuse du Proche-Orient très importante. Dans l’art oriental, la Maîtresse des animaux est souvent représentée nue avec des animaux de chaque côté. Parfois, elle les tient dans ses mains par leurs oreilles, leur cou ou leurs pattes. Aussi, elle était parfois représentée se tenant derrière un animal démontrant son pouvoir auprès de la nature et de ses créatures sauvages.

Ces influences sont bien illustrées grâce à un vase datant du 4e siècle avant J.C. représentant la déesse Artémis tenant un lion et un cerf par la gorge. Cependant, Artémis porte une longue robe, contrairement à son équivalent oriental.

Artémis est la déesse la plus associée à Potnia Theron. Elle est la déesse de la chasse, de la forêt et la protectrice des animaux sauvages. Potnia Theron peut aussi être associée à la déesse chasseresse crétoise Britomartis ou Dyctinna. D’ailleurs, Britomartis est considérée comme l’ancêtre d’Artémis. Inutile d’expliquer plus longuement les liens infinis entre toutes ces déesses.

Différences entre Potnia Theron et Artémis

Nous l’avons vu, Artémis est la déesse grecque la plus proche de Potnia Theron, à cause de son engagement auprès des animaux sauvages. Toutefois, voici les différences pertinentes entre ces deux déesses.

Artémis est habituellement représentée comme une vierge tenant un arc, symbole de chasseresse. Potnia Theron n’a jamais été représentée avec un arc. Elle était une déesse de la nature mais pas une chasseresse. Son pouvoir est représenté par le fait qu’elle tient les animaux avec force par leurs oreilles, leur gorge ou leurs pattes. De plus, Potnia Theron est représentée avec des ailes, ce qu’on n’a jamais vu dans les représentations d’Artémis. Aussi, Artémis était souvent accompagnée de nymphes ou de femmes inconnues tandis que Potnia Theron était plutôt accompagnée de figures masculines, habituellement des mortels comme des grands chefs ou des grands guerriers (comme dans les représentations des déesses du Proche-Orient). Ceci s’explique surtout par le fait que Potnia Theron était aussi la patronne des jeunes guerriers ce qui est plutôt intéressant car Artémis était parfois considérée comme la patronne de l’initiation des garçons devenant de jeunes guerriers à Sparte.

La Déesse Serpent

En 1903, l’archéologue Sir Arthur Evans découvre deux figurines de femmes dans un temple dans le palais de Knossos en Crète. Les figurines n’étaient pas complètes et donc, ont été reconstituées. Ces figurines ont été nommées « Déesses Serpents ».

Les Déesses Serpents ont été créées pendant la période minoenne, autour de 1700 avant J.C., au même moment où la Crète a atteint un niveau artistique très élevé. Il y a eu beaucoup de spéculations à propos de ces figurines, surtout pour savoir quelle déesse était représentée par celles-ci. Certains ont dit qu’elles représentaient simplement une charmeuse de serpent et d’autres, une prêtresse. Toutefois, la plupart croient que ces figurines représentent une déesse tout simplement nommée Déesse Serpent mais aucune preuve ne confirme cette théorie.

La première figurine représente une femme portant une robe peu commune et sa poitrine est exposée. Sur sa tête, elle porte un chapeau et sur celui-ci, un chat est assis. Elle tient aussi deux petits serpents dans chacune des mains nous rappellant Potnia Theron, Maîtresse des animaux tenant un animal dans chaque main. Les deux animaux qui l’accompagnent donnent quelques indices sur la nature divine de la Déesse Serpent. Le serpent, comme le chat, sont des symboles de la vie après la mort, ce qui pourrait signifier qu’elle est une déesse chtonienne. Le serpent est aussi symbole de guérison, donnant à la déesse le pouvoir de guérir. Aussi, le chat pourrait représenter l’aspect sexuel et fertile de cette déesse. D’ailleurs, ses seins ronds exposés appuient cet aspect important. Tout ceci pourrait indiquer que la Déesse Serpent est une déesse mère.

La seconde figurine est plus grande, elle porte une robe différente mais, comme la première, sa poitrine est aussi exposée. De plus, elle porte un haut chapeau. Elle tient un long serpent dont la tête est tenue dans la main droite. Le corps du serpent s’enroule autour du corps de la figurine et sa queue se trouve dans sa main gauche. Le second serpent est placé sur le sommet du chapeau et s’enroule aussi autour du corps.

Les deux statuettes représentent le fait qu’il existait une seule déesse représentée de deux manières ou encore le fait qu’il y avait deux déesses serpents.

Est-ce que la Déesse Serpent a survécu à l’invasion dorienne? Plusieurs se demandent si une des déesses de la mythologie grecque a hérité du rôle de la Déesse Serpent minoenne. Peut-être Artémis, Cybèle, Perséphone ou Déméter?

Britomartis (Dictynna)

Britomartis est une déesse crétoise de la nature et de la chasse. Son nom signifie « Douce Vierge ». Elle est la fille de Zeus et Carme, fille d’Eubulus. Elle est née à Caeno en Crète. Elle était considérée comme une nymphe crétoise. Britomartis était une chasseresse et était considérée comme la compagne d’ Artémis. Il eût même une théorie qu’ elle fût son amante. Comme Artémis, sa chasteté est très importante. Un jour, Minos, roi de Crète, tomba amoureux d’ elle mais Britomartis refusa son amour, considérant que celui-ci était son demi-frère. Minos se mit à la poursuivre et la piéga sur le bord d’ une falaise. Elle décida de se jeter à la mer, préférant mourir. Elle fût heureusement sauvée grâce aux filets d’ un pêcheur. À cause de son ardeur et son désir de demeurer chaste, Artémis la récompensa en lui donnant l’ immortalité.

Elle fut alors nommée Dyctinna, signifiant Dame des filets, désormais déesse. Il semblerait que ce nom lui fût désigné plus tôt car Britomartis a inventé le filet de pêche. D’ autres croient qu’ elle fut nommée Dyctinna en l’ honneur du Mont Dicte où elle chassait avec Artémis. Dyctinna serait aussi possiblement la Mère Montagne minoenne qui avait ses sanctuaires sur le sommet d’ une montagne. Britomartis est probablement identique à ou dérivée de la déesse de l’ âge de bronze Potnia Theron. Dyctinna était aussi nommée PI-PI-TU-NA, un nom trouvé sur les tablettes Linéaire B de Knossos. Si cette théorie est vraie, alors Dyctinna est une déesse minoenne archaïque et plusieurs liens peuvent encore être faits.

Britomartis possède plusieurs attributs d’ Artémis. Britomartis devint déesse de la chasse, de la terre, de la nature et des animaux sauvages. Elle fût la patronne des chasseurs, des marins et des pêcheurs. D’ ailleurs, Artémis a déjà porté le nom d’ Artémis Dyktinna dans ses sanctuaires dans la baie de Chania et à Chersonesos. Donc, plusieurs présument que Dyctinna et Artémis sont la même.

Le culte de Britomartis avait lieu en Crète mais aussi sur l’ île d’ Égine, en tant qu’ Aphaea, déesse locale. Sur l’ île de Cephallonia, elle était connue sous le nom de Laphria.

Gaea et ses filles

Dans la mythologie grecque, Gaea et ses filles (Rhéa, Thémis et Dione) sont les déesses terre et déesses mère les plus anciennes. Elles ont joué un rôle essentiel dans la Théogonie d’ Hésiode.

Gaea était considérée comme la Terre en soi. Son nom était parfois Ge ou Gaia et les Romains la nommaient Tellus ou Terra. Non seulement elle était la déesse mère ultime mais elle était aussi une déesse créatrice. Gaea a été engendrée par Éros (amour) et par Tartare venant de Chaos (abysse primale). Ils étaient les premières matières physiques nées.

Du ventre de Gaea, sont nés plusieurs enfants gigantesques. Soit sans partenaire masculin ou soit avec Éther, Gaea est devenue la mère d’ Uranus (ciel), de Pontus (Mer) et d’ Ourea (montagnes). Uranus épousa sa mère et devint le chef suprême de l’ univers. Gaea et son époux/fils représentent la sépération du ciel et de la terre. Elle mit au monde beaucoup d’ enfants avec Uranus : les Cyclopes, les Titans et les Géants. Aussi, avec son frère Tartare, elle mit au monde un des plus grands monstres : le Typhon.

Gaea créatrice de la Terre.

Uranus décida de cacher ses enfants et provoqua beaucoup de colère et de peine chez Gaea. Elle demanda l’ aide de son fils, Cronos, le plus jeune et le plus brave des Titans. Elle lui donna même l’ arme, une faucille, pour tuer Uranus. Cronus gagna du pouvoir pour régner sur l’ univers mais il la mit en colère lorsqu’ il refusa de libérer ses propres frères. Gaea avait un talent pour la divination (qu’ elle passa plus tard à sa fille Thémis) et elle est connue pour être la première à avoir posséder les oracles de Delphes. Alors, elle prédit à son fils que celui-ci chutera à cause de son fils. Ayant peur de perdre son pouvoir de régner, il avala chacun de ses enfants que Rhéa, son épouse, mit au monde. Gaea et Rhéa aidèrent alors Zeus, le plus jeune des fils de Cronos, à prendre la place de son père et celle des autres Titans.

Gaea porta plusieurs autres enfants. Elle demeure une des plus grandes Terre-Mères ayant existé.

Rhéa

Rhéa, ou Ops ou Magna Mater, est une autre grande déesse mère. Elle est fortement identifiée à la déesse mère phrygienne Cybèle (voir plus bas sur Cybèle). Rhéa fait partie des Titans, enfants de Gaea et d’ Uranus. Elle est la soeur de Cronos, et lorsque celui-ci devient le chef suprême, elle l’ épouse. Toutefois, leur mariage n’ est pas une union très heureuse.

Lorsque Gaea annonce que Cronos sera écrasé par l’ un de ses enfants, Rhéa voit cinq de ses enfants se faire avaler par leur propre père. Une grande peine pour Rhéa. Ayant peur de perdre tous ses enfants, Rhéa cache son plus jeune fils, Zeus, dans la grotte d’ une montagne en Crète. Elle pousse le courage en faisant passer une roche enveloppée dans du linge pour Zeus que Cronos avala. Avec l’ aide de sa mère Rhéa et de sa grand-mère Gaea, Zeus réussit à faire cracher Cronos pour redonner les enfants avalés. Zeus et ses frères défièrent alors Cronos.

Rhéa est aussi responsable de la réconciliation entre Zeus et Déméter, donnant la possibilité à Perséphone de passer les 2/3 de l’ année auprès de sa mère et 1/3 de l’ année auprès de son époux, Hadès.

Déméter et Perséphone

Perséphone est la fille de Zeus et Déméter et la déesse du printemps, du blé mais aussi la reine des souterrains. Elle jouait avec ses amies les Océanides ramassant des fleurs dans la nature. Hadès, le frère de Zeus et Déméter, le seigneur des souterrains, quittait rarement son royaume. Par contre, lors de cette journée, il tomba amoureux de Perséphone. Il reçut la permission de Zeus d’ apporter Perséphone dans son royaume pour en faire sa reine. Déméter ne fut pas mise au courant. Perséphone n’ entendit le cri de détresse que lorsque Hadès emporta de force Perséphone sauf Hékate et Hélios.

C’ est la nymphe Cyane, qui a vu la scène de loin, qui raconta tout à Déméter. Déméter, pleine de colère et de tristesse, se mit à la recherche de sa fille pendant neuf jours, sans succès. Au dixième jour, Hékate prit en pitié Déméter et lui raconta qu’ elle avait entendu Perséphone crier. Elle lui dit aussi d’ aller voir Hélios qui voit tout durant le jour. Ensemble, les deux déesses se rendirent chez Hélios, le dieu soleil. Hélios raconta tout à Déméter, dont l’ intention d’ Hadès d’ épouser Perséphone. Déméter fut encore plus colérique à l’ annonce de cette nouvelle. Tellement, qu’ elle refusa de retourner à l’ Olympe et qu’ elle décida de partir à la recherche de sa fille. Elle vagabonda, empruntant une forme humaine et déformant sa beauté, visitant des villages. Poséidon se mit à désirer le retour de Déméter et se mit à la poursuivre. Déméter tenta de se cacher et de se dissimuler. Pour cette raison, elle se transforma en jument. Toutefois, Poséidon la trouva et il se transforma à son tour en étalon. Il la prit et celle-ci tomba enceinte. À ce moment, Déméter se fit nommer Déméter Érynie ou Déméter Noire. En bas, sur la terre des humains, on se mit à subir la famine due à la colère de Déméter, déesse du blé, qui avait le pouvoir de gérer l’ agriculture. Elle mit au monde une fille nommée Desponia, la déesse des chevaux.

Déméter à Eleusis

Toujours à la recherche de sa fille, Déméter se rendit à la ferme de Céléus, Seigneur de la ville d’ Éleusis. La déesse fit la connaissance des 4 filles de Céléus mais elle se présenta sous le nom de Doso en tant que servante cherchant du travail. Céléus et son épouse Metaneira l’ accueillirent sous leur toit. Déméter se mit à prendre soin du jeune enfant en lui offrant un charme de protection et en confectionnant des onguents. Un soir, Meteneira interrompa un rite de guérison que Déméter éxécutait, par peur que la déesse brûle l’ enfant. Déméter, prise de colère, révéla sa vraie identité. Elle dit à Céléus et Meteneira qu’ elle leur enseignera, à leur famille et aux gens d’ Éleusis, les rites pour l’ honorer elle et sa fille Perséphone, connus sous le nom des Mystères d’ Éleusis. Céléus et les habitants d’ Éleusis débutèrent imméditament la construction du temple pour honorer les deux déesses. Déméter fut donc apaisée.

Le compromis

Déméter souffrait toujours de l’ absence de sa fille et ne retournait pas à l’ Olympe. Sa colère face à ses frères, Hadès et Zeus, était si intense qu’ elle causa une famine globale. Aucune récolte n’ avait lieu. La race humaine faisait face à l’ extinction due à la faim… C’ est à ce moment que Zeus intervint. Il tenta par plusieurs moyens de faire revenir sa soeur à l’ Olympe mais celle-ci continua de menacer les déités et de promettre que le monde mourra de faim si sa fille ne lui revenait pas. Découragé, Zeus envoya Hermès quérir Perséphone dans les souterrains pour que celle-ci retourne auprès de sa mère. Hadès ne s’ y opposa pas. Perséphone, joyeuse de retourner auprès de sa mère, mangea une pomme grenade, au grand désespoir de Déméter. Hadès lui rappela la règle qui affirme que manger de la nourriture des souterrains force la personne à y rester…

Zeus décide donc que Perséphone devra faire un compromis : passer un tiers de l’ année dans les souterrains avec son nouveau mari et l’ autre deux tiers auprès de sa mère à l’ Olympe ou sur la Terre. Zeus fit part de ce compromis à sa propre mère, Rhéa, qui elle, en fit part à Déméter. Celle-ci accepta le compromis et rétablit l’ ordre dans la nature et l’ agriculture, mettant un terme à la famine.

Ce mythe est donc le symbole du cycle de la nature, des saisons et de la roue de l’ année.

Mère et fille, vie et mort

De tous les mythes gréco-romains, aucun ne peint une image aussi sensible et humaine de la relation mère/fille comme le fait le mythe de Déméter et Perséphone. Les déesses, particulièrement Déméter, réagissent de manière tout à fait humaine face à la perte d’ un être aimé. Déméter réagit exactement comme une mère humaine qui perd son enfant. Elle vit la perte, la douleur, le désespoir et la colère ultime comme n’ importe quelle mère humaine.

Leur nom, Déméter et Koré (Perséphone) signifie « mère » et « fille ». Déméter était connue comme la mère du blé tandis que sa fille était connue comme l’ esprit du blé ou essence du blé. Même s’ il existe plsuieurs versions du mythe, la moitié des informations liées à ce mythe nous provient de l’ Hymne Homérique à Déméter qui détaille l’ enlèvement de Perséphone. Il existe plusieurs niveaux d’ interprétation à ce mythe lié aux Mystères d’ Éleusis et plusieurs auteurs ont écrit sur le sujet. Les Mystères expliquent entres autres le cycle de la vie, de la mort et de la renaissance. Même si cet article ne fait pas l’ analyse de ce mythe, il y a beaucoup à apprendre de celui-ci…

Au départ, Perséphone incarnait la vie en soi. Sa vie sur terre était symbole de printemps, de renouveau et sa vie dans les souterrains était symbole de la mort et de l’ hiver. Ironiquement le symbole de la graine a une double signification : la graine qui pousse au printemps est un symbole de renaissance mais la graine de la grenade est un symbole de mort. Il existe plusieurs versions sur comment Perséphone mange ces graines de grenade : certains croient que Hadès la força à les manger et d’ autres disent qu’ elle les mangea volontairement. Ce qui peut signifier que la mort et la vie ne sont qu’ un.

Étant donné que nous ne connaissons pas les secrets des Mystères d’ Éleusis (nous en savons très peu), nous ne pouvons que spéculer sur la signification des rites. Une chose est claire : de plus en plus on croit que le savoir et la sagesse légués par ces mystères concernaient un espoir donné aux humains. Et que cet espoir est qu’ il existe une vie après la mort.

Les Mystères se tenant à Éleusis se déroulaient en l’ honneur de Déméter et de Perséphone, ou Koré, comme on la nommait parfois. En gros, une partie des cérémonies, des rites et des festivals était basée sur le changement des saisons et sur l’ agriculture. Des festivals spéciaux avaient lieu spécifiquement pour les récoltes. En l’ honneur des deux déesses, les participants faisaient revivre le mythe sur une scène de théâtre.

Artémis d’ Éphèse

À Éphèse, en Asie Mineure, il y avait un temple immense construit en l’ honneur de la déesse Artémis (Diane). Ce temple, connu sous le nom d’ Artémésium, était une des Sept Merveilles du Monde. Ce temple était immense et orné des plus beaux objets d’ art. Il était le plus grand des temples de l’ époque, bâti par Croesus, roi de Lydie, autour du 6e siècle avant J.C. Détruit en 356 avant J.C. par un fou nommé Hérostratus, il fut reconstruit par Alexandre le Grand et redétruit par les Goths en l’ an 262 de notre ère. Il n’ a jamais été reconstruit après la seconde destruction.

Chez les Grecs, Artémis était vue comme une vierge chasseresse, tandis que sur le territoire de l’ Anatolie, elle était vue comme déesse mère. La sculpture d’ Artémis trouvée en Anatolie confirme cet aspect : la déesse est représentée avec plusieurs seins, un symbole de maternité et de fertilité. Elle est d’ ailleurs associée à Cybèle et certains se demandent si ce n’ est pas plutôt cette déesse qui est représentée.

L’ Artémis des Grecs est une déesse de paradoxes et de contradictions. Elle est une vierge mais elle protège les enfants et est considérée, entre autres, comme la déesse des naissances. Cet aspect est tout à fait en contradiction avec l’ Artémis éphésienne qui n’ a rien de chaste et qui est loin d’ être une vierge.

Au sein des Amazones, elle reçoit le plus grand des honneurs : elle est honorée comme la déesse officielle des tribus d’ Amazones et comme la protectrice des femmes. Toutefois, ses attributs guerriers et sauvages sont en contradiction avec la déesse mère d’ Éphèse et la déesse des naissances des Grecs. Toutefois, l’ Artémis d’ Éphèse était aussi une déesse de la nature et des animaux sauvages, ressemblant étrangement à Potnia Theron, la Maîtresse des Animaux.

Cybèle

Déesse mère dans toute son essence. Cybèle (Kybele) est une déesse mère phrygienne qui était honorée en Grèce et en Italie. Elle a été souvent associée aux deux autres déesses mères grecques : Rhéa et Déméter. Cybèle fut si grande qu’ elle fut nommée « La Mère de tout » ou « La Grande Mère des Dieux ».

Cybèle portait aussi le nom de Dindymème ou Mère Dinymenienne car elle est née sur le Mont Dyndimus. Zeus éjacula sur la Terre autour du Mont Dindymus et une créature jaillit de la terre, possédant les organes reproducteurs mâle et femelle. Les déités, ayant peur de cette créature, la castra et elle devint une femme. Cette créature devint la déesse mère Cybèle, nommée Agdistis à Pessinus. Les déités jetèrent le phallus coupé de Cybèle et un amandier poussa instantanément au même endroit. Un jour, Nana, fille du dieu de la rivère Sangarius, jouait sous l’ amandier et une graine tomba sur sa cuisse. La graine disparût et Nana fut enceinte. Elle mit au monde un fils nommé Attis qu’ elle abandonna dans la nature. Attis vit grâce à une chèvre qui l’ allaita. Attis grandit et devint un très bel homme. Cybèle le vit et tomba amoureuse de lui. Toutefois, il était promis à la fille du roi de Pessinus. Cybèle fut prise d’ une colère immense et causa la mort d’ Attis et de son père qui furent forcés de se castrer mutuellement. Cybèle, regrettant son action face à Attis, enterra son corps près d’ un pin.

D’ autre versions racontent qu’ Attis fut tué lors d’ un combat avec une bête sauvage.

Le culte de Cybèle a voyagé jusqu’ en Italie, en 204 avant J.C. grâce à la grande pierre d’ obsidienne sacrée à Cybèle que l’ on apporta à Rome, suite à la demande de l’ oracle de Sibylle de Cumes. Les Romains honoraient Attis comme le dieu de la végétation et de la fertilité et il était considéré comme le consort de Cybèle. Le festival de Cybèle se déroulait le 4 avril et son animal préféré est le lion. D’ après la légende, il semblerait qu’ elle aimait que ce soit des lions qui tirent son chariot doré. Les adeptes du culte de Cybèle et d’ Attis se nommaient Corybantes et ses prêtres se nommaient gallis. Les gallis dançaient en transe jusqu’ à la castration en l’ honneur d’ Attis.

Sara la Noire

Posted By Flidais_Airmeith on January 26, 2010

Introduction

C’est la Déesse Mère des Tzigane, nommée aussi, Sara la Kali. C’est la P(M)atronne des Gitans. Les Tzigane ce peuple voyageur, sur qui le temps n’a pas de prise, pas plus que tous nos concepts de laboratoire et de culte de la raison et de l’intelligence au détriment de tout le reste. Les « gadjé » c’est à dire les non-gitans, sont pour eux, des êtres humains qui renient leur humanité. Dans leur culte du savoir qui les déconnectent du vivant. Dans un monde de raisonnement à en perdre l’âme et les petites magies ou l’on méprise la simplicité. Où on élève l’intelligence et le patriarcat déguisé sous toutes ses formes. La philosophie et l’art de vivre des gitans déstabilise ou rafraîchit. Ils n’ont rien de grands enfants stupides et niais que l’on voudrait croire et faire croire. Ils sont demeurés près de leurs racines nomades et ouverts au tout, à tout ce qui est vivant. Ils sont libres, comme le vent. Alors que nous cherchons la vérité et nos racines dans les contes amérindiens, nordiques et gaulois par exemple, ils sont encore proches de leurs mythes et légendes vivant, qui évoluent encore, tout en ayant gardé leurs fondements. En effet, ils prennent de partout où ils passent et enrichissent ainsi sans pudeur ni vergogne leurs croyances. Mais cela ne témoigne-t-il pas d’une plus grande ouverture d’esprit, d’une plus grande tolérance et de la plus belle compréhension du monde qui soit? Ils ont saisi depuis longtemps, que le monde est un tout. Que nous puisons tous à la même source, et ils sont vrais et n’ont pas le mensonge né de la gêne ou la prétention de vouloir imposer leurs croyances comme une seule et même, mais ils intègrent plutôt des croyances de tout les lieux où ils errent dans leurs propre système de coutumes et de croyances. Chacun peut se retrouver dans leurs contes et légendes, peut-on en dire autant de tous les peuples, de toutes les mythologies? Sans doute oui, mais malheureusement, usage des tous les mythes et cultes peuvent être déformés pas l’homme. En étant pas figé, les tziganes évitent ce piège également. Et ils n’ont pas honte d’emprunter, de prendre, d’intégrer et de mélanger. Ils sont au-dessus de tout cela, ils voient plus loin; ils savent et ont compris que nous sommes un tout. Ils ont la conscience de ne rien inventer, ils n’ont pas honte d’être simples et riches de ce fait, même si nous les voudrions démunis tels de grands enfants parents pauvres et innocents, simplement car nous ne les comprenons pas. C’est nous, « gadjé » qui avons changé. Eux, à peine.

Oui, pour beaucoup, le dieu est important, un dieu qui emprunte souvent beaucoup au dieu chrétien si répandu. Et il n’y a pas plus fervent ni sincère qu’un tzigane. Chez eux existe aussi l’antique foi en une Déesse Mère et en une Mère Nature de qui ils sont demeurés si proches malgré tout. Leurs croyances se rapprochent de tout ce que nous cherchons dans les différentes formes de chamanisme et des anciennes religions. Ils vivent encore au rythme de la Terre et près d’elle, ces mal-aimés incompris et souvent méprisés.

Pour les tziganes, la Nature tient une grande place dans leur vie et leurs croyances. Ils ne revendiquent rien, ils vivent et croient tout simplement. Ils ne cherchent ni ne veulent convaincre personne, ils continuent à tisser leur tradition, de pays en pays, de voyages en voyages. Qu’il s’agisse de la création du monde, des patrins ( à la fois langage et signes de reconnaissances) ou des moyens pour guérir les douleurs humaines physiques ou spirituelles, ou encore des activités légendaires de la vieille Kinèche et du Musicien aux doigts d’Or, tout nous replonge dans un passé que manifestent dans notre imaginaire les cultes druidiques oubliés ou le chamanisme.

Ils incorporent sans honte toutes les traditions dans un même chaudron, leur culture c’est la culture de l’âme humaine avant le règne de l’intelligence et du patriarcat. Leur représentation du monde donne a penser à une mosaïque disparate mais leur culture est en fait la « materia prima » un terreau sur lequel peut germer une conception de l’univers qui allie la vision la plus ancestrale et paradoxalement les concepts les plus modernes. Qui en ce début de millénaire peut encore se vanter de savoir communiquer et guérir, de savoir interpréter les signes du temps et les révélations spirituelles en lisant simplement ce que disent les plantes, les arbres, les feuilles et les petits cailloux, et comprendre les significations des lignes des mains, des haricots rouges et des lentilles blondes? Là où nous voulons tous régenter, ils ne demandent qu’à être libres.

Chez eux la communauté est forte et c’est avec tristesse et sans mépris qu’ils pensent ceci des gadjés : « Nés pour détruire, pas pour conserver, nés pour haïr, pas pour aimer, nés pour prendre, pas pour donner ,nés pour voler, pas pour partager. » Ils conçoivent le gadjé comme un non-homme car à leurs yeux ce dernier nie et se renie, qu’il ne cherche pas la connaissance dans sa nature pour son plein épanouissement et qu’il ne la respecte pas. Ils se disent sans passé, ni avenir . Ils conçoivent l’éternité dans une loi de ce qui se renouvelle d’une façon universelle. Se coulant dans cette conception dans mémoire du passé, car toujours actuelle et vivante, sans souci d’avenir car tout est dans l’éternel présent. Ils vivent libres dans l’actuel maintenant, le présent, permanent et immuable. L’état de « nous-je » étant une valeur clé et principale, ce qui explique la notion forte de communauté si importante pour eux. Ce qui nous fait aussi défaut.

Sara la Noire

Dans la communauté tzigane, la communauté est à l’enfant, ce que la coquille est à l’œuf. Au centre de cette communauté, se trouve la Mère, cette doyenne qui est aussi parmi les siens, l’archétype vivant de Sara la Kali, Sara la Noire. Elle est honorée et respectée par tous, et, tout le monde lui doit quelque chose. Ils lui sont tous liés.

Sara la Kali, c’est l’expression de la mère généreuse et féconde Sara la Noire, la Terre-Mère. C’est la création divine manifestée sur tout les plans; végétal, minéral, animal. La Mère a reçu et dispense l’enseignement spirituel. Elle ouvre à tous les chemins menant au monde divin promis aux tziganes après le passage de la vie à la mort. La doyenne, la Mère, c’est aussi ce qui pourrait figurer d’une haute-prêtresse. Sara la Kali… cela fait référence aux origines lointaines des tziganes, qui viendrait de l’Est de l’Inde. Kali, est l’écho de ces racines indiennes.

Culte de Sara d’hier à de nos jours

Sara, la gitane

Sara, simple statue de plâtre dans cette église sombre des Saintes-Maries-de-la-Mer ferait pale figure à coté de Marie Jacobé et Marie Salomé, statues de bois dans une barque, à l’entrée gauche de cette église, à 10 mètres de la porte d’entrée. Mais la chaleur ne manque pas à Sara, celle des cierges qu’une dévotion toujours croissante, celle de l’affection qu’une large communauté de gitans du Sud de la France lui voue depuis de très nombreuses années, surtout à l’occasion du pèlerinage du 24 mai où on conduit Sara à travers la ville en compagnie de toutes les autorités locales, laïques et religieuses au beau milieu des télévisions et photographes du monde entier. Mais au fait qui est Sara, pourquoi l’écrit-on tantôt avec un h ou sans le h, comme George Sand ne prend pas de s. Sara est avant tout un personnage biblique de la Genèse, qui fut l’épouse d’Abraham mais longtemps stérile finit par adopter Ismael, fils de son mari et de sa servante Agar. Perfide, sa stérilité vaincue elle renvoya Agar et son fils. Sarah avec un h est une variante. Sara est-elle une gitane locale du 1er siècle de notre ère, une celto-ligure d’Europe centrale, une égyptienne, la servante des Saintes Maries ? nul ne s’accorde, cela fait si longtemps, une chose est sure c’est la patronne des gitans. Sara la gitane ne prend pas de h.

Sara-la-Kali, Sara la noire, la brune Sara, serait pour les uns la servante de Marie Jacobé et Marie Salomé chassée de Jérusalem après la mort du Christ dans la barque sans voile ni rames qui échoua en Camargue, pour d’autres c’est une gitane provençale. Une chose est sure, elle était de couleur noire ou sombre. La version que retiennent les gitans est celle d’une jeune femme, une “gitane”, campant avec sa tribu dans ce delta du Rhône. On raconte qu’avertie miraculeusement elle courut vers la mer et, s’étant dévêtue, elle étendit sur les vagues sa robe qui la porta vers les saintes. Baptisée de leurs mains, elle les conduisit au temple païen, le temple de “Ra”, où affluaient les grands pèlerinages de sa race. Il est vraisemblable que Sara appartenait à une tribu celto-ligure, peuple nomade d’Europe centrale qui s’était installé dans cette région marécageuse de Camargue.

Le roi René fit deux choses à la découverte des dépouilles de Marie Jacobé, et Marie Salomé, il déposa les restes dans des chasses richement ornées et comme on ne retrouva pas trace des dépouilles de Sara, on lui creusa la crypte actuelle où les gitans la vénèrent avec ferveur le 24 mai, depuis 1935, date de sa première sortie officielle en procession la mer. Les gitans pensent à une origine provençale et non palestinienne de Sara et la reconnaisse comme leur patronne, leur guide. Chacun vient ici déposer un cierge dans cette crypte, véritable étuve. Et puis on habille régulièrement la statue d’habits neufs, nous devons en être à cinquante robes qui s’amoncellent sur la frêle statue qui grossit de jour en jour, et dont le fin et noir visage visage pâlit sous les attouchements des visiteurs.

La crypte a été creusée sous le sanctuaire, l’autel est constitué en partie par un fragment de sarcophage et suppose les ossements présumés de Sainte Sara. Si les corps des deux Maries ont pu être identifiées comme deux personnes de type oriental du 1er siècle, rien n’a permis d’identifier formellement ceux de Sara.

Peu importe finalement que Sara ait été ou non du voyage, si ce voyage en barque eut bien lieu et s’il eut lieu, qu’il se fit plutôt sur un navire régulier que dans une pauvre barque sans rame ni voile, ce qui est remarquable c’est l’attachement des gitans pour cette terre sans frontières, sans enclos, une terre de liberté ou vivent en harmonie et totale liberté des taureaux, des chevaux et où font étape des oiseaux migrateurs. Nul doute qu’une sorte d’accord semble s’être établi entre le peuple Gitan et la Camargue. Un espace est libre, des limites de la propriété individuelle à peine perceptible, la lande, la plage sont des immensités où il y a de la place pour tout le monde, une étape possible pour les gens du voyage. Le culte à Sara est leur façon de dire leur harmonie avec la Camargue, avec le monde qui correspond à leur souhait. Cela mérite bien un pèlerinage.

En 42 de notre ère, 10 ans après la mort et la résurrection de Jésus, Lazare, l’oncle de Jésus, Marthe la tante et Marie-Madeleine que l’on dit l’épouse de Jésus, accompagnés de Marie Jacobé la mère de Jésus, Marie Salomé, peut-être Sara ou Sarah, la servante égyptienne échouent en Camargue. Un autre disciple du Christ, Maximin, ainsi que l’aveugle Sidoine sont du voyage, au total 8 personnes. La Gaule, en ce milieu du 1er siècle, est barbare, idolâtre, adorent les dieux celtes. Cet échouage va tout changer. 3 Maries, dont l’origine du nom est une adaptation de Myriam, la princesse en hébreu qui vont changer l’histoire de France.

Une autre version de son mythe… et d’autre détails

Le mythe précédent, appuyé de faits récents et d’informations historique, est un angle du mythe, mais ce qui suit est une version véhiculé du mythe qui plaît davantage encore aux gitans…

« L’un des premiers membres de notre peuple à recevoir al première Révélation fut Sara la Kali. Elle était de naissance noble et dirigeait sa tribu sur les rives du Rhône. Elle connaissait les secrets qui lui avaient été transmis… Les Roms à cette période pratiquaient une religion polythéiste et un fois par an ils portaient sur leurs épaules, la statue d’Ishtar ( Astarté) et allaient au bord de la mer pour y recevoir sa bénédiction. Un jour Sara eut une vision qui l’informa que les saintes présentes à la mort de Jésus allaient venir et qu’elle devait les aider. Sara les vit arriver sur leur embarcation. L amer était agitée et le bateau menaçait de se renverser. Marie Salomé jeta son manteau sur les vagues et l’utilisant comme un radeau, Sara flotta vers les saintes et les aida à atteindre la terre ferme par la prière. » D’après Franz de Ville ( Tziganes, Bruxelles 1956), Sara était Rrom.

Sara la Kali, la noire, la brune, rappelle évidemment la déesse indienne Kâlî ( Bhadrakali, Uma, Durga et Syama) comme dit au tout début de cet article. Cette appellation concorde avec l’hypothèse la plus commune, de la provenance indienne des Rroms vers les IXème siècle. Il n’est donc pas faux ni fou de voir en elle, une manifestation syncrétique et christianisée de Kali. Durga, autre nom de Kali, déesse de la création, de la maladie et de la mort, pourvue d’un visage noir est aussi immergée dans l’eau tout les ans en Inde.

Elle porte aussi un aspect de « Vierge Noire » un aspect sous lequel elle est aussi adorée.

On raconte aussi qu’elle aurait été une prêtresse égyptienne d’un culte érigé en Libye et qu’elle est une figure de première importance dans un groupe de martyrs perses. Les traditions ne s’accordent pas sur son origine. Pour l’Église, elle vient de Palestine. Elle est arrivée avec les saints de Béthanie. Pour les Gitans, elle vivait en Provence avant l’arrivée des Maries.

Conclusion

Il est possible de célébrer Sara le Noire dans une pratique personnelle, comme une entité complète, qui porte en elle seule tout les visages habituels de la triple déesse aux multiples noms et appellations. Sara la Kali se suffit à elle seule, en tant que Vierge Noire, Mère Terre et Déesse Patronne des Gitans. Elle est le principe divin au féminin des tziganes de tout acabit, sans exception.

Hécate et les 3 voies

Posted By Isis Tyära on January 20, 2010

HÉCATE ET LES TROIS VOIES
traduit et adapté par Isis Tyära du site Hecate Trivia

Hécate est considérée comme une Triple-Déesse, représentant la Jeune Fille, la Mère et la Sage : esprit, corps et âme, ainsi que la naissance, la vie et la mort. Maîtresse de la nuit, elle symbolise les trois phases de la lune : nouvelle, pleine et noire. Hécate représente le côté sombre de notre essence, la partie de notre psyché que nous refusons de prendre en considération. Plusieurs ignorent la sagesse, la force et la vérité retrouvées en Hécate car notre peur du côté obscure est si forte. Elle est associée au côté sombre de la lune, au vrai côté de la lune. La lune ne projette aucune lumière par elle-même, elle reflète plutôt la lumière du soleil. Le noir est la vraie couleur de la lune, tout comme celle d’Hécate. Toutefois, même si elle représente la troisième phase de la lune, elle est elle-même divisée en trois essences, trois visages. Elle est Hécate la Jeune Fille, Hécate la Mère et Hécate la Sage. Hécate peut donc être invoquée durant toutes les phases de la lune car elle l’Une et les Trois. Pour prononcer son nom, le “H” est silencieux, comme il l’est dans la langue grecque. Donc, pour la nommer adéquatement vous direz “E-CA-TA” ou “E-CO-TA”.

Dans son aspect de Jeune Fille, elle représente les nouveaux départs. Elle peut être invoquée lorsque vous avez besoin d’un nouveau regard sur une situation, d’une manière dont vous n’auriez pas pensé. Faites appel à elle lorsque la lune commence à croître. Dans son aspect de Mère, elle est celle dont vous avez besoin lorsque vous voulez être maternés et protégés. Faites appel à elle lorsque la lune est pleine. Dans son aspect de Sage, elle est protection, sagesse et magie.

Toutefois, prenez conscience qu’Hécate n’est pas une Déesse pleine de tendresse et de compassion. Elle sera beaucoup plus encline à être sévère avec vous si vous provoquez une situation. Par contre, sa colère sera juste et prompte pour ceux qui causeront du tort à ses adeptes, car ceux qui la recherchent, l’honorent et ne la craignent pas, sont sous sa protection. Hécate jugera durement ceux qui leur feront du mal. Elle n’est pas tolérante et ne console pas. Tournez-vous vers une autre Déesse si c’est ce que vous cherchez. Lorsque vous l’appellerez, soyez préparés à ses actions promptes et à ses changements car il se pourrait que les résultats ne soient pas ceux auxquels vous vous attendiez.

Hécate nous apprend une leçon importante : la féminité doit être valorisée pour ce qu’elle est. Non pas parce qu’elle apporte la sexualité et le pouvoir mais parce que la féminité comporte une sagesse éternelle. Hécate est aussi une Grande Prêtresse, la Gardienne des Mystères. Elle n’est pas la Prêtresse qui recherche le savoir à l’intérieur d’elle-même, Hécate est plutôt la Grande Prêtresse qui l’a trouvé et aide les autres à le trouver en le partageant.

La Déesse Hécate est aussi connue comme une libératrice qui libère les femmes de l’emprise créée par les hommes. Voilà pourquoi l’Église catholique a écrasé Hécate et l’a modifiée en une Déesse du mal et de la destruction. Durant le Moyen-Âge, des païens se faisaient torturer à cause de leurs croyances en la Déesse. Le patriarcat régnait et la peur du pouvoir féminin a causé cette “démonisation” d’Hécate. Plusieurs la nomment, avec erreur, “la destructrice”. Elle est une libératrice car elle est la manifestation de nos émotions qui menacent la disparition de tout système qui pourrait empêcher de les exprimer et de les vivre. Elle est amour et colère, et refuse de cadrer confortablement dans un moule social. L’expression “être libéré de l’esclavage” signifiait avant que toutes les classes sociales étaient égales. Aujourd’hui, nous savons qu’il existe aussi de l’esclavage mental et émotionnel : les jugements, les idées conditionnées, les croyances aveuglées, ainsi que la peur. La pratique de la Magie demande une liberté intellectuelle et du courage dans le but de se confronter à nous-même. Hécate renforce l’indépendance féminine des influences masculines.

Dans la société d’aujourd’hui, nous cachons les personnes âgées (ou les ignorons comme s’ils n’existaient pas), les souffrants et les pauvres pour prétendre être immunisés contre ces conditions humaines. Cependant, Hécate nous rappelle la vérité. Elle voit au travers des façades sociales. Elle ne se préoccupe pas des rangs sociaux, de l’éducation, des titres ou des possessions. Elle est plutôt attirée et impressionnée par ce qui est dans le coeur. Elle est la patronne des gens de coeur.

Hécate est originaire de Thrace et est une déesse pré-olympienne. Zeus s’est abaissé devant sa grandeur en lui partageant le pouvoir d’obtenir ce qu’elle voulait de la part des humains. Il lui aurait aussi attribué la gérance des cieux… Comme si elle n’en avait pas déjà! Très peu de pouvoir lui a été attribué par Zeus.

De toutes les déesses, elle était la plus complexe. Elle était la déesse de la chasse sauvage. Pour les Romains et les Grecs, elle était particulièrement la déesse de la croisée des chemins. Des statues d’elle étaient érigées et des offrandes de nourriture (nommées “Souper d’Hécate”) y étaient placées devant à la veille de la pleine lune. Son festival, qui avait lieu le 13 août, avait pour but de calmer les tempêtes qui avaient habituellement lieu à cette période de l’année. Aussi, on croyait qu’elle hantait les cimetières et les scènes de crimes, étant une déesse de la purification.

Hécate est la Mère Sombre, dans le sens négatif et positif du terme. Pour ceux qui osaient l’accueillir, elle apportait l’inspiration créatrice. Elle est Hécate Antea, la messagère de la vision nocturne et Hécate Trivia, la Déesse de la croisée des chemins.

Un de ses symboles est la torche car la Mère Sombre possède la lumière qui illumine l’inconscient pour y révéler ses secrets. De ses torches, elle guide ceux et celles qui vivent la quête des mystères. C’est cette lumière qui les aide à comprendre les mystères.

Dans le Tarot, elle est le Trois et la Grande Prêtresse. Ses pierres sont le saphir, la perle, la pierre de lune et le cristal. Ses plantes sont le cyprès, l’opium, le pavot, l’amande, la noisette, le camphre, l’ail et l’aloès. Ses outils sont le chaudron, le besom (balais), l’athamé et la dague et la clé. Ses animaux sont les chiens, les chevaux et les chats noirs. La chouette est son messager. Son chariot est tiré par des dragons et ses couleurs sont le noir et l’argent.

Grâce au chaudron d’Hécate, nous devons regarder notre vraie personne, la nature de nos motivations et les résultats de nos actions car c’est grâce à celui-ci que nous pouvons renaître et évoluer. C’est seulement lorsque nous regardons dans le fond noir de son chaudron que nous pouvons y voir la lumière.

Hécate, et personne d’autre, est la reine de toutes créatures vivantes. C’est grâce à elle que tout vit et meurt. Elle est la Vierge souriante, la Mère vivante et la Vieille sombre de la mort. Elle est l’anticipation, l’accomplissement et la mort. Entendez ses paroles, adorez-la et soyez heureux car si vous la cherchez, elle sera à jamais à vos côtés. Elle était là au départ et le sera jusqu’à la fin.

Une des journées d’Hécate est le 13 août, moment où on la priait pour empêcher les tempêtes de ruiner les récoltes. Le 16 novembre est aussi la nuit d’Hécate qui début au crépuscule. Le 30 novembre est la journée d’Hécate-Trivia, la journée de la croisée des chemins.

Vanth, Dame Noire Étrusque

Posted By Isis Tyära on January 17, 2010

VANTH, DAME NOIRE ÉTRUSQUE
Traduit et adapté par Isis Tyära
Source : The osbcure Goddess online directory

Vanth est la déesse étrusque des Souterrains, peut-être une psychopompe, dont la présence représente une morte récente ou imminente. Son caractère est un peu ambigu : même si elle est présente lors de la mort elle n’a pas de rôles ou fonctions précises, et certains l’appellent « ange » et d’autres « démons ». Mis-à-part certaines représentations occasionnelles, Vanth est presque toujours représentées dans des scènes en lien avec la mort ou les Souterrains et joue le rôle de l’observatrice. On retrouve ces représentations habituellement près des monuments funéraires.

Beaucoup de déesses étrusques sont représentées avec des ailes mais dans le cas de Vanth, les ailes sont un élément important : elle est souvent représentée avec de grandes ailes qui s’ouvrent derrière elle, ce qui a sans doute contribué au fait que certains la nommaient « ange ». Parfois ses ailes sont peintes avec des yeux, probablement pour repousser le mauvais oeil ou encore pour représenter l’oeil qui voit tout, même la mort inévitable. Pour les autres déesses étrusques, les ailes seraient plutôt une simple référence au divin et celles-ci ne sont pas toujours présentes. Pour Vanth, le fait qu’elle soit toujours représentée avec des ailes indiquent qu’elle est très importante dans le panthéon ou encore qu’elle est une déité purement étrusque, contrairement aux autres déesses du panthéon qui ont une forte influence du panthéon grec (on ne retrouve pas l’équivalent de la déesse Vanth dans le panthéon grec, tout comme Lasa, déesse du destin, qui est aussi représentée avec des ailes).

L’habillement de Vanth est aussi particulier : elle porte une jupe avec une double ceinture, des bottes pour la chasse et rien sur le haut du corps sauf une bandelette qui croise sa poitrine. Cet accoutrement donne un aspect distinct à Vanth, un peu comme Artémis qui est habillée de manière à pouvoir courir. Vanth a parfois une épée mais elle ne l’utilise pas; elle porte sinon une torche qui lui permet d’illuminer les Souterrains et parfois, elle possède une clé pour ouvrir le portail qui garde les Souterrains (la torche et la clé sont des symboles associés à Hékate, déesse grecque). Aussi, Vanth est représentée parfois avec des serpents enroulés sur ses avant-bras, tenant la tête des serpents dans sa main.

Vanth est souvent accompagnée de son partenaire Kharun, la version étrusque de Charon, le gardien des Souterrains grec dont la mission est de transporter les âmes sur la rivière Styx. Ils étaient représentés de chaque côté de la porte d’un tombeau pour garder l’entrée. Elle a été nommée « servante de Kharun »; toutefois, de toutes les déités de la mort ou des Souterrains du panthéon étrusque (incluant Kharun), Vanth est la plus souvent représentée dans l’art étrusque, signifiant sans doute que son rôle était aussi important que celui de Kharun, si ce n’est pas plus.

Même si l’on retrouve Vanth dans des scènes plutôt morbides (batailles ou sacrifices), elle semble avoir un rôle distant et même bienveillant : même si elle est un présage de la mort, elle ne la cause pas. Le symbole des torches annoncent la possibilité qu’elle soit une psychopompe, une entité qui guide ou escorte une âme récemment morte vers les Souterrains; peut-être qu’elle attend calmement près des combats ou autre scènes de mort pour accomplir cette fonction. Dans le Temple de Tlamu (aujourd’hui Talamone), elle apparaît conduisant un chariot avec Adrastus, un des Héros des Sept contre Thèbes, le seul à avoir survécu. Vanth l’entoure de ses bras pour le protéger pendant qu’il s’échappe, confirmant qu’elle a un rôle bienveillant.

Vanth est apparue dans le panthéon étrusque autour du 4e siècle notre ère, car c’est autour de cette période que nous avons retrouvé des représentations d’elle. Les historiens ne croient pas qu’elle ait été importée par les Grecs même si elle semble très proche des Érynies (nommées Furies chez les Romains), déesses ailées. Elle a été pourtant très populaire et son culte s’est propagé jusqu’en Campanie, où l’on a retrouvé une statuette d’elle datant de 425-400 avant notre ère près du Mont Vésuve. Vanth a probablement persisté pendant l’époque romaine : dans la Villa des Mystères à Pompeii, il existe une énorme fresque datant du 1er siècle de cette ère représentant un rituel initiatique des Mystères Dyonisiaques. Un des participants est une femme ailée avec des bottes et une jupe courte, identifiée en tant que Vanth. Même si la signification exacte de cette initiation est encore un sujet de débat, la présence de Vanth ou la figure ressemblant à Vanth pourrait faire référence à son rôle ancien de Déesse de la Mort ou de psychopompe (sachant qu’un rite initiatique symbolise la mort d’un soi pour renaître).

Tout comme les Lasae, “les Vanths” sont souvent nommés au pluriel et referent à un groupe de Déesses des Souterrains ou Esprits.

Vanth porte aussi le nom de Van.

La Mère-mer, ou le monstre originel

Posted By Isis Tyära on January 12, 2010

La Mère-mer, ou le monstre originel
transcrit par Isis Tyära
Extrait du document: La Déesse sauvage de Joëlle de Gravelaine (Dangles)

« La déesse est à la fois la tueuse et la tuée. La mère chthonienne elle-même connaît la fatalité de la mort et devient un cadavre et, dans ce sens, devient pourvoyeuse de fertilité.»

La séparation des eaux

Les premiers récits de création du monde font apparaître d’une façon presque universelle la présence, à l’origine, des « eaux d’en haut » et des « eaux d’en bas ». Les premières désignent les eaux douces de la pluie fécondante qui tombent du ciel, infiniment précieuses, et les secondes désignent la mer, l’océan que nul ne peut maîtriser et qui, le plus souvent, sera baptisé « Chaos ».

Très vite, cet océan terrifiant, formidable, sera affronté, dans les mythes primordiaux, par un dieu ouranien, fils du Ciel, qui attaquera Chaos (nommé, selon les lieux, Tiamat, Léviathan, Tannin le Dragon, Rahab, Béhémot…), le vaincra, le dépècera et créera le monde avec les morceaux de ce corps gigantesque.


Tiamat

Fils du Ciel? Et pourtant Tammouz – ou Doumouzi, dont le culte fut très répandu dans tout le Moyen-Orient – sera appelé « Fils véritable de l’eau profonde », de ces eaux « substance cosmogonique par excellence » dura Mircea Eliade à propos des récits venus des Indes. Car toutes les créatures vivantes sont bel et bien nées de l’eau et dans l’eau. Vérité biologique autant que mythique. Et il est remarquable que les premiers récits, un peu partout dans le monde, tiennent compte de cette réalité liée aux lois mêmes de l’évolution. Ainsi, la première déesse de vie est-elle la Mer. Une mère encore indifférenciée et qui ne deviendra utilisable qu’à partir du moment où elle sera vaincue et morcelée.

Mais, de fait, la mer/mère originelle engendre par parthénogenèse (1) le Ciel et la Terre, An et Ki. À partir de Sumer, nous trouvons des textes cosmogoniques ou, comme le dit encore Mircea Eliada (2), des allusions à Namu, la Mère Primordiale, « l’aïeule qui enfanta tous les dieux». Elle donne donc naissance à Enlil, le dieu de l’atmosphère. C’est lui qui procédera à la séparation de ses parents, tirant avec lui la Terre tandis que An poussera le Ciel vers le haut. Et ce geste, on le verra, sera lourd de conséquences pour l’avenir des rapports hommes/femmes.

Les mythes de séparation des eaux, avant même la séparation du Ciel et de la Terre, sont nombreux. On se souvient des premiers mots de la Genèse: « Au commencement, Elohim créa le ciel et la terre. Or la terre était vague et vide, les ténèbres couvraient l’Abîme, l’esprit de Dieu planait sur les eaux. » Le chaos est ici appelé Téhom, proche de Tiamat, et le Créateur organise le chaos, mais dans la Genèse, il n’y a pas de combat contre un monstre marin aquatique.

En Égypte, il existe évidemment plusieurs récits d’origine, un tertre surgit, les Eaux primordiales sont là et un oeuf se tient dessus. Cet oeuf cassé en deux formera les deux hémisphères. Selon la théologie d’Héliopolis, Shou et Tenout (le premier couple divin) ont enfanté Nout et Geb, Ciel et Terre. Le créateur crache – ou se masturbe – et ainsi surgit le monde. « Tout comme dans la tradition sumérienne, le ciel et la terre étaient unis en un hieros gamos (union) ininterrompu, jusqu’au moment où ils furent séparés par Shou, le dieu de l’atmosphère (3). » De leur union naquirent les dieux qui nous sont plus familiers: Osiris et Isis, Seth et Nephtys.


La déesse égyptienne Nout.

Le geste de création est, avant tout, séparateur. On retrouvera ce même nom donné à l’un des démiurges, et Allah sera aussi appelé « Seigneur de la Séparation » On ne peut évidemment entendre ce mot sans songer, en termes psychanalytiques, à la vision paternelle de cette séparation d’avec la mère qui, elle, symbolise la fusion, la symbiose, la coïncidence. Le démiurge père introduit, dans l’acte même de création, l’indispensable distance. Mais ne peut-on s’interroger sur les effets d’une séparation et d’une distanciation qui conduit tout droit à l’abstraction, à la castration irréparable coupant l’être de l’univers sensible, de ce lieu où il sent au lieu de penser, où il « sait» à partir de son expérience vitale et non à partir d’un savoir perverti, où il accède à la vie par voie de poésie et non par voie de science? Cette question, par la force de la Déesse Mère, nous ne pourrons que nous la poser, encore et encore, car la leçon donnée par la Magna Mater (Magma Mater?) Est avant tout une leçon de vie, même si – et heureusement – elle est indissociable des lois de la mort.

Dans l’une des cosmogonies égyptiennes, le Soleil est nommé « fils de l’oeuf », cet oeuf retrouvé également dans diverses autres cosmogonies et qui doit être, là encore, séparé en deux: « La masse des eaux primordiales s’appelait Noun et contenait les germes mâles et femelles de tous les mondes futurs. Au commencement, l’esprit originel demeurait dans ces eaux et les pénétraient sans cesse; il ne pouvait en être séparé car il était Un avec elles. » Cet esprit originel éprouve toutefois le désir de créer (et on rencontrera aussi ce thème du désir comme entraînant la création) et, sous le nom de Thoth (qu’on appellera plus tard Hermès) il appelle à la vie quatre couple de dieux: He et Hebet, Tek et Teket, Nenou et Nenouet, Noun et Nounet. L’oeuf surgira et sera confié à He et Hebet, éternité du temps.

Aristophane, dans les oiseaux, décrit certaines traditions orphiques dans des termes qui nous sont maintenant familiers: « Au commencement était le chaos et la nuit, le sombre abîme et le second Tartare, mais la terre, l’air et le ciel n’existaient pas encore. » La nuit enfante un oeuf d’où naît à sont tour Eros, qui s’unit au Tartare et au Chaos pour produire une génération de dieux fort longue. Avec cette union, « apparaissaient le ciel, l’océan, la terre et les générations immortelles des dieux saints ».

Une autre tradition orphique précise que Chaos fut le premier dieu qui engendra le Temps (chez les Aztèques, la création du temps s’opère en jetant à l’eau un crocodile né, lui aussi, d’un oeuf!). Il produit un oeuf d’où sort un dieu hermaphrodite avec une tête de taurau sur ses flancs et un serpent aux formes multiples sur sa tête. On en fit Pan, Phanès ou Zeus lui-même… qui n’a pas toujours été le dieu spécifiquement mâle que l’on croit.

Post Wheeler (4) raconte un mythe japonais étrangement proche de ceux que nous avons déjà cités. Il est fascinant de voir à quel point, aux divers coins de la terre, la « mémoire des origines » est demeurées inchangée… « Jadis le ciel et la terre n’étaient pas encore distincts et les principes mâles et femelles n’étaient pas séparés non plus. Tout n’était qu’une seule masse informe, semblable à un oeuf, dont l’étendue est inconnue et qui contenait le principe de vie. Puis l’essence la plus ténue, la plus pure, s’élevant peu à peu, forma le ciel; la partie la plus lourde s’abaissa et devint la terre. L’élément le plus léger s’unifia promptement, mais le plus lourd ne s’assembla qu’avec difficulté. C’est pourquoi le ciel fut formé le premier, la terre en second et plus tard les Kami (divinités) furent engendrés dans l’espace qui les séparait. » Ici, la divinité ne peut apparaître qu’à l’intérieur de cet espace qui tient à distance le ciel – pur, évidemment – et la terre – forcément lourde…

La Grande Héra elle-même serait née d’un oeuf trouvé dans l’Euphrate, apporté par des poissons et couvé par des colombes. Était-il là avant ou après la poule, oeuf d’oiseau ou de saurien? La présence un peu partout de cet oeuf, assurément principe de vie, nous permet de comprendre, source constante d’interrogations métaphysiques, par où sont passés nos chers oeufs de Pâques, comme « par hasard » associés à la renaissance et à la résurrection… de quel fond des âges ils sont venus, et combien le mythe devait être enraciné dans l’inconscient collectif pour s’y maintenir encore…

Mais de tous nos mythes cosmogoniques – sans oeuf – le mieux conservés est sans conteste celui qui nous vient de la Mésopotamie. « Lorsque là-haut le ciel n’était pas encore nommé, et qu’ici-bas la terre ferme n’était pas appelée d’un nom, seuls Apsu le premier, leur progéniteur, et mère Tiamat, leur génitrice à tous, mélangeaient ensemble leurs eaux (5)…» Mais avant même que le monde soit créé par ces forces complémentaires du masculin et du féminin, du ciel et de la terre (on n’oubliera pas, cependant, que chez les égyptiens Nout est la déesse féminine du Ciel et Geb le dieu mâle de la Terre, et que cet « échange » des genres se retrouvera parfois dans les mythes d’androgynat sur lesquels nous reviendrons d’abondance, ou à travers la présence constante du serpent, lui aussi androgyne, ou des jumeaux célestes qui sont un autre aspect de l’androgyne), existe cette indifférenciation primordiale qui contraint, là encore, un dieu à séparer, à morceler, sans doute parce que à l’origine il n’y a ni espace ni temps, et que le monde ne peut se construire que sur cette dichotomie.

Mircea Eliade (6) parle du « geste primordial » de Soma ou d’Indra, lorsque ce dernier « a frappé le Serpent dans son repaire »: « Le serpent symbolise le chaos, l’amorphe, l’indifférencié. Indra rencontre Vrta, le Serpent, non divisé, non éveillé. » Nous retrouvons ici, dans ce mythe indien du Serpent, les cosmogonies sumériennes et Akkadiennes, entre autres.

Notes :

1. Parthénogenèse: reproduction sans fécondation (sans mâle) dans une espèce sexuée (Petit Robert)

2. Mircea Eliade : Histoires des religions

3. Naissance du monde (ouvrage collectif ; Le Seuil).

4. Post Wheeler: The Sacred Scriptures of the Japanese (Schuman, New York, 1952), cité dans M.L. von Franz in Les Mythes de Création du Monde (La Fontaine de Pierre).

5. Bottero et Kramer: Quand les dieux faisaient l’homme (N.R.F.)

6. Mircea Eliade, dans le Mythe de l’Éternel retour, à propos du Rig-Véda (II, 12, 1)

La déesse Pax

Posted By Flidais_Airmeith on January 9, 2010

Personnification de la Paix

Pax est une déesse romaine, pendant sororal de la déesse grecque Eireen (Irène), dont elle est l’équivalent latin. Elle est, comme beaucoup de déesse, passé au second plan, voir, à l’oubli. En effet, si nous recherchons la sérénité, nous nous tournerons beaucoup vers des déesses aux visages connus. Parmi les plus populaires; Tara Blanche, Kwan Yin, Vesta (déesse romaine; sérénité religieuse), Marie (mère de Jésus; catholicisme), Bona Dea, Adsullata (déesse celte; apaisante déesse élémentaire et esprit divin de rivière), Arianrhod (déesse celte majeure; son chemin de vie mène à la paix en soi). Pour ne nommer que celles-là!

Pax n’est pas une déesse très connue et son culte n’est plus très vivant, ni répandu. Pourtant, elle vaut un coup d’oeil, elle vaut qu’on s’attarde. Elle personnifie la paix pour les romains. Elle fut leur « Dame de la Paix ». Augustus (né Octave et premier empereur romain) avait une affection particulière pour cette déesse, dont il prisait particulièrement les faveurs et dont il prêchait les valeurs. Un autre empereur Romain, Vespasien, lui dédia le fameux Temple de la Paix.

Plusieurs choses intéressantes ressortent de tout ce qui entoure cette déesse. Ne serait-ce que dans sa présence dans la culture romaine, une culture si guerrière, soldatesque et conquérante. Il est dit, qu’à l’origine, Pax faisait partie des « di indigetes ». Il s’agit des « premières déités » ou des esprits des dieux. Alors que les romaines avaient des pratiques religieuses plutôt basés sur des croyances et pratiques animistes et que ces divinités étaient surtout des concepts et des esprits divins. Une pratique mettant l’accent sur une dévotion spirituelle intérieure (personnelle à soi, mais aussi dans le sens intérieur des foyers) alors qu’il n’y avait aucun clergé organisé. Alors que la foi était affaire intime et que les prières et les offrandes étaient scrupuleusement respectées. Peu des divinités de cette époque furent élues au rang des divinités majeures que nous connaissons aujourd’hui. Pax fut élevée parmi les « grands », mais elle demeure à l’écart et discrète malgré tout. Il y a plusieurs raisons à cela. La plus évidente, est qu’elle fut surtout utilisée et non pas tant priée et aimée. Elle était un idéal, reflétait un message, parfois un espoir, parfois revêtait les habits d’excuses et d’aspirations au pardon, à la paix et à la rédemption du peuple romain. Certains empereurs romains, pour se faire pardonner leurs coups d’éclats sanglants, pour faire oublier la férocité de leurs actes et de leur conquête, l’érigeait en exemple, la priait, la louangeait et la prisait.

Pour cela, Pax ne passa pas à l’histoire comme une déesse majeure mais comme un symbole. Comment la fille de Jupiter, roi des dieux et des cieux, dieu de la justice, et déesse d’un peuple ambitieux et guerrier, pouvait-elle faire autrement? Que de glisser derrière tous les dieux guerriers, et les déesses chaleureuses et fertiles des foyers? Le peuple qui la portait aux nues, étaient un peuple guerrier et comme tel, aspirait à la paix, mais n’en était pas véritablement porteur. Elle était en somme, si on veut, leur bonne conscience, celle qui leur permettait de mieux dormir malgré tout les assauts et les drames perpétrés. À ce peuple aussi brillant que sanglant, elle était celle qui apportait la rédemption psychique et symbolique, elle était la rédemptrice invisible qui absout les fautes de sangs, et l’ambition aux mains maculées de sang. Dans une culture ou la gouvernance masculine était aussi loi, elle se faisait petite, passant derrière beaucoup de dieux viriles représentant les valeurs et les attributs loués par les romains.

Sa présence est donc discrète, et son rôle, invisible à l’œil nu. Comme toujours, pour les visages de la déesse, il faut creuse, persister et chercher, afin de trouver et de rencontrer.

On lui a fait honneur d’un temple, on lui a fait honneur de son profile sur des pièces de monnaie. Auguste notamment, la fit représenter sur des pièces de monnaie, pour symboliser une renouvellement et un retour à la paix et à l’abondance. Ambassadrice de la paix, elle la personnifiait, mais de manière à être assimilée à la paix elle-même, ses espoirs, son salut, ses vertus. Auguste en faisait une dame qui effacerait toutes les guerres et manigances sanglantes, la cristallisant comme un visage de la paix désirée, que les romains étaient désireux d’atteindre. Elle était emblème donc de leurs aspirations, de leurs consciences souillées de beaucoup de sang. Par elle, ils acquéraient paix d’esprit et accédaient à une image et des idéaux auxquels ils aspiraient tout en ayant du mal à les rencontrer. Un peuple fort et brillant, se réfugiant derrière la superbe et l’aura d’une déesse de paix. Derrière la déesse qui incarnait LA paix.

Le nom même de la déesse était répandu, confondu et utilisé à outrance. Il devient fin de faire la différence et de retracer l’association à la Paix, ou à la Déesse Pax. La référence est souvent à la déesse, ou aux deux à la fois; Paix et Déesse Pax. Plusieurs empereurs romains se sont emparés de son nom, l’associant à leur devise. Comme si cela allait les protéger et les absoudre, qui sait? Peuple fier et conquérant, il croyait sans doute vraiment répandre la paix, en ayant conquis le monde et à le plier à son joug et ses mœurs! Pax était la déesse de ce peuple là, et le symbole de leurs aspirations, peu importe les moyens qu’ils empruntaient. Ainsi que la déesse qui les lavait de leurs mauvaises consciences et qui jouait le rôle de leur bonne conscience.

Sans doute certains l’aimèrent-ils vraiment, mais beaucoup firent usage de son image, sans plus. Ce qui explique qu’elle soit répandue, mais peu connue, déesse de second ordre ayant son nom répandu cependant comme pas un. Emblème, image, symbole, visage des aspirations; elle fut utilisée, mais rarement reconnue et aimée. Son aura était plus prisée, que sa présence elle-même. Pourrait-on résumer cela par « soit belle et tais-toi? » À un certain point, oui, sans doute, mais je laisse cela à chacun et chacune, sachant très bien que tout n’est pas si simple. Que chaque médaille à deux faces, deux revers.

En résumé, elle est une déesse discrète à la présence effacée mais incontournable, ne serait-ce qu’à cause de son nom fort prisé et répandu dans la culture romaine. Pour les romains, elle personnifiait la paix, comme un flambeau de paix. Au fond, elle l’incarne; la paix, c’est Elle. Celle dont on usait du nom pour couvrir la fameuse « paix imposée par l’Empereur de Rome » ne se limitait pas à l’usage qu’en faisaient les hommes; que ce soit usage noble ou non.

Aspect physique et matériel
Il est toujours très drôle de parler d’aspect physique quand on évoque les déités, si immatérielles. Invisibles même si présentes. Pax elle, était décrite par ses adeptes et partisans romains, comme une jeune femme tenant une corne d’abondance dans une main et une branche d’olivier dans l’autre. On lui associait aussi le port d’un sceptre. La fille de Jupiter et Iustitia (Justitia) dit-on, portait la corne d’abondance dans sa main gauche et la branche d’olivier (ou le bâton/sceptre du dieu Hermès, selon certaines versions et représentations d’elle) dans sa main droite. Elle était aussi représentée parfois, brûlant des piles de bras (symbolisant qu’elle s’imposait face à la guerre, qu’elle annihilait et stoppait) ou on la représentait aussi tenant un épis de maïs ou le brandissant au-dessus de sa tête (symbolisant son rôle/sa face de rédemptrice et sauveuse/salvatrice, qui protège, régénère, apaise, nourrie et offre rédemption salvatrice mettant fin aux guerres et famines). Les symboles qui lui sont rattachés et connus, témoignent de son importance en dépit de la petitesse de sa place parmi les déités romaines connues. Elle fut aussi représentée un épis de maïs dans la main gauche et un sceptre dans la main droite.

Culte et temple

Déesse de la Paix, qu’elle offrait aux hommes, elle était aussi associée à la saison du printemps et un festival lui était dédié en date du trois janvier, en son honneur.

On la célèbre aussi le 30 mars, jour de célébration de la bonne entente, de la santé et de la paix. Jour où on la célèbre conjointement avec d’autres dieux parfois.

Son culte fut reconnu sous le règne d’Augustus, qui prisa beaucoup cette déesse et ses attributs. On peut ainsi dire qu’il la mit au goût du jour et qu’il lui offrit sa place parmi les dieux importants, la sortant du rang des « di indigetes ». Il la favorisait pour symboliser un changement de cap et faire oublier guerres et intrigues sanglantes et troubles. Lui vouant néanmoins un sincère attachement, selon certaines sources.

Augustus lui fit érigé un sanctuaire mineur, Ara Pacis (Autel de la Paix ou Autel de la Paix d’Augustus). C’était en l’An 8 du calendrier julien, et l’Ara Pacis était érigé sur le Champ de Mars (Campus Martius).

C’est en 75, que Vespasien, autre empereur romain, soucieux de faire oublier les guerres, voulant asseoir son pouvoir et affiché ses valeurs, lui fera construire un temple, ainsi qu’un forum qui porta son nom. Un temple construit sur le site du « Marché à la Viande ». C’est aussi lui qui fit construire le Forum Pacis (Forum de la Paix), troisième de forums impériaux. Concernant le Temple de la Paix, on dit qu’il avait des dimensions d’environ 34 X 22m et qu’il contenait les trésors récupérés lors de la prise du Temple de Salomon à Jérusalem. On y entreposait aussi des œuvres d’art. Dans le Temple de la Paix se trouvait aussi la Bibliothèque de la Paix, où se trouvaient entreposés les archives de la préfecture urbaine, les plans cadastraux et les divers trésors littéraires rapportés par Vespasien de Jérusalem, ainsi qu’une série de documents concernant les travaux édilitaires réalisés notamment sous Vespasien et Septime Sévère. On y trouvait aussi des travaux célèbres d’artistes grecs (peintres et sculpteurs). On en dit qu’il était aussi riche qu’un musée.

Ce magnifique temple fut détruit par un incendit sous le règne de l’Empereur Commode. Comme le relate Hérodien dans Histoire romaine, livre I : « Le feu prit au temple de la Paix … C’était un des plus beaux et des plus somptueux édifices de Rome ; il était orné et enrichi d’offrandes d’or et d’argent que la piété de nos ancêtres y avait consacrées. Comme ce lieu était fort sûr, chacun y mettait en dépôt tout ce qu’il avait de plus précieux ; ainsi en une seule nuit le feu ruina un grand nombre de familles, et presque tout le monde, avec le malheur public, eut à pleurer ses pertes particulières. La flamme, après avoir réduit en cendres ce superbe bâtiment, gagna plus loin et brûla plusieurs autres temples. (…) Ainsi l’on crut qu’il n’y avait rien de naturel dans cet accident ; tout le monde disait que les dieux qui avaient fait commencer l’incendie avaient pu seuls en arrêter le cours ; d’autres ajoutaient que la ruine du temple de la Paix était un présage infaillible de quelque guerre dont l’empire était menacé : ce pronostic ne se trouva que trop vrai, comme on le verra dans la suite de cette histoire. »

Les outils de Pax

Il s’agit des outils que cette belle déesse offre aux prêtresses et femmes contemporaines. Pax a deux aspects intéressants avec lesquels travailler ou desquels s’inspirer. Pax est une déesse de la paix issue d’un peuple fort. Comme telle, elle prend en charge et elle est solide. On peut très bien se tourner vers elle, faire appel à elle quand, ne sachant plus « à quel saint de vouer » on est à bout de nerfs, de souffle et de ressource. Quand il est temps, sans renoncer ou baisser les bras, de lâcher-prise. Quand il est temps de laisser agir et de laisser venir les réponses et la paix. C’est pax qui est tout indiquée dans des cas comme ceux-là. Matrone de la Paix, elle se chargera d’accompagner, soutenir et guider, de manière incroyable.

L’autre aspect très fort et intéressant de Pax, est sa force face à la guerre ou à la guerre. Elle brûle littéralement les guerres ou la guerre, pour l’éradiquer et semer la paix fertile ensuite. Elle rase la guerre, la repousse. Elle l’englobe, l’avale, l’assimile et en alchimiste, par le feu sacré, transmute le tout en paix. Elle nous enseigne là quelque chose d’important et peu inspirer plusieurs belles démarches fertiles, positives et constructives. Par le feu, tout est purifié. La colère est un feu, dont on peu sortir plus pure et vraie. Il suffit de ne pas la laisser nous consumer, et d’en garder le contrôle pour qu’elle soit fertile et libératrice. Il faut laisser libre cours à la colère et sans la museler, la contrôler et « guider sa sortie ». C’est un art, et par cet art, on apprend à voir plus clair en soi et en nos colères. Et la maîtresse de cet art menant à la paix intérieure et nulle autre que Pax.

Dans le même esprit, elle est celle qui nous enseigne à se pardonner et à brûler nos culpabilités pour les transformer et atteindre la paix.

Elle est aussi celle qui aide dans une démarche où il faut cesser les conflits qui gonflent et trancher net les sources de conflits et autres guéguerres. Elle est forte, efficace et guide avec patience et précision. Elle ne tergiverse pas, elle est action, tout en visant toujours la paix. La paix en soi, autour de soi et quand on veut la paix. Quand l’on désire la tranquillité d’esprit et que l’on souhaite éloigner les esprits négatifs et les personnalités parasites, elle agit aussi très bien et pour l’intérêt de chacun, mais de manière nette et franche. La coupure est nette et la paix est issue de terre fertile bien nettoyée (feu) des impuretés nécrosantes qui pourrait miner. Miner le moral, miner les rapports.

Elle est très enveloppante, rassurante, rassérénante, que solide, intègre, forte et franche. Elle est paix sereine, sans arrière-pensée, sans négativité. Elle est paix, tout simplement. Elle repousse la guerre et les conflits de soi et les englobe, les brûle, le transforme, nous enseignant sa méthode et sa « médecine » au passage. Elle prend en charge mais donne un exemple puissant dont on peut s’inspirer pour les « prochaines fois ». Elle berce de sérénité, et enseigne le moyen d’y parvenir.

Sa devise et son mantra :

« Dona nobis pacem. »

« Gratifie-nous de la paix. »

Formule ô combien simple, mais efficace. Qui combine la prière, la demande et la révérence.

En conclusion, Pax est une déesse qui mérite d’être connue, et reconnue.

Mielikki

Posted By Freya Ixchel on January 3, 2010

Autres noms : Mimerkki, Mère-Riche-de-Miel, Mère de la forêt
Attributs : protectrice des animaux

Elle est la déesse sauvage, déesse des forêts, de la chasse, des animaux. Dans la campagne, Mielikki était priée et adorée, invoquée pour sa protection. Lorsque la chasse connaissait un grand succès, elle se présentait aux hommes merveilleusement belle, portant une multitude de bijoux dorés et argentés. Lorsque la chasse s’avérait infructueuse, elle entrait dans une colère noire et se présentait affreusement laide et vêtue de haillons crasseux et des souliers faits de paille.

Elle possède un coffre remplit de miel qu’elle offre aux esprits qui résident dans la forêt. Tous les chasseurs de Finlande cherchent à mettre la main sur ce coffre qui leur assurerait les bonnes grâces lors de leurs parties de chasse.

Connue pour être d’une grande beauté, on la représente comme une femme aux yeux bleus et aux cheveux roux ou blonds et il est facile de comprendre pourquoi elle est associée à l’amour libre et aux plaisirs de la chair. Contrairement à Frigg, avec qui elle est souvent mélangée, Freyja représente la liberté, la sexualité sans gêne, le plaisir de l’amour sans engagement. Plusieurs légendes rapportent qu’elle aurait offert ses faveurs non seulement à plusieurs dieux mais aussi à plusieurs rois et héros. À ces rois et héros, elle leur promettait de veiller sur eux, aussi bien durant leur vie qu’après leur mort.

Son nom se traduit ainsi : mieli (âme, coeur, humeur, plaisir, sens, sentiment, désir) et -kki (marque d’affection). On traduit donc son nom par « chérie ». D’ailleurs, son époux, le dieu arbre Tapio, la surnomme « la femme qui sait tout satisfaire ». Avec lui, elle a un fils, Nyyrikki et deux filles, Tuulikki (vent-chérie) et Tellervo. Dans certains mythes, Mielikki est la belle-fille de Tapio. C’est elle qui détient les clés de Metsola, la demeure de son époux.

On l’associe grandement aux animaux : elle participa à la création de l’ours; le héros Lemminkäinen lui offre prières et bijoux en échange du Hiisi (esprit malicieux) en chef, un élan; les femmes la prient et demande d’accorder sa protection aux troupeaux de vaches qui se rendent brouter en forêt. Certains lui associent également la licorne.