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  • Sara la Noire

    Posted By Flidais_Airmeith on January 26, 2010

    Introduction

    C’est la Déesse Mère des Tzigane, nommée aussi, Sara la Kali. C’est la P(M)atronne des Gitans. Les Tzigane ce peuple voyageur, sur qui le temps n’a pas de prise, pas plus que tous nos concepts de laboratoire et de culte de la raison et de l’intelligence au détriment de tout le reste. Les « gadjé » c’est à dire les non-gitans, sont pour eux, des êtres humains qui renient leur humanité. Dans leur culte du savoir qui les déconnectent du vivant. Dans un monde de raisonnement à en perdre l’âme et les petites magies ou l’on méprise la simplicité. Où on élève l’intelligence et le patriarcat déguisé sous toutes ses formes. La philosophie et l’art de vivre des gitans déstabilise ou rafraîchit. Ils n’ont rien de grands enfants stupides et niais que l’on voudrait croire et faire croire. Ils sont demeurés près de leurs racines nomades et ouverts au tout, à tout ce qui est vivant. Ils sont libres, comme le vent. Alors que nous cherchons la vérité et nos racines dans les contes amérindiens, nordiques et gaulois par exemple, ils sont encore proches de leurs mythes et légendes vivant, qui évoluent encore, tout en ayant gardé leurs fondements. En effet, ils prennent de partout où ils passent et enrichissent ainsi sans pudeur ni vergogne leurs croyances. Mais cela ne témoigne-t-il pas d’une plus grande ouverture d’esprit, d’une plus grande tolérance et de la plus belle compréhension du monde qui soit? Ils ont saisi depuis longtemps, que le monde est un tout. Que nous puisons tous à la même source, et ils sont vrais et n’ont pas le mensonge né de la gêne ou la prétention de vouloir imposer leurs croyances comme une seule et même, mais ils intègrent plutôt des croyances de tout les lieux où ils errent dans leurs propre système de coutumes et de croyances. Chacun peut se retrouver dans leurs contes et légendes, peut-on en dire autant de tous les peuples, de toutes les mythologies? Sans doute oui, mais malheureusement, usage des tous les mythes et cultes peuvent être déformés pas l’homme. En étant pas figé, les tziganes évitent ce piège également. Et ils n’ont pas honte d’emprunter, de prendre, d’intégrer et de mélanger. Ils sont au-dessus de tout cela, ils voient plus loin; ils savent et ont compris que nous sommes un tout. Ils ont la conscience de ne rien inventer, ils n’ont pas honte d’être simples et riches de ce fait, même si nous les voudrions démunis tels de grands enfants parents pauvres et innocents, simplement car nous ne les comprenons pas. C’est nous, « gadjé » qui avons changé. Eux, à peine.

    Oui, pour beaucoup, le dieu est important, un dieu qui emprunte souvent beaucoup au dieu chrétien si répandu. Et il n’y a pas plus fervent ni sincère qu’un tzigane. Chez eux existe aussi l’antique foi en une Déesse Mère et en une Mère Nature de qui ils sont demeurés si proches malgré tout. Leurs croyances se rapprochent de tout ce que nous cherchons dans les différentes formes de chamanisme et des anciennes religions. Ils vivent encore au rythme de la Terre et près d’elle, ces mal-aimés incompris et souvent méprisés.

    Pour les tziganes, la Nature tient une grande place dans leur vie et leurs croyances. Ils ne revendiquent rien, ils vivent et croient tout simplement. Ils ne cherchent ni ne veulent convaincre personne, ils continuent à tisser leur tradition, de pays en pays, de voyages en voyages. Qu’il s’agisse de la création du monde, des patrins ( à la fois langage et signes de reconnaissances) ou des moyens pour guérir les douleurs humaines physiques ou spirituelles, ou encore des activités légendaires de la vieille Kinèche et du Musicien aux doigts d’Or, tout nous replonge dans un passé que manifestent dans notre imaginaire les cultes druidiques oubliés ou le chamanisme.

    Ils incorporent sans honte toutes les traditions dans un même chaudron, leur culture c’est la culture de l’âme humaine avant le règne de l’intelligence et du patriarcat. Leur représentation du monde donne a penser à une mosaïque disparate mais leur culture est en fait la « materia prima » un terreau sur lequel peut germer une conception de l’univers qui allie la vision la plus ancestrale et paradoxalement les concepts les plus modernes. Qui en ce début de millénaire peut encore se vanter de savoir communiquer et guérir, de savoir interpréter les signes du temps et les révélations spirituelles en lisant simplement ce que disent les plantes, les arbres, les feuilles et les petits cailloux, et comprendre les significations des lignes des mains, des haricots rouges et des lentilles blondes? Là où nous voulons tous régenter, ils ne demandent qu’à être libres.

    Chez eux la communauté est forte et c’est avec tristesse et sans mépris qu’ils pensent ceci des gadjés : « Nés pour détruire, pas pour conserver, nés pour haïr, pas pour aimer, nés pour prendre, pas pour donner ,nés pour voler, pas pour partager. » Ils conçoivent le gadjé comme un non-homme car à leurs yeux ce dernier nie et se renie, qu’il ne cherche pas la connaissance dans sa nature pour son plein épanouissement et qu’il ne la respecte pas. Ils se disent sans passé, ni avenir . Ils conçoivent l’éternité dans une loi de ce qui se renouvelle d’une façon universelle. Se coulant dans cette conception dans mémoire du passé, car toujours actuelle et vivante, sans souci d’avenir car tout est dans l’éternel présent. Ils vivent libres dans l’actuel maintenant, le présent, permanent et immuable. L’état de « nous-je » étant une valeur clé et principale, ce qui explique la notion forte de communauté si importante pour eux. Ce qui nous fait aussi défaut.

    Sara la Noire

    Dans la communauté tzigane, la communauté est à l’enfant, ce que la coquille est à l’œuf. Au centre de cette communauté, se trouve la Mère, cette doyenne qui est aussi parmi les siens, l’archétype vivant de Sara la Kali, Sara la Noire. Elle est honorée et respectée par tous, et, tout le monde lui doit quelque chose. Ils lui sont tous liés.

    Sara la Kali, c’est l’expression de la mère généreuse et féconde Sara la Noire, la Terre-Mère. C’est la création divine manifestée sur tout les plans; végétal, minéral, animal. La Mère a reçu et dispense l’enseignement spirituel. Elle ouvre à tous les chemins menant au monde divin promis aux tziganes après le passage de la vie à la mort. La doyenne, la Mère, c’est aussi ce qui pourrait figurer d’une haute-prêtresse. Sara la Kali… cela fait référence aux origines lointaines des tziganes, qui viendrait de l’Est de l’Inde. Kali, est l’écho de ces racines indiennes.

    Culte de Sara d’hier à de nos jours

    Sara, la gitane

    Sara, simple statue de plâtre dans cette église sombre des Saintes-Maries-de-la-Mer ferait pale figure à coté de Marie Jacobé et Marie Salomé, statues de bois dans une barque, à l’entrée gauche de cette église, à 10 mètres de la porte d’entrée. Mais la chaleur ne manque pas à Sara, celle des cierges qu’une dévotion toujours croissante, celle de l’affection qu’une large communauté de gitans du Sud de la France lui voue depuis de très nombreuses années, surtout à l’occasion du pèlerinage du 24 mai où on conduit Sara à travers la ville en compagnie de toutes les autorités locales, laïques et religieuses au beau milieu des télévisions et photographes du monde entier. Mais au fait qui est Sara, pourquoi l’écrit-on tantôt avec un h ou sans le h, comme George Sand ne prend pas de s. Sara est avant tout un personnage biblique de la Genèse, qui fut l’épouse d’Abraham mais longtemps stérile finit par adopter Ismael, fils de son mari et de sa servante Agar. Perfide, sa stérilité vaincue elle renvoya Agar et son fils. Sarah avec un h est une variante. Sara est-elle une gitane locale du 1er siècle de notre ère, une celto-ligure d’Europe centrale, une égyptienne, la servante des Saintes Maries ? nul ne s’accorde, cela fait si longtemps, une chose est sure c’est la patronne des gitans. Sara la gitane ne prend pas de h.

    Sara-la-Kali, Sara la noire, la brune Sara, serait pour les uns la servante de Marie Jacobé et Marie Salomé chassée de Jérusalem après la mort du Christ dans la barque sans voile ni rames qui échoua en Camargue, pour d’autres c’est une gitane provençale. Une chose est sure, elle était de couleur noire ou sombre. La version que retiennent les gitans est celle d’une jeune femme, une “gitane”, campant avec sa tribu dans ce delta du Rhône. On raconte qu’avertie miraculeusement elle courut vers la mer et, s’étant dévêtue, elle étendit sur les vagues sa robe qui la porta vers les saintes. Baptisée de leurs mains, elle les conduisit au temple païen, le temple de “Ra”, où affluaient les grands pèlerinages de sa race. Il est vraisemblable que Sara appartenait à une tribu celto-ligure, peuple nomade d’Europe centrale qui s’était installé dans cette région marécageuse de Camargue.

    Le roi René fit deux choses à la découverte des dépouilles de Marie Jacobé, et Marie Salomé, il déposa les restes dans des chasses richement ornées et comme on ne retrouva pas trace des dépouilles de Sara, on lui creusa la crypte actuelle où les gitans la vénèrent avec ferveur le 24 mai, depuis 1935, date de sa première sortie officielle en procession la mer. Les gitans pensent à une origine provençale et non palestinienne de Sara et la reconnaisse comme leur patronne, leur guide. Chacun vient ici déposer un cierge dans cette crypte, véritable étuve. Et puis on habille régulièrement la statue d’habits neufs, nous devons en être à cinquante robes qui s’amoncellent sur la frêle statue qui grossit de jour en jour, et dont le fin et noir visage visage pâlit sous les attouchements des visiteurs.

    La crypte a été creusée sous le sanctuaire, l’autel est constitué en partie par un fragment de sarcophage et suppose les ossements présumés de Sainte Sara. Si les corps des deux Maries ont pu être identifiées comme deux personnes de type oriental du 1er siècle, rien n’a permis d’identifier formellement ceux de Sara.

    Peu importe finalement que Sara ait été ou non du voyage, si ce voyage en barque eut bien lieu et s’il eut lieu, qu’il se fit plutôt sur un navire régulier que dans une pauvre barque sans rame ni voile, ce qui est remarquable c’est l’attachement des gitans pour cette terre sans frontières, sans enclos, une terre de liberté ou vivent en harmonie et totale liberté des taureaux, des chevaux et où font étape des oiseaux migrateurs. Nul doute qu’une sorte d’accord semble s’être établi entre le peuple Gitan et la Camargue. Un espace est libre, des limites de la propriété individuelle à peine perceptible, la lande, la plage sont des immensités où il y a de la place pour tout le monde, une étape possible pour les gens du voyage. Le culte à Sara est leur façon de dire leur harmonie avec la Camargue, avec le monde qui correspond à leur souhait. Cela mérite bien un pèlerinage.

    En 42 de notre ère, 10 ans après la mort et la résurrection de Jésus, Lazare, l’oncle de Jésus, Marthe la tante et Marie-Madeleine que l’on dit l’épouse de Jésus, accompagnés de Marie Jacobé la mère de Jésus, Marie Salomé, peut-être Sara ou Sarah, la servante égyptienne échouent en Camargue. Un autre disciple du Christ, Maximin, ainsi que l’aveugle Sidoine sont du voyage, au total 8 personnes. La Gaule, en ce milieu du 1er siècle, est barbare, idolâtre, adorent les dieux celtes. Cet échouage va tout changer. 3 Maries, dont l’origine du nom est une adaptation de Myriam, la princesse en hébreu qui vont changer l’histoire de France.

    Une autre version de son mythe… et d’autre détails

    Le mythe précédent, appuyé de faits récents et d’informations historique, est un angle du mythe, mais ce qui suit est une version véhiculé du mythe qui plaît davantage encore aux gitans…

    « L’un des premiers membres de notre peuple à recevoir al première Révélation fut Sara la Kali. Elle était de naissance noble et dirigeait sa tribu sur les rives du Rhône. Elle connaissait les secrets qui lui avaient été transmis… Les Roms à cette période pratiquaient une religion polythéiste et un fois par an ils portaient sur leurs épaules, la statue d’Ishtar ( Astarté) et allaient au bord de la mer pour y recevoir sa bénédiction. Un jour Sara eut une vision qui l’informa que les saintes présentes à la mort de Jésus allaient venir et qu’elle devait les aider. Sara les vit arriver sur leur embarcation. L amer était agitée et le bateau menaçait de se renverser. Marie Salomé jeta son manteau sur les vagues et l’utilisant comme un radeau, Sara flotta vers les saintes et les aida à atteindre la terre ferme par la prière. » D’après Franz de Ville ( Tziganes, Bruxelles 1956), Sara était Rrom.

    Sara la Kali, la noire, la brune, rappelle évidemment la déesse indienne Kâlî ( Bhadrakali, Uma, Durga et Syama) comme dit au tout début de cet article. Cette appellation concorde avec l’hypothèse la plus commune, de la provenance indienne des Rroms vers les IXème siècle. Il n’est donc pas faux ni fou de voir en elle, une manifestation syncrétique et christianisée de Kali. Durga, autre nom de Kali, déesse de la création, de la maladie et de la mort, pourvue d’un visage noir est aussi immergée dans l’eau tout les ans en Inde.

    Elle porte aussi un aspect de « Vierge Noire » un aspect sous lequel elle est aussi adorée.

    On raconte aussi qu’elle aurait été une prêtresse égyptienne d’un culte érigé en Libye et qu’elle est une figure de première importance dans un groupe de martyrs perses. Les traditions ne s’accordent pas sur son origine. Pour l’Église, elle vient de Palestine. Elle est arrivée avec les saints de Béthanie. Pour les Gitans, elle vivait en Provence avant l’arrivée des Maries.

    Conclusion

    Il est possible de célébrer Sara le Noire dans une pratique personnelle, comme une entité complète, qui porte en elle seule tout les visages habituels de la triple déesse aux multiples noms et appellations. Sara la Kali se suffit à elle seule, en tant que Vierge Noire, Mère Terre et Déesse Patronne des Gitans. Elle est le principe divin au féminin des tziganes de tout acabit, sans exception.

    Hécate et les 3 voies

    Posted By Isis Tyära on January 20, 2010

    HÉCATE ET LES TROIS VOIES
    traduit et adapté par Isis Tyära du site Hecate Trivia

    Hécate est considérée comme une Triple-Déesse, représentant la Jeune Fille, la Mère et la Sage : esprit, corps et âme, ainsi que la naissance, la vie et la mort. Maîtresse de la nuit, elle symbolise les trois phases de la lune : nouvelle, pleine et noire. Hécate représente le côté sombre de notre essence, la partie de notre psyché que nous refusons de prendre en considération. Plusieurs ignorent la sagesse, la force et la vérité retrouvées en Hécate car notre peur du côté obscure est si forte. Elle est associée au côté sombre de la lune, au vrai côté de la lune. La lune ne projette aucune lumière par elle-même, elle reflète plutôt la lumière du soleil. Le noir est la vraie couleur de la lune, tout comme celle d’Hécate. Toutefois, même si elle représente la troisième phase de la lune, elle est elle-même divisée en trois essences, trois visages. Elle est Hécate la Jeune Fille, Hécate la Mère et Hécate la Sage. Hécate peut donc être invoquée durant toutes les phases de la lune car elle l’Une et les Trois. Pour prononcer son nom, le “H” est silencieux, comme il l’est dans la langue grecque. Donc, pour la nommer adéquatement vous direz “E-CA-TA” ou “E-CO-TA”.

    Dans son aspect de Jeune Fille, elle représente les nouveaux départs. Elle peut être invoquée lorsque vous avez besoin d’un nouveau regard sur une situation, d’une manière dont vous n’auriez pas pensé. Faites appel à elle lorsque la lune commence à croître. Dans son aspect de Mère, elle est celle dont vous avez besoin lorsque vous voulez être maternés et protégés. Faites appel à elle lorsque la lune est pleine. Dans son aspect de Sage, elle est protection, sagesse et magie.

    Toutefois, prenez conscience qu’Hécate n’est pas une Déesse pleine de tendresse et de compassion. Elle sera beaucoup plus encline à être sévère avec vous si vous provoquez une situation. Par contre, sa colère sera juste et prompte pour ceux qui causeront du tort à ses adeptes, car ceux qui la recherchent, l’honorent et ne la craignent pas, sont sous sa protection. Hécate jugera durement ceux qui leur feront du mal. Elle n’est pas tolérante et ne console pas. Tournez-vous vers une autre Déesse si c’est ce que vous cherchez. Lorsque vous l’appellerez, soyez préparés à ses actions promptes et à ses changements car il se pourrait que les résultats ne soient pas ceux auxquels vous vous attendiez.

    Hécate nous apprend une leçon importante : la féminité doit être valorisée pour ce qu’elle est. Non pas parce qu’elle apporte la sexualité et le pouvoir mais parce que la féminité comporte une sagesse éternelle. Hécate est aussi une Grande Prêtresse, la Gardienne des Mystères. Elle n’est pas la Prêtresse qui recherche le savoir à l’intérieur d’elle-même, Hécate est plutôt la Grande Prêtresse qui l’a trouvé et aide les autres à le trouver en le partageant.

    La Déesse Hécate est aussi connue comme une libératrice qui libère les femmes de l’emprise créée par les hommes. Voilà pourquoi l’Église catholique a écrasé Hécate et l’a modifiée en une Déesse du mal et de la destruction. Durant le Moyen-Âge, des païens se faisaient torturer à cause de leurs croyances en la Déesse. Le patriarcat régnait et la peur du pouvoir féminin a causé cette “démonisation” d’Hécate. Plusieurs la nomment, avec erreur, “la destructrice”. Elle est une libératrice car elle est la manifestation de nos émotions qui menacent la disparition de tout système qui pourrait empêcher de les exprimer et de les vivre. Elle est amour et colère, et refuse de cadrer confortablement dans un moule social. L’expression “être libéré de l’esclavage” signifiait avant que toutes les classes sociales étaient égales. Aujourd’hui, nous savons qu’il existe aussi de l’esclavage mental et émotionnel : les jugements, les idées conditionnées, les croyances aveuglées, ainsi que la peur. La pratique de la Magie demande une liberté intellectuelle et du courage dans le but de se confronter à nous-même. Hécate renforce l’indépendance féminine des influences masculines.

    Dans la société d’aujourd’hui, nous cachons les personnes âgées (ou les ignorons comme s’ils n’existaient pas), les souffrants et les pauvres pour prétendre être immunisés contre ces conditions humaines. Cependant, Hécate nous rappelle la vérité. Elle voit au travers des façades sociales. Elle ne se préoccupe pas des rangs sociaux, de l’éducation, des titres ou des possessions. Elle est plutôt attirée et impressionnée par ce qui est dans le coeur. Elle est la patronne des gens de coeur.

    Hécate est originaire de Thrace et est une déesse pré-olympienne. Zeus s’est abaissé devant sa grandeur en lui partageant le pouvoir d’obtenir ce qu’elle voulait de la part des humains. Il lui aurait aussi attribué la gérance des cieux… Comme si elle n’en avait pas déjà! Très peu de pouvoir lui a été attribué par Zeus.

    De toutes les déesses, elle était la plus complexe. Elle était la déesse de la chasse sauvage. Pour les Romains et les Grecs, elle était particulièrement la déesse de la croisée des chemins. Des statues d’elle étaient érigées et des offrandes de nourriture (nommées “Souper d’Hécate”) y étaient placées devant à la veille de la pleine lune. Son festival, qui avait lieu le 13 août, avait pour but de calmer les tempêtes qui avaient habituellement lieu à cette période de l’année. Aussi, on croyait qu’elle hantait les cimetières et les scènes de crimes, étant une déesse de la purification.

    Hécate est la Mère Sombre, dans le sens négatif et positif du terme. Pour ceux qui osaient l’accueillir, elle apportait l’inspiration créatrice. Elle est Hécate Antea, la messagère de la vision nocturne et Hécate Trivia, la Déesse de la croisée des chemins.

    Un de ses symboles est la torche car la Mère Sombre possède la lumière qui illumine l’inconscient pour y révéler ses secrets. De ses torches, elle guide ceux et celles qui vivent la quête des mystères. C’est cette lumière qui les aide à comprendre les mystères.

    Dans le Tarot, elle est le Trois et la Grande Prêtresse. Ses pierres sont le saphir, la perle, la pierre de lune et le cristal. Ses plantes sont le cyprès, l’opium, le pavot, l’amande, la noisette, le camphre, l’ail et l’aloès. Ses outils sont le chaudron, le besom (balais), l’athamé et la dague et la clé. Ses animaux sont les chiens, les chevaux et les chats noirs. La chouette est son messager. Son chariot est tiré par des dragons et ses couleurs sont le noir et l’argent.

    Grâce au chaudron d’Hécate, nous devons regarder notre vraie personne, la nature de nos motivations et les résultats de nos actions car c’est grâce à celui-ci que nous pouvons renaître et évoluer. C’est seulement lorsque nous regardons dans le fond noir de son chaudron que nous pouvons y voir la lumière.

    Hécate, et personne d’autre, est la reine de toutes créatures vivantes. C’est grâce à elle que tout vit et meurt. Elle est la Vierge souriante, la Mère vivante et la Vieille sombre de la mort. Elle est l’anticipation, l’accomplissement et la mort. Entendez ses paroles, adorez-la et soyez heureux car si vous la cherchez, elle sera à jamais à vos côtés. Elle était là au départ et le sera jusqu’à la fin.

    Une des journées d’Hécate est le 13 août, moment où on la priait pour empêcher les tempêtes de ruiner les récoltes. Le 16 novembre est aussi la nuit d’Hécate qui début au crépuscule. Le 30 novembre est la journée d’Hécate-Trivia, la journée de la croisée des chemins.

    Vanth, Dame Noire Étrusque

    Posted By Isis Tyära on January 17, 2010

    VANTH, DAME NOIRE ÉTRUSQUE
    Traduit et adapté par Isis Tyära
    Source : The osbcure Goddess online directory

    Vanth est la déesse étrusque des Souterrains, peut-être une psychopompe, dont la présence représente une morte récente ou imminente. Son caractère est un peu ambigu : même si elle est présente lors de la mort elle n’a pas de rôles ou fonctions précises, et certains l’appellent « ange » et d’autres « démons ». Mis-à-part certaines représentations occasionnelles, Vanth est presque toujours représentées dans des scènes en lien avec la mort ou les Souterrains et joue le rôle de l’observatrice. On retrouve ces représentations habituellement près des monuments funéraires.

    Beaucoup de déesses étrusques sont représentées avec des ailes mais dans le cas de Vanth, les ailes sont un élément important : elle est souvent représentée avec de grandes ailes qui s’ouvrent derrière elle, ce qui a sans doute contribué au fait que certains la nommaient « ange ». Parfois ses ailes sont peintes avec des yeux, probablement pour repousser le mauvais oeil ou encore pour représenter l’oeil qui voit tout, même la mort inévitable. Pour les autres déesses étrusques, les ailes seraient plutôt une simple référence au divin et celles-ci ne sont pas toujours présentes. Pour Vanth, le fait qu’elle soit toujours représentée avec des ailes indiquent qu’elle est très importante dans le panthéon ou encore qu’elle est une déité purement étrusque, contrairement aux autres déesses du panthéon qui ont une forte influence du panthéon grec (on ne retrouve pas l’équivalent de la déesse Vanth dans le panthéon grec, tout comme Lasa, déesse du destin, qui est aussi représentée avec des ailes).

    L’habillement de Vanth est aussi particulier : elle porte une jupe avec une double ceinture, des bottes pour la chasse et rien sur le haut du corps sauf une bandelette qui croise sa poitrine. Cet accoutrement donne un aspect distinct à Vanth, un peu comme Artémis qui est habillée de manière à pouvoir courir. Vanth a parfois une épée mais elle ne l’utilise pas; elle porte sinon une torche qui lui permet d’illuminer les Souterrains et parfois, elle possède une clé pour ouvrir le portail qui garde les Souterrains (la torche et la clé sont des symboles associés à Hékate, déesse grecque). Aussi, Vanth est représentée parfois avec des serpents enroulés sur ses avant-bras, tenant la tête des serpents dans sa main.

    Vanth est souvent accompagnée de son partenaire Kharun, la version étrusque de Charon, le gardien des Souterrains grec dont la mission est de transporter les âmes sur la rivière Styx. Ils étaient représentés de chaque côté de la porte d’un tombeau pour garder l’entrée. Elle a été nommée « servante de Kharun »; toutefois, de toutes les déités de la mort ou des Souterrains du panthéon étrusque (incluant Kharun), Vanth est la plus souvent représentée dans l’art étrusque, signifiant sans doute que son rôle était aussi important que celui de Kharun, si ce n’est pas plus.

    Même si l’on retrouve Vanth dans des scènes plutôt morbides (batailles ou sacrifices), elle semble avoir un rôle distant et même bienveillant : même si elle est un présage de la mort, elle ne la cause pas. Le symbole des torches annoncent la possibilité qu’elle soit une psychopompe, une entité qui guide ou escorte une âme récemment morte vers les Souterrains; peut-être qu’elle attend calmement près des combats ou autre scènes de mort pour accomplir cette fonction. Dans le Temple de Tlamu (aujourd’hui Talamone), elle apparaît conduisant un chariot avec Adrastus, un des Héros des Sept contre Thèbes, le seul à avoir survécu. Vanth l’entoure de ses bras pour le protéger pendant qu’il s’échappe, confirmant qu’elle a un rôle bienveillant.

    Vanth est apparue dans le panthéon étrusque autour du 4e siècle notre ère, car c’est autour de cette période que nous avons retrouvé des représentations d’elle. Les historiens ne croient pas qu’elle ait été importée par les Grecs même si elle semble très proche des Érynies (nommées Furies chez les Romains), déesses ailées. Elle a été pourtant très populaire et son culte s’est propagé jusqu’en Campanie, où l’on a retrouvé une statuette d’elle datant de 425-400 avant notre ère près du Mont Vésuve. Vanth a probablement persisté pendant l’époque romaine : dans la Villa des Mystères à Pompeii, il existe une énorme fresque datant du 1er siècle de cette ère représentant un rituel initiatique des Mystères Dyonisiaques. Un des participants est une femme ailée avec des bottes et une jupe courte, identifiée en tant que Vanth. Même si la signification exacte de cette initiation est encore un sujet de débat, la présence de Vanth ou la figure ressemblant à Vanth pourrait faire référence à son rôle ancien de Déesse de la Mort ou de psychopompe (sachant qu’un rite initiatique symbolise la mort d’un soi pour renaître).

    Tout comme les Lasae, “les Vanths” sont souvent nommés au pluriel et referent à un groupe de Déesses des Souterrains ou Esprits.

    Vanth porte aussi le nom de Van.

    La Mère-mer, ou le monstre originel

    Posted By Isis Tyära on January 12, 2010

    La Mère-mer, ou le monstre originel
    transcrit par Isis Tyära
    Extrait du document: La Déesse sauvage de Joëlle de Gravelaine (Dangles)

    « La déesse est à la fois la tueuse et la tuée. La mère chthonienne elle-même connaît la fatalité de la mort et devient un cadavre et, dans ce sens, devient pourvoyeuse de fertilité.»

    La séparation des eaux

    Les premiers récits de création du monde font apparaître d’une façon presque universelle la présence, à l’origine, des « eaux d’en haut » et des « eaux d’en bas ». Les premières désignent les eaux douces de la pluie fécondante qui tombent du ciel, infiniment précieuses, et les secondes désignent la mer, l’océan que nul ne peut maîtriser et qui, le plus souvent, sera baptisé « Chaos ».

    Très vite, cet océan terrifiant, formidable, sera affronté, dans les mythes primordiaux, par un dieu ouranien, fils du Ciel, qui attaquera Chaos (nommé, selon les lieux, Tiamat, Léviathan, Tannin le Dragon, Rahab, Béhémot…), le vaincra, le dépècera et créera le monde avec les morceaux de ce corps gigantesque.


    Tiamat

    Fils du Ciel? Et pourtant Tammouz – ou Doumouzi, dont le culte fut très répandu dans tout le Moyen-Orient – sera appelé « Fils véritable de l’eau profonde », de ces eaux « substance cosmogonique par excellence » dura Mircea Eliade à propos des récits venus des Indes. Car toutes les créatures vivantes sont bel et bien nées de l’eau et dans l’eau. Vérité biologique autant que mythique. Et il est remarquable que les premiers récits, un peu partout dans le monde, tiennent compte de cette réalité liée aux lois mêmes de l’évolution. Ainsi, la première déesse de vie est-elle la Mer. Une mère encore indifférenciée et qui ne deviendra utilisable qu’à partir du moment où elle sera vaincue et morcelée.

    Mais, de fait, la mer/mère originelle engendre par parthénogenèse (1) le Ciel et la Terre, An et Ki. À partir de Sumer, nous trouvons des textes cosmogoniques ou, comme le dit encore Mircea Eliada (2), des allusions à Namu, la Mère Primordiale, « l’aïeule qui enfanta tous les dieux». Elle donne donc naissance à Enlil, le dieu de l’atmosphère. C’est lui qui procédera à la séparation de ses parents, tirant avec lui la Terre tandis que An poussera le Ciel vers le haut. Et ce geste, on le verra, sera lourd de conséquences pour l’avenir des rapports hommes/femmes.

    Les mythes de séparation des eaux, avant même la séparation du Ciel et de la Terre, sont nombreux. On se souvient des premiers mots de la Genèse: « Au commencement, Elohim créa le ciel et la terre. Or la terre était vague et vide, les ténèbres couvraient l’Abîme, l’esprit de Dieu planait sur les eaux. » Le chaos est ici appelé Téhom, proche de Tiamat, et le Créateur organise le chaos, mais dans la Genèse, il n’y a pas de combat contre un monstre marin aquatique.

    En Égypte, il existe évidemment plusieurs récits d’origine, un tertre surgit, les Eaux primordiales sont là et un oeuf se tient dessus. Cet oeuf cassé en deux formera les deux hémisphères. Selon la théologie d’Héliopolis, Shou et Tenout (le premier couple divin) ont enfanté Nout et Geb, Ciel et Terre. Le créateur crache – ou se masturbe – et ainsi surgit le monde. « Tout comme dans la tradition sumérienne, le ciel et la terre étaient unis en un hieros gamos (union) ininterrompu, jusqu’au moment où ils furent séparés par Shou, le dieu de l’atmosphère (3). » De leur union naquirent les dieux qui nous sont plus familiers: Osiris et Isis, Seth et Nephtys.


    La déesse égyptienne Nout.

    Le geste de création est, avant tout, séparateur. On retrouvera ce même nom donné à l’un des démiurges, et Allah sera aussi appelé « Seigneur de la Séparation » On ne peut évidemment entendre ce mot sans songer, en termes psychanalytiques, à la vision paternelle de cette séparation d’avec la mère qui, elle, symbolise la fusion, la symbiose, la coïncidence. Le démiurge père introduit, dans l’acte même de création, l’indispensable distance. Mais ne peut-on s’interroger sur les effets d’une séparation et d’une distanciation qui conduit tout droit à l’abstraction, à la castration irréparable coupant l’être de l’univers sensible, de ce lieu où il sent au lieu de penser, où il « sait» à partir de son expérience vitale et non à partir d’un savoir perverti, où il accède à la vie par voie de poésie et non par voie de science? Cette question, par la force de la Déesse Mère, nous ne pourrons que nous la poser, encore et encore, car la leçon donnée par la Magna Mater (Magma Mater?) Est avant tout une leçon de vie, même si – et heureusement – elle est indissociable des lois de la mort.

    Dans l’une des cosmogonies égyptiennes, le Soleil est nommé « fils de l’oeuf », cet oeuf retrouvé également dans diverses autres cosmogonies et qui doit être, là encore, séparé en deux: « La masse des eaux primordiales s’appelait Noun et contenait les germes mâles et femelles de tous les mondes futurs. Au commencement, l’esprit originel demeurait dans ces eaux et les pénétraient sans cesse; il ne pouvait en être séparé car il était Un avec elles. » Cet esprit originel éprouve toutefois le désir de créer (et on rencontrera aussi ce thème du désir comme entraînant la création) et, sous le nom de Thoth (qu’on appellera plus tard Hermès) il appelle à la vie quatre couple de dieux: He et Hebet, Tek et Teket, Nenou et Nenouet, Noun et Nounet. L’oeuf surgira et sera confié à He et Hebet, éternité du temps.

    Aristophane, dans les oiseaux, décrit certaines traditions orphiques dans des termes qui nous sont maintenant familiers: « Au commencement était le chaos et la nuit, le sombre abîme et le second Tartare, mais la terre, l’air et le ciel n’existaient pas encore. » La nuit enfante un oeuf d’où naît à sont tour Eros, qui s’unit au Tartare et au Chaos pour produire une génération de dieux fort longue. Avec cette union, « apparaissaient le ciel, l’océan, la terre et les générations immortelles des dieux saints ».

    Une autre tradition orphique précise que Chaos fut le premier dieu qui engendra le Temps (chez les Aztèques, la création du temps s’opère en jetant à l’eau un crocodile né, lui aussi, d’un oeuf!). Il produit un oeuf d’où sort un dieu hermaphrodite avec une tête de taurau sur ses flancs et un serpent aux formes multiples sur sa tête. On en fit Pan, Phanès ou Zeus lui-même… qui n’a pas toujours été le dieu spécifiquement mâle que l’on croit.

    Post Wheeler (4) raconte un mythe japonais étrangement proche de ceux que nous avons déjà cités. Il est fascinant de voir à quel point, aux divers coins de la terre, la « mémoire des origines » est demeurées inchangée… « Jadis le ciel et la terre n’étaient pas encore distincts et les principes mâles et femelles n’étaient pas séparés non plus. Tout n’était qu’une seule masse informe, semblable à un oeuf, dont l’étendue est inconnue et qui contenait le principe de vie. Puis l’essence la plus ténue, la plus pure, s’élevant peu à peu, forma le ciel; la partie la plus lourde s’abaissa et devint la terre. L’élément le plus léger s’unifia promptement, mais le plus lourd ne s’assembla qu’avec difficulté. C’est pourquoi le ciel fut formé le premier, la terre en second et plus tard les Kami (divinités) furent engendrés dans l’espace qui les séparait. » Ici, la divinité ne peut apparaître qu’à l’intérieur de cet espace qui tient à distance le ciel – pur, évidemment – et la terre – forcément lourde…

    La Grande Héra elle-même serait née d’un oeuf trouvé dans l’Euphrate, apporté par des poissons et couvé par des colombes. Était-il là avant ou après la poule, oeuf d’oiseau ou de saurien? La présence un peu partout de cet oeuf, assurément principe de vie, nous permet de comprendre, source constante d’interrogations métaphysiques, par où sont passés nos chers oeufs de Pâques, comme « par hasard » associés à la renaissance et à la résurrection… de quel fond des âges ils sont venus, et combien le mythe devait être enraciné dans l’inconscient collectif pour s’y maintenir encore…

    Mais de tous nos mythes cosmogoniques – sans oeuf – le mieux conservés est sans conteste celui qui nous vient de la Mésopotamie. « Lorsque là-haut le ciel n’était pas encore nommé, et qu’ici-bas la terre ferme n’était pas appelée d’un nom, seuls Apsu le premier, leur progéniteur, et mère Tiamat, leur génitrice à tous, mélangeaient ensemble leurs eaux (5)…» Mais avant même que le monde soit créé par ces forces complémentaires du masculin et du féminin, du ciel et de la terre (on n’oubliera pas, cependant, que chez les égyptiens Nout est la déesse féminine du Ciel et Geb le dieu mâle de la Terre, et que cet « échange » des genres se retrouvera parfois dans les mythes d’androgynat sur lesquels nous reviendrons d’abondance, ou à travers la présence constante du serpent, lui aussi androgyne, ou des jumeaux célestes qui sont un autre aspect de l’androgyne), existe cette indifférenciation primordiale qui contraint, là encore, un dieu à séparer, à morceler, sans doute parce que à l’origine il n’y a ni espace ni temps, et que le monde ne peut se construire que sur cette dichotomie.

    Mircea Eliade (6) parle du « geste primordial » de Soma ou d’Indra, lorsque ce dernier « a frappé le Serpent dans son repaire »: « Le serpent symbolise le chaos, l’amorphe, l’indifférencié. Indra rencontre Vrta, le Serpent, non divisé, non éveillé. » Nous retrouvons ici, dans ce mythe indien du Serpent, les cosmogonies sumériennes et Akkadiennes, entre autres.

    Notes :

    1. Parthénogenèse: reproduction sans fécondation (sans mâle) dans une espèce sexuée (Petit Robert)

    2. Mircea Eliade : Histoires des religions

    3. Naissance du monde (ouvrage collectif ; Le Seuil).

    4. Post Wheeler: The Sacred Scriptures of the Japanese (Schuman, New York, 1952), cité dans M.L. von Franz in Les Mythes de Création du Monde (La Fontaine de Pierre).

    5. Bottero et Kramer: Quand les dieux faisaient l’homme (N.R.F.)

    6. Mircea Eliade, dans le Mythe de l’Éternel retour, à propos du Rig-Véda (II, 12, 1)

    La déesse Pax

    Posted By Flidais_Airmeith on January 9, 2010

    Personnification de la Paix

    Pax est une déesse romaine, pendant sororal de la déesse grecque Eireen (Irène), dont elle est l’équivalent latin. Elle est, comme beaucoup de déesse, passé au second plan, voir, à l’oubli. En effet, si nous recherchons la sérénité, nous nous tournerons beaucoup vers des déesses aux visages connus. Parmi les plus populaires; Tara Blanche, Kwan Yin, Vesta (déesse romaine; sérénité religieuse), Marie (mère de Jésus; catholicisme), Bona Dea, Adsullata (déesse celte; apaisante déesse élémentaire et esprit divin de rivière), Arianrhod (déesse celte majeure; son chemin de vie mène à la paix en soi). Pour ne nommer que celles-là!

    Pax n’est pas une déesse très connue et son culte n’est plus très vivant, ni répandu. Pourtant, elle vaut un coup d’oeil, elle vaut qu’on s’attarde. Elle personnifie la paix pour les romains. Elle fut leur « Dame de la Paix ». Augustus (né Octave et premier empereur romain) avait une affection particulière pour cette déesse, dont il prisait particulièrement les faveurs et dont il prêchait les valeurs. Un autre empereur Romain, Vespasien, lui dédia le fameux Temple de la Paix.

    Plusieurs choses intéressantes ressortent de tout ce qui entoure cette déesse. Ne serait-ce que dans sa présence dans la culture romaine, une culture si guerrière, soldatesque et conquérante. Il est dit, qu’à l’origine, Pax faisait partie des « di indigetes ». Il s’agit des « premières déités » ou des esprits des dieux. Alors que les romaines avaient des pratiques religieuses plutôt basés sur des croyances et pratiques animistes et que ces divinités étaient surtout des concepts et des esprits divins. Une pratique mettant l’accent sur une dévotion spirituelle intérieure (personnelle à soi, mais aussi dans le sens intérieur des foyers) alors qu’il n’y avait aucun clergé organisé. Alors que la foi était affaire intime et que les prières et les offrandes étaient scrupuleusement respectées. Peu des divinités de cette époque furent élues au rang des divinités majeures que nous connaissons aujourd’hui. Pax fut élevée parmi les « grands », mais elle demeure à l’écart et discrète malgré tout. Il y a plusieurs raisons à cela. La plus évidente, est qu’elle fut surtout utilisée et non pas tant priée et aimée. Elle était un idéal, reflétait un message, parfois un espoir, parfois revêtait les habits d’excuses et d’aspirations au pardon, à la paix et à la rédemption du peuple romain. Certains empereurs romains, pour se faire pardonner leurs coups d’éclats sanglants, pour faire oublier la férocité de leurs actes et de leur conquête, l’érigeait en exemple, la priait, la louangeait et la prisait.

    Pour cela, Pax ne passa pas à l’histoire comme une déesse majeure mais comme un symbole. Comment la fille de Jupiter, roi des dieux et des cieux, dieu de la justice, et déesse d’un peuple ambitieux et guerrier, pouvait-elle faire autrement? Que de glisser derrière tous les dieux guerriers, et les déesses chaleureuses et fertiles des foyers? Le peuple qui la portait aux nues, étaient un peuple guerrier et comme tel, aspirait à la paix, mais n’en était pas véritablement porteur. Elle était en somme, si on veut, leur bonne conscience, celle qui leur permettait de mieux dormir malgré tout les assauts et les drames perpétrés. À ce peuple aussi brillant que sanglant, elle était celle qui apportait la rédemption psychique et symbolique, elle était la rédemptrice invisible qui absout les fautes de sangs, et l’ambition aux mains maculées de sang. Dans une culture ou la gouvernance masculine était aussi loi, elle se faisait petite, passant derrière beaucoup de dieux viriles représentant les valeurs et les attributs loués par les romains.

    Sa présence est donc discrète, et son rôle, invisible à l’œil nu. Comme toujours, pour les visages de la déesse, il faut creuse, persister et chercher, afin de trouver et de rencontrer.

    On lui a fait honneur d’un temple, on lui a fait honneur de son profile sur des pièces de monnaie. Auguste notamment, la fit représenter sur des pièces de monnaie, pour symboliser une renouvellement et un retour à la paix et à l’abondance. Ambassadrice de la paix, elle la personnifiait, mais de manière à être assimilée à la paix elle-même, ses espoirs, son salut, ses vertus. Auguste en faisait une dame qui effacerait toutes les guerres et manigances sanglantes, la cristallisant comme un visage de la paix désirée, que les romains étaient désireux d’atteindre. Elle était emblème donc de leurs aspirations, de leurs consciences souillées de beaucoup de sang. Par elle, ils acquéraient paix d’esprit et accédaient à une image et des idéaux auxquels ils aspiraient tout en ayant du mal à les rencontrer. Un peuple fort et brillant, se réfugiant derrière la superbe et l’aura d’une déesse de paix. Derrière la déesse qui incarnait LA paix.

    Le nom même de la déesse était répandu, confondu et utilisé à outrance. Il devient fin de faire la différence et de retracer l’association à la Paix, ou à la Déesse Pax. La référence est souvent à la déesse, ou aux deux à la fois; Paix et Déesse Pax. Plusieurs empereurs romains se sont emparés de son nom, l’associant à leur devise. Comme si cela allait les protéger et les absoudre, qui sait? Peuple fier et conquérant, il croyait sans doute vraiment répandre la paix, en ayant conquis le monde et à le plier à son joug et ses mœurs! Pax était la déesse de ce peuple là, et le symbole de leurs aspirations, peu importe les moyens qu’ils empruntaient. Ainsi que la déesse qui les lavait de leurs mauvaises consciences et qui jouait le rôle de leur bonne conscience.

    Sans doute certains l’aimèrent-ils vraiment, mais beaucoup firent usage de son image, sans plus. Ce qui explique qu’elle soit répandue, mais peu connue, déesse de second ordre ayant son nom répandu cependant comme pas un. Emblème, image, symbole, visage des aspirations; elle fut utilisée, mais rarement reconnue et aimée. Son aura était plus prisée, que sa présence elle-même. Pourrait-on résumer cela par « soit belle et tais-toi? » À un certain point, oui, sans doute, mais je laisse cela à chacun et chacune, sachant très bien que tout n’est pas si simple. Que chaque médaille à deux faces, deux revers.

    En résumé, elle est une déesse discrète à la présence effacée mais incontournable, ne serait-ce qu’à cause de son nom fort prisé et répandu dans la culture romaine. Pour les romains, elle personnifiait la paix, comme un flambeau de paix. Au fond, elle l’incarne; la paix, c’est Elle. Celle dont on usait du nom pour couvrir la fameuse « paix imposée par l’Empereur de Rome » ne se limitait pas à l’usage qu’en faisaient les hommes; que ce soit usage noble ou non.

    Aspect physique et matériel
    Il est toujours très drôle de parler d’aspect physique quand on évoque les déités, si immatérielles. Invisibles même si présentes. Pax elle, était décrite par ses adeptes et partisans romains, comme une jeune femme tenant une corne d’abondance dans une main et une branche d’olivier dans l’autre. On lui associait aussi le port d’un sceptre. La fille de Jupiter et Iustitia (Justitia) dit-on, portait la corne d’abondance dans sa main gauche et la branche d’olivier (ou le bâton/sceptre du dieu Hermès, selon certaines versions et représentations d’elle) dans sa main droite. Elle était aussi représentée parfois, brûlant des piles de bras (symbolisant qu’elle s’imposait face à la guerre, qu’elle annihilait et stoppait) ou on la représentait aussi tenant un épis de maïs ou le brandissant au-dessus de sa tête (symbolisant son rôle/sa face de rédemptrice et sauveuse/salvatrice, qui protège, régénère, apaise, nourrie et offre rédemption salvatrice mettant fin aux guerres et famines). Les symboles qui lui sont rattachés et connus, témoignent de son importance en dépit de la petitesse de sa place parmi les déités romaines connues. Elle fut aussi représentée un épis de maïs dans la main gauche et un sceptre dans la main droite.

    Culte et temple

    Déesse de la Paix, qu’elle offrait aux hommes, elle était aussi associée à la saison du printemps et un festival lui était dédié en date du trois janvier, en son honneur.

    On la célèbre aussi le 30 mars, jour de célébration de la bonne entente, de la santé et de la paix. Jour où on la célèbre conjointement avec d’autres dieux parfois.

    Son culte fut reconnu sous le règne d’Augustus, qui prisa beaucoup cette déesse et ses attributs. On peut ainsi dire qu’il la mit au goût du jour et qu’il lui offrit sa place parmi les dieux importants, la sortant du rang des « di indigetes ». Il la favorisait pour symboliser un changement de cap et faire oublier guerres et intrigues sanglantes et troubles. Lui vouant néanmoins un sincère attachement, selon certaines sources.

    Augustus lui fit érigé un sanctuaire mineur, Ara Pacis (Autel de la Paix ou Autel de la Paix d’Augustus). C’était en l’An 8 du calendrier julien, et l’Ara Pacis était érigé sur le Champ de Mars (Campus Martius).

    C’est en 75, que Vespasien, autre empereur romain, soucieux de faire oublier les guerres, voulant asseoir son pouvoir et affiché ses valeurs, lui fera construire un temple, ainsi qu’un forum qui porta son nom. Un temple construit sur le site du « Marché à la Viande ». C’est aussi lui qui fit construire le Forum Pacis (Forum de la Paix), troisième de forums impériaux. Concernant le Temple de la Paix, on dit qu’il avait des dimensions d’environ 34 X 22m et qu’il contenait les trésors récupérés lors de la prise du Temple de Salomon à Jérusalem. On y entreposait aussi des œuvres d’art. Dans le Temple de la Paix se trouvait aussi la Bibliothèque de la Paix, où se trouvaient entreposés les archives de la préfecture urbaine, les plans cadastraux et les divers trésors littéraires rapportés par Vespasien de Jérusalem, ainsi qu’une série de documents concernant les travaux édilitaires réalisés notamment sous Vespasien et Septime Sévère. On y trouvait aussi des travaux célèbres d’artistes grecs (peintres et sculpteurs). On en dit qu’il était aussi riche qu’un musée.

    Ce magnifique temple fut détruit par un incendit sous le règne de l’Empereur Commode. Comme le relate Hérodien dans Histoire romaine, livre I : « Le feu prit au temple de la Paix … C’était un des plus beaux et des plus somptueux édifices de Rome ; il était orné et enrichi d’offrandes d’or et d’argent que la piété de nos ancêtres y avait consacrées. Comme ce lieu était fort sûr, chacun y mettait en dépôt tout ce qu’il avait de plus précieux ; ainsi en une seule nuit le feu ruina un grand nombre de familles, et presque tout le monde, avec le malheur public, eut à pleurer ses pertes particulières. La flamme, après avoir réduit en cendres ce superbe bâtiment, gagna plus loin et brûla plusieurs autres temples. (…) Ainsi l’on crut qu’il n’y avait rien de naturel dans cet accident ; tout le monde disait que les dieux qui avaient fait commencer l’incendie avaient pu seuls en arrêter le cours ; d’autres ajoutaient que la ruine du temple de la Paix était un présage infaillible de quelque guerre dont l’empire était menacé : ce pronostic ne se trouva que trop vrai, comme on le verra dans la suite de cette histoire. »

    Les outils de Pax

    Il s’agit des outils que cette belle déesse offre aux prêtresses et femmes contemporaines. Pax a deux aspects intéressants avec lesquels travailler ou desquels s’inspirer. Pax est une déesse de la paix issue d’un peuple fort. Comme telle, elle prend en charge et elle est solide. On peut très bien se tourner vers elle, faire appel à elle quand, ne sachant plus « à quel saint de vouer » on est à bout de nerfs, de souffle et de ressource. Quand il est temps, sans renoncer ou baisser les bras, de lâcher-prise. Quand il est temps de laisser agir et de laisser venir les réponses et la paix. C’est pax qui est tout indiquée dans des cas comme ceux-là. Matrone de la Paix, elle se chargera d’accompagner, soutenir et guider, de manière incroyable.

    L’autre aspect très fort et intéressant de Pax, est sa force face à la guerre ou à la guerre. Elle brûle littéralement les guerres ou la guerre, pour l’éradiquer et semer la paix fertile ensuite. Elle rase la guerre, la repousse. Elle l’englobe, l’avale, l’assimile et en alchimiste, par le feu sacré, transmute le tout en paix. Elle nous enseigne là quelque chose d’important et peu inspirer plusieurs belles démarches fertiles, positives et constructives. Par le feu, tout est purifié. La colère est un feu, dont on peu sortir plus pure et vraie. Il suffit de ne pas la laisser nous consumer, et d’en garder le contrôle pour qu’elle soit fertile et libératrice. Il faut laisser libre cours à la colère et sans la museler, la contrôler et « guider sa sortie ». C’est un art, et par cet art, on apprend à voir plus clair en soi et en nos colères. Et la maîtresse de cet art menant à la paix intérieure et nulle autre que Pax.

    Dans le même esprit, elle est celle qui nous enseigne à se pardonner et à brûler nos culpabilités pour les transformer et atteindre la paix.

    Elle est aussi celle qui aide dans une démarche où il faut cesser les conflits qui gonflent et trancher net les sources de conflits et autres guéguerres. Elle est forte, efficace et guide avec patience et précision. Elle ne tergiverse pas, elle est action, tout en visant toujours la paix. La paix en soi, autour de soi et quand on veut la paix. Quand l’on désire la tranquillité d’esprit et que l’on souhaite éloigner les esprits négatifs et les personnalités parasites, elle agit aussi très bien et pour l’intérêt de chacun, mais de manière nette et franche. La coupure est nette et la paix est issue de terre fertile bien nettoyée (feu) des impuretés nécrosantes qui pourrait miner. Miner le moral, miner les rapports.

    Elle est très enveloppante, rassurante, rassérénante, que solide, intègre, forte et franche. Elle est paix sereine, sans arrière-pensée, sans négativité. Elle est paix, tout simplement. Elle repousse la guerre et les conflits de soi et les englobe, les brûle, le transforme, nous enseignant sa méthode et sa « médecine » au passage. Elle prend en charge mais donne un exemple puissant dont on peut s’inspirer pour les « prochaines fois ». Elle berce de sérénité, et enseigne le moyen d’y parvenir.

    Sa devise et son mantra :

    « Dona nobis pacem. »

    « Gratifie-nous de la paix. »

    Formule ô combien simple, mais efficace. Qui combine la prière, la demande et la révérence.

    En conclusion, Pax est une déesse qui mérite d’être connue, et reconnue.

    Mielikki

    Posted By Freya Ixchel on January 3, 2010

    Autres noms : Mimerkki, Mère-Riche-de-Miel, Mère de la forêt
    Attributs : protectrice des animaux

    Elle est la déesse sauvage, déesse des forêts, de la chasse, des animaux. Dans la campagne, Mielikki était priée et adorée, invoquée pour sa protection. Lorsque la chasse connaissait un grand succès, elle se présentait aux hommes merveilleusement belle, portant une multitude de bijoux dorés et argentés. Lorsque la chasse s’avérait infructueuse, elle entrait dans une colère noire et se présentait affreusement laide et vêtue de haillons crasseux et des souliers faits de paille.

    Elle possède un coffre remplit de miel qu’elle offre aux esprits qui résident dans la forêt. Tous les chasseurs de Finlande cherchent à mettre la main sur ce coffre qui leur assurerait les bonnes grâces lors de leurs parties de chasse.

    Connue pour être d’une grande beauté, on la représente comme une femme aux yeux bleus et aux cheveux roux ou blonds et il est facile de comprendre pourquoi elle est associée à l’amour libre et aux plaisirs de la chair. Contrairement à Frigg, avec qui elle est souvent mélangée, Freyja représente la liberté, la sexualité sans gêne, le plaisir de l’amour sans engagement. Plusieurs légendes rapportent qu’elle aurait offert ses faveurs non seulement à plusieurs dieux mais aussi à plusieurs rois et héros. À ces rois et héros, elle leur promettait de veiller sur eux, aussi bien durant leur vie qu’après leur mort.

    Son nom se traduit ainsi : mieli (âme, coeur, humeur, plaisir, sens, sentiment, désir) et -kki (marque d’affection). On traduit donc son nom par « chérie ». D’ailleurs, son époux, le dieu arbre Tapio, la surnomme « la femme qui sait tout satisfaire ». Avec lui, elle a un fils, Nyyrikki et deux filles, Tuulikki (vent-chérie) et Tellervo. Dans certains mythes, Mielikki est la belle-fille de Tapio. C’est elle qui détient les clés de Metsola, la demeure de son époux.

    On l’associe grandement aux animaux : elle participa à la création de l’ours; le héros Lemminkäinen lui offre prières et bijoux en échange du Hiisi (esprit malicieux) en chef, un élan; les femmes la prient et demande d’accorder sa protection aux troupeaux de vaches qui se rendent brouter en forêt. Certains lui associent également la licorne.

    Déméter – Les noms de la Grande Mère

    Posted By Isis Tyära on December 26, 2009

    DÉMÉTER – LES NOMS SACRÉS DE LA GRANDE MÈRE
    traduction et adaptation par Isis Tyära du chapitre 5 du livre “Mysteries of Demeter” de Jennifer Reif

    Elle possède plusieurs noms; faites appel à Elle. Faites lever la fumée odorante de l’encensoir, tout en illuminant le corridor sacré des prières grâce à la lumière des chandelles.

    Le nom Déméter signifie « Terre Mère » ou « Mère du Grain ». L’appellation latine Dia Mater (Déesse Mère) était utilisée à Rome pour désigner la déesse Déméter, ainsi que l’appellation Megali Mater (Grande Mère). Déméter était aussi bien sûr nommée Cérès par les Romains, un nom dérivant du mot « céréale ». Pour les Grecs, Déméter était la Mère de toutes les créatures vivantes de la Terre. Comme la Terre était signe d’abondance, Déméter était aussi la déesse de la prospérité.

    Dans l’Hymne à Déméter d’Homère, la Déesse annonce son retour de la Crète aux filles de la famille qui gouvernait la ville d’Eleusis. D’ailleurs, ce passage énonce l’idée que le mythe de Déméter et de Perséphone a ses racines dans la mythologie minoenne de la Crète. Les Crétois voyaient leur Déesse Mère comme la source de toute vie et de la fertilité. Ses prêtresses étaient souvent représentées portant des serpents, symbole sacré de Déméter. Des serpents accompagnaient souvent Déméter, couchés sur le cista mystica (panier des mystères), qui lui était placé sur les genoux de la déesse. Le serpent, étant l’enfant de la Terre Mère, était considéré comme la progéniture de la Déesse des Souterrains. Dans ce cas-ci, l’enfant est celle qui naît de la Terre, qui descend dans les Souterrains pour se transformer et qui renaît éternellement, tel le serpent qui mue.

    Dans l’art crétois, les fleurs comme le lys, le crocus et le pavot étaient vus comme des aspects du mythe Déméter/Perséphone et de la roue des saisons. Les fleurs du printemps étaient aussi un des symboles de la fille de Déméter. Le pavot était lié fortement à Éleusis et était représenté à l’extérieur du temple de Déméter et à l’extérieur du cista mystica. Dans la société matriarcale méditerranéenne, on vénérait les femmes et les considérait comme la source de la vie et de l’amour. D’Hésiode, nous lisons qu’Iasos et Déméter firent l’amour sur l’île de Crète, sur une jachère trois fois labourée. De cette union avec consentement de Déméter, elle mit au monde Ploutos.

    Il existe une version patriarcale du mythe de Déméter provenant de l’Arcadie, une région située dans le Péloponèse, une péninsule montagneuse du sud de la Grèce. Dans ce mythe, Déméter est violée par Poséidon (les deux sous la forme de chevaux). Elle devient les Érynies (les furies) et donne naissance, non seulement à Despoina (la Maîtresse), mais aussi à Areion (Orion), le cheval ailé.

    Déméter Sombre, Déméter Melaina, étaient honorées avec Despoina à Philagie. Dans une grotte philagienne sur le Mont Olive, une représentation de la Déméter Sombre a existé, représentée avec une tête de jument, ses boucles de cheveux étant des serpents et tenant un dauphin ainsi qu’une colombe. Déméter et Despoina ont été intronisées ensemble dans leur temple à Lykosoura. Despoina tenait le cista mystica et était drapée d’un tissu couvert de créatures terrestres et maritimes. Aux côtés de Déméter et Despoina se tenait une statue d’Artémis tenant deux serpents dans une main et une torche dans l’autre main.

    Bien avant la période gréco-romaine, la capacité des femmes de donner la vie étaient identifiée avec la terre et le cycle agricultural. L’agriculture apporta une sécurité nouvelle et l’entreposage des grains était équivalent à déposer de l’argent à la banque. La Mère de l’abondance était fertile et généreuse. La Déesse et la femme étaient vus comme des êtres sacrés, ayant la capacité de donner la vie et d’apporter l’abondance. Ceci apportait donc une conscience sociale que la femme était liée à la Déesse. Aujourd’hui, la conscience sociale cherche à retrouver ce lien, poussant les femmes à retrouver cette connexion avec la Déesse Mère.

    Pour Éleusis, Déméter était la Terre Mère qui donnait à l’humanité. En plus de son temple à Éleusis, il existait des sanctuaires Démétriens à Locri (région Calabrèse, une colonie grecque en Italie), à Corinthe (Grèce), à Mytilène (sur l’île de Lesbos) et à Cyrène (aujourd’hui en Lybie). Les prêtresses d’Éleusis étaient très en demande à travers la Grèce. Lors des festivals d’automne, elles étaient envoyées hors du temple d’Éleusis pour aller dans plusieurs villes pour officier les rites sacrés de Déméter.

    Plusieurs éléments étaient considérés comme les cadeaux de Déméter mais deux sont les plus reconnus : le grain cultivé par la population et les Mystères, apportant la compréhension du divin. La mère de la vie et de la mort fait tourner les saisons nous offre la nourriture. Elle a eu plusieurs noms.

    Déméter Pagania (Pan-ah-gee-ah)
    Déméter Pagania signifie Grande Sainte Déméter. Panagia est aussi un titre utilisé pour désigner Marie dans l’église Orthodoxe.

    Déméter Chloaia (Chlo-ah-ee-ah)
    Déméter Chloaia décrit l’aspect « vert » de la déesse. Ce nom fut utilisé particulièrement au Festival de Chloaia ayant lieu au début du printemps. Elle représentait la nature sauvage et les champs cultivés et verts.

    Déméter Antaia (An-ta-ee-ah)
    Déméter Antaia signifie Déméter Recherchée par les Prières. Elle est nommée « Mère Antaia » dans les Hymnes Orphiques. Grâce à ce nom, une personne peut l’appeler à elle pour assistance et trouvera en Déméter une Mère au coeur tendre.

    Déméter Melaina (Meh-lay-na)
    Déméter Melaina représente l’aspect sombre de la Mère en peine. Voici la noirceur de son chagrin et de sa perte. En tant que Melaina, elle est la Vielle Dame, apportant l’aspect déserté du cycle annuel des saisons. Dans son chagrin sombre, elle est aussi les Érinyes, les furies. Plus tard dans le cycle, lors des Grands Mystères, elle se transforme. De cet aspect sombre, renaît la compassion et la compréhension.

    Déméter Thesmophoros (Thez-mo-phor-ose)
    Déméter Thesmophoros est Déméter des Lois Sacrées (Thesmoi). Ce titre fut utilisé pour Déméter lors des festivals Thesmophoria incluant des rites de fertilité, une célébration des lois sacrées et le retour de la fille, Koré.

    Déméter Chthonia (C-tho-nee-ah)
    Déméter Chthonia est la Déméter du bas, des profondeurs de la terre et des Souterrains. Dans son voyage en bas, elle est se réconcilie avec les amants sacrés, Perséphone et Dis (Hadès/Pluton). Elle apporte aussi ses cadeaux dans le monde des morts.

    Déméter Evalosia (Ev-ah-lo-see-ah)
    Déméter Evalosia est Déméter de la Bonne Moisson. En tant que Mère de la moisson, elle est célébrée lors des récoltes et festivals de Thargelia et Kalamaia.

    Dea Mystica (De’ah My-sti-ca)
    Dea Mystica est la Déesse des Mystères. C’est la forme de Déméter entant qu’aspect universel du divin et du monde subtil des esprits. Dea Mystica c’est la lumière suprême qui se situe au-delà de la lumière et c’est aussi les profondeurs de son amour qui a donné naissance à nos âmes et à notre monde.

    Bulletin no. 8 Yule 2009

    Posted By Isis Tyära on December 20, 2009

    Le Bulletin du Lotus de Yule a été publié!

    Pour le télécharger :
    No. 8 Yule 2009

    Joyeuse célébration de Yule à tous !!!

    Une nouvelle Prêtresse du Lotus est née!

    Posted By Isis Tyära on December 13, 2009

    FÉLICITATIONS À FLIDAIS-AIRMEITH QUI A ÉTÉ INITIÉE PRÊTRESSE DU LOTUS, PRÊTRESSE D’AIRMEITH!!!

    Le rite a eu lieu ce dimanche le 13 décembre 2009 à 14h30 à Montréal et a été initiée en personne par Isis Tyära, accompagnée des deux prêtresses Freya Ixchel et Ishara Labyris. Flidais-Airmeith a complété le programme d’étude et de pratique de l’École de l’Ordre du Lotus.

    Elle est désormais membre officielle de l’Ordre du Lotus et après révision de sa demande, a aussi été acceptée au sein du Concile.

    Le rite fut intense, hautement sacré et unique.

    Soirée Dea Luna :: 4 janvier 2010

    Posted By Isis Tyära on December 8, 2009

    La boutique Charme et Sortilège de Montréal a annoncé la prochaine date de la Soirée Dea Luna.

    Depuis des millénaires, la lune fascine et captive les mystiques et les praticiens de toutes traditions. Elle est considérée comme un astre d’une puissance magique et sacrée incomparable. Lors des soirées de la pleine lune, nous vous invitons désormais à partager une célébration traditionnelle (esbat) et vivre avec nous un moment privilégié pour vous mettre en résonance avec son énergie et y puiser une source d’inspiration et de révélation dans vos travaux magiques.

    Les techniques et les arts suivants seront les outils privilégiés afin de vous accompagner et vous élever vers cet astre, associé à la déesse-triple qui illumine nos nuits : chant, offrande, invocation, méditation, etc.

    Les soirées DEA LUNA auront lieu au temple de la boutique de 20h à 21:30h au coût de 12$. (Matériel fourni)

    Prochaine Célébration, le lundi 4 janvier prochain.

    Pour réserver: 514.844.8139